Rédemption

Dans le langage religieux, salut que Dieu apporte aux hommes. Dérivé du latin redimere («racheter»), le mot signifia d’abord, dans le langage juridique, l’acte par lequel on rachète un droit.

La Bible fait mention de la rédemption en la présentant en premier lieu comme l’action de celui dont la situation de parenté lui permet de racheter les biens ou la liberté d’un proche.

Le Livre de Ruth rapporte comment Booz racheta Ruth, une jeune veuve, en l’épousant et en lui permettant d’avoir un fils, Obed. Dans le Livre d’Isaïe (XLI, 14) la rédemption est attribuée à Yahvé. Le Livre de Job (XIX, 25) situe à la fin des temps la rédemption accordée par Yahvé. Reprenant la vision de Job, le penseur contemporain Gershom Scholem identifie la rédemption et l’avènement du monde messianique, dans lequel sera rétablie la «grande harmonie» troublée par le péché d’Adam. Voir aussi Messianisme.

La pensée chrétienne, qui conserva la croyance en une rédemption finale, située dans un avenir apocalyptique, considère que le don fait par le Christ de sa vie «en rémission des péchés» (Évangile selon saint Matthieu, XXVI, 28) était déjà la rédemption absolue, désormais inscrite dans le passé ; cependant, saint Paul identifia la rédemption à la grâce, donnée par Dieu aux hommes, dans le présent (Épître aux Romains, III, 24).

Tout entière dans le passé de l’incarnation, dans le présent de la grâce et dans l’avenir de la parousie (second avènement attendu du Christ), la rédemption est, après la Trinité et l’incarnation, le troisième des mystères fondamentaux sur lesquels repose la foi chrétienne.

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