Avec l'aimable
collaboration de Gabriel Vidal-Durand
Le 18 janvier
532, une violente sédition éclate à Constantinople contre l'empereur Justinien auquel
le peuple reproche son autoritarisme.
L'émeute prend naissance dans l’hippodrome orné d’un obélisque et situé sur
les hauteurs de la ville, où des courses de chars se disputent dans une ambiance
survoltée.
Oubliant leur rivalité, les partisans de l'équipe des Verts, qui appartiennent
aux franges populaires de la ville, font alliance avec les partisans de l'équipe des Bleus,
d'origine patricienne.
Ensemble, aux cris de «Nika!» (Sois vainqueur!), les insurgés
brûlent la basilique Sainte-Sophie et se dirigent vers le palais impérial dont ils
incendient le vestibule. Ils proclament un nouvel empereur.
Justinien s’apprête à renoncer et à fuir lorsque son épouse Théodora prend les
choses en main: «Quand il ne resterait de salut que dans la fuite, je ne voudrais
point m’enfuir. Il n’est pas concevable que ceux qui ont porté la couronne
puissent survivre à sa perte. Même si je tiens à la vie, la pourpre peut offrir un beau
linceul!»
L'empereur alors se ressaisit. La garde impériale, sous le commandement du général
Bélisaire, noit la révolte dans le sang.
Rassuré sur son pouvoir, Justinien se consacrera dès lors à la reconquête de
l'Occident romain sur les barbares ainsi qu'à la reconstruction de Saint-Sophie, plus
belle et plus grande que jamais.