Il faut mentionner l’existence et l’importance d’une Littérature
pseudo-clémentine. Elle comprend deux recueils apocryphes attribués à
Clément de Rome : d’une part, vingt Homélies, conservées en grec,
se présentant comme la prédication missionnaire de Pierre ; d’autre
part, les Reconnaissances qui, divisées en dix livres et conservées
dans une traduction latine de Rufin, forment un roman du type des romans
grecs de voyages et d’aventures (les membres de la famille de Clément
se perdent et se retrouvent grâce à Pierre).
L’origine de ce recueil est très obscure. On peut penser qu’il date
du IVe siècle, dans son état actuel. Il semble provenir du remaniement
et du développement d’un recueil plus ancien (Syrie, première moitié
du IIIe siècle) qui utiliserait lui-même des matériaux antérieurs
(Prédications de Pierre). Ces textes reflètent la théologie dualiste
du judéo-christianisme : Paul y est présenté comme « l’homme
ennemi » qui a falsifié la Loi ; mais Pierre (Clément ?) l’a rétablie
dans sa pureté.
La Lettre de Pierre à Jacques et L’Engagement solennel qui la suit
faisaient parti des Kérygmes de Pierre. Ce sont les plus anciens
documents que nous offre la Littérature pseudo-clémentine (fin 1er siècle)
(voir la Lettre de Pierre à Philippe dans la bibliothèque de Nag
Hammadi). La Lettre se présente comme lettre d’accompagnement des prédications
qu’elle recommande à Jacques de ne communiquer qu’à des « chrétiens
sûrs et circoncis » qui prendront « l’engagement solennel »
de les tenir secrètes.
L’Epître de Clément à Jacques a un triple objet : d’abord, Clément
apprend à Jacques la mort violente de Pierre ; puis, il lui notifie le
choix que Pierre a fait de lui-même, Clément, pour lui succéder comme
évêque de Rome ; enfin, il lui annonce l’envoi d’une nouvelle série
de prédications de Pierre.
Les deux Lettres aux vierges, conservées intégralement dans une
traduction syriaque, et en partie dans le grec original, combattent la
cohabitation suspecte des ascètes avec les vierges consacrées. Ces
Lettres aux vierges peuvent remonter au IIIe siècle.
Référence : Les Homélies Clémentines. Traduction, introduction et annotations de André Siouville (Ed. Verdier, Lagrasse 1991)