Midrash (Encarta)
(en hébreu darash, « examen, exploration »), terme appliqué à des écrits juifs commentant et expliquant les Écritures. Ces écrits sont l'interprétation par différents rabbins des lois et des coutumes exposées dans l'Ancien Testament. Il semblerait que les éléments les plus anciens écrits aient été produits avant 100 av. J.-C. par des scribes. Le Midrash est divisé en deux parties : halakha qui expose la loi traditionnelle et déduit de la loi écrite la loi traditionnelle; et le Midrash (haggadah), composé de légendes, sermons et commentaires de passages narratifs de la Bible, touchant davantage l'éthique et la théologie que la loi. La forme et le style de ces écrits sont extrêmement souples, depuis les paraboles et les sermons, jusqu'aux codifications de la loi.
MIDRASH (Universalis)
Terme dérivé de la racine dorash , qui signifie, en hébreu biblique, «rechercher», «examiner». Il acquiert à l’époque du second Temple le sens d’éducation et d’étude (cf. II Chron., XIII, 22). Il désigne une exégèse approfondie de l’Écriture, qui s’applique aussi bien au domaine juridique (halakha) qu’au domaine éthique et historique (haggadah). Du point de vue de la forme, on distingue deux types de midrashim: d’une part, le midrash exégétique, qui est un midrash portant sur un des livres de la Bible et qui contient des commentaires sur chaque chapitre et sur chaque verset du livre en question; d’autre part, le midrash homilétique, qui est un midrash où quelques versets (un seul éventuellement) de la péricope hebdomadaire se trouvent exposés, souvent en relation avec le chapitre prophétique particulier à chaque sabbat.
On distingue, en gros, trois époques de rédaction: en premier lieu, les midrashim du temps des Amoraïm; c’est l’âge d’or du midrash; Genesis Rabbah en est le meilleur témoin. La deuxième époque va de 640 à 900; les stéréotypes deviennent alors plus nombreux et l’influence de la littérature pseudépigraphique et apocalyptique se trouve nettement marquée: le midrash Tanhuma (Yelamdenu) en est un représentant typique. La basse époque du midrash correspond au XIe et au XIIe siècle; l’hébreu en est déjà médiéval et l’influence pseudépigraphique y est encore plus prononcée; c’est également le cas pour le midrash Abba Guryon.
À partir du XIIe siècle, on assiste dans divers pays à la constitution d’anthologies midrashiques, tel le Yalqut Shimoni compilé au début du XIIIe siècle en Allemagne. Par la suite, les midrashim feront l’objet de super-commentaires, ou bien se trouveront utilisés librement par les grands exégètes médiévaux, tels Rashi et Bahya ben Asher.
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