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Presbytérianisme (voir presbytérien)
Type de gouvernement ecclésiastique et tradition théologique particulière des Églises réformées et presbytériennes. Ces dernières constituent l'un des principaux groupes issus de la Réforme protestante du XVIe siècle, à savoir : les luthériens, les anabaptistes, les anglicans et les réformés presbytériens.
Organisation de l'Église
Le terme presbytérien trouve son origine dans le mot grec presbyteros, qui signifie l'«!ancien!». C'est ainsi qu'au sein des Églises réformées et presbytériennes le gouvernement ecclésiastique est assuré par des anciens, qu'ils soient pasteurs ou laïcs, hommes ou femmes.
Bien que la structure du gouvernement de l'Église presbytérienne soit variable, il y règne le principe de la délégation représentative à tous les niveaux. Chaque communauté est gouvernée par un corps dirigeant appelé consistoire, composé du pasteur et des «!anciens!», qui sont les représentants élus par la communauté. Les communautés appartiennent à des presbyteriums qui coordonnent et dirigent les activités des communautés au sein d'une zone géographique particulière. Les membres de ces presbyteriums sont les différents pasteurs et les délégués (ou «!anciens!») des différentes communautés.
Le presbyterium a le pouvoir d'ordonner les pasteurs. Globalement, le presbyterium fait office d'évêque de la communauté puisqu'il exerce des responsabilités pastorales et judiciaires.
Les presbyteriums appartiennent à des synodes qui sont des unités géographiques plus vastes. Une assemblée générale, ou synode général, unit l'Église entière. À tous ces niveaux, l'Église est gouvernée par ses «!anciens!» — pasteurs et laïcs élus pour représenter les fidèles.
Histoire
L'origine du presbytérianisme se retrouve dans la théologie de Jean Calvin, qui cherchait à mettre en place un gouvernement ecclésiastique fondé sur le rôle que le Nouveau Testament attribue aux «!anciens!». Mais de nombreuses différences apparurent dans les façons de gouverner les Églises de tradition calviniste.
Depuis ses débuts, la tradition réformée fut la branche la plus internationale du protestantisme. De Genève, elle se répandit rapidement en Europe de l'Est en passant par la France, l'Allemagne et la Hollande, ainsi que dans les îles Britanniques et en Amérique du Nord. Lorsque les calvinistes créèrent en Europe continentale des Églises ayant un type de gouvernement presbytérien, ils les qualifièrent de réformées alors que celles des îles Britanniques et d'Amérique du Nord sont appelées presbytériennes.
Jusqu'au XIXe siècle, le presbytérianisme fut surtout représenté en Grande-Bretagne et en Amérique du Nord, mais avec l'expansion rapide de l'activité missionnaire après 1800, des Églises réformées et presbytériennes s'installèrent sur chaque continent.
Théologie
Bien que la théologie du presbytérianisme se caractérise par la diversité, la théologie de Calvin en demeure l'axe central et son ouvrage majeur l'Institution de la religion chrétienne (1536) en reste la référence principale.
Comme Martin Luther, Calvin insistait sur les deux doctrines centrales de la Réforme protestante, à savoir l'autorité souveraine de l'Écriture et la justification par la grâce dans l'expérience de la foi. Comme lui, il réduisait le nombre des sacrements à deux : le baptême des enfants et des adultes, et la Sainte-Cène. Par contre, Calvin se distingua de Luther et d'autres réformateurs protestants par sa conception de la nature de la Sainte-Cène, du gouvernement ecclésiastique et du rôle de la loi divine dans la vie chrétienne.
Confessions
Bien que les Églises réformées et presbytériennes considèrent la Bible comme l'autorité souveraine de l'Église et du croyant, elles sont aussi qualifiées de confessionnelles en raison des efforts qu'elles entreprennent pour écrire des confessions qui définissent et guident la théologie et la pratique de l'Église. De nombreuses confessions réformées furent écrites en divers lieux entre le XVIe et le XXe siècle. Parmi les premières confessions, les plus importantes furent la Première Confession helvétique (1536), la Confessio scottica (1560), la Confessio belgica (1561), le Cathéchisme d'Heidelberg (1563), la Seconde Confession helvétique (1566), les Canons du synode de Dort (1619), la Confession de Westminster et le Catéchisme abrégé (1647). Deux exemples récents d'énonciations confessionnelles sont la Déclaration théologique de Barmen, publiée par l'Église évangélique d'Allemagne en 1934 et la Confession de 1967, adoptée par l'Église presbytérienne unie des États-Unis.
Les différents cultes
Le culte presbytérien, qui donne lieu à des pratiques très variées, est axé sur l'Écriture et la célébration des sacrements. Aux États-Unis, l'influence du puritanisme et des mouvements revivalistes contribua à mettre l'accent sur le sermon, devenu la partie essentielle du culte!; la liturgie était pratiquement inexistante et la Sainte-Cène n'était célébrée qu'occasionnellement. Cependant, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, le mouvement œcuménique apporta une plus grande richesse au culte presbytérien.
Les Églises de tradition presbytérienne font partie de l'Alliance mondiale des Églises réformées et elles furent à l'origine de la création du Conseil mondial des Églises.
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"Presbytérianisme", Encyclopédie® Microsoft® Encarta 98. © 1993-1997 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.