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Ce jour-là... |
Le 4 janvier 1930,
André Maginot, général de réserve et ministre de la Guerre
dans le gouvernement Poincaré, fait voter une loi en vue de
construire une ligne fortifiée sur les frontières orientales
de la France.
Le ministre plaide pour une ligne de défense flexible, capable
de suppléer à la diminution des effectifs militaires prévue
à partir de 1935 en raison du déficit des naissances. C'est
ainsi qu'il obtient des parlementaires un crédit de 3,3 milliards
de francs sur quatre ans.
Le chantier, le plus grand de son temps, emploiera jusqu'à 20000 ouvriers.
Ce
réseau efficace de fortifications à demi-enterrées inaugure
une conception purement défensive des stratèges français,
à l'opposé de la conception offensive de leurs homologues
d'Outre-Rhin.
Il témoigne aussi d'une perte de confiance de
la classe politique dans l'avenir des relations franco-allemandes
malgré la publication la même année par Aristide Briand d'un
mémorandum en faveur d'une union fédérale européenne.
Les fortifications commencent sur les bords de la Méditerranée,
au-dessus de Menton, et s'égrènent jusqu'à la frontière belge,
à l'exception notable du massif des Ardennes, jugé infranchissables
par le haut commandement français.
Dix ans à peine s'écouleront avant que l'on prenne la mesure
de cette erreur d'appréciation!
Entretemps, les dirigeants français et l'opinion publique
se seront bercés d'illusions sur leur capacité à résister
à une éventuelle invasion.
Les Belges refusent que les Français prolongent la ligne Maginot
le long de leur frontière car ils craignent d'être sacrifiés
en cas de nouveau conflit entre la France et l'Allemagne.
Le gouvernement français ne témoigne pas de la même compréhension
à l'égard des Alsaciens: la ligne Maginot suit la crête des
Vosges et sacrifie par avance la plaine d'Alsace.
En 1939, avant même la déclaration de guerre à l'Allemagne
de Hitler, le gouvernement français évacuera à titre préventif
près d'un demi-million d'Alsaciens (surtout des Strasbourgeois)
vers l'intérieur du pays et notamment en Dordogne. La guerre
est déclarée le 3 septembre et dès la fin du mois, Périgueux,
dont la population a brutalement doublée, devient officiellement
préfecture du Bas-Rhin!
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