La fin de l'Antiquité
L'avènement d'Héraclius
(610) et l'Hégire (622) marquent la fin véritable de
l'empire romain et de l'Antiquité.
C'est l'époque où l'empire romain d'Orient se transforme en empire grec ou byzantin.
Renonçant à une illusoire reconquête de l'Occident, les successeurs d'Héraclius
concentreront désormais tous leurs efforts dans la lutte contre les envahisseurs venus
d'Orient: Arabes, Turcs,... C'est aussi l'époque où l'Europe occidentale, dominée par
les rois barbares, entre dans la période la plus noire de son histoire.
En Gaule et sur le Rhin, les rois mérovingiens qui succèdent à Clovis et Dagobert
s'avèrent si insignifiants que la postérité les qualifiera de rois fainéants. La
péninsule arabe et l'Orient romain et persan sont bouleversés par l'expansion militaire
de l'islam. En quelques décennies, la religion de
Mahomet, contemporain d'Héraclius, se répand des Pyrénées aux portes de la Chine. Cet
événement majeur coupe en deux moitiés rivales le monde méditerranéen qu'avaient
unifié les Romains. La ruine du commerce méditerranéen accélère la décadence du
réseau urbain hérité de Rome.
En Occident, les centres de pouvoir se transfèrent du Midi vers le bassin rhénan,
berceau de Charles Martel, Pépin le Bref et Charlemagne. Il faudra attendre les
Croisades, un demi-millénaire plus tard, pour que l'Occident rétablisse des liens
réguliers avec l'Orient.
A l'autre extrémité de l'Eurasie, la Chine se relève d'une longue décadence grâce à
un nouvel empereur, Li Che-min, qui fonde la dynastie des T'ang et rompt avec le passé.
La tradition qui désigne l'année 476 comme marquant la fin de l'Antiquité n'a
aucune signification historique en-dehors de l'Europe occidentale (cette année-là se
signale tout au plus par la déposition à Ravenne, en Italie, d'un enfant-empereur
sans pouvoir). Cette tradition trouve son origine dans la volonté des historiens
français du XIXe siècle de faire remonter les origines de leur pays à Clovis, un chef franc qui vécut à cette époque (vers
465-511).