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Fin de
l'Occident romain
Le 4 septembre 476, un chef barbare, Odoacre, dépose l'empereur
romain d'Occident, un enfant dénommé Romulus Augustule. Celui-ci quitte son
palais de Rome pour un couvent napolitain, avec une confortable pension.
Odoacre, roi des Hérules, une tribu germanique, est un ancien dignitaire de la cour d'Attila. Entré au service des Romains, il a porté au pouvoir
le patrice Oreste et mis sur le trône le fils de ce dernier, ledit Romulus Augustule.
Les revendications de la garde germanique n'ayant pas été satisfaites, Odoacre entre
presque aussitôt en conflit contre son débiteur. S'étant fait proclamer roi par ses
troupes le 23 août 476, il bat et tue Oreste à Pavie avant de déposer son fils.
Respectueux des formes, Odoacre renvoie les insignes de la fonction impériale à Zénon,
l'empereur d'Orient qui règne à Constantinople, signifiant de la sorte que les deux
moitiés de l'empire romain sont désormais réunies. Elles avaient été séparées à la
mort de Théodose, près d'un siècle plus tôt (395).
Dans les faits, la déposition de Romulus Augustule enregistre la mort de
l'empire romain d'Occident (dérision: l'enfant-empereur évoque par ses prénoms le
fondateur éponyme de la Ville éternelle et l'iilustre fondateur de l'empire).
Odoacre, qui a reçu de Zénon le titre de patrice des Romains, s'établit à
Ravenne et réorganise à son gré et sous son autorité la péninsule italienne.
Il conquiert la Sicile et la Dalmatie, menaçant à terme l'empereur d'Orient lui-même.
Ce dernier appelle à la rescousse Théodoric, le roi des Ostrogoths, qui viendra
difficilement à bout d'Odoacre.
Rome, pendant ce temps...
Tandis que les nouveaux maîtres de l'Italie
s'établissent à Ravenne ou à Milan, Rome décline. L'orgueilleuse cité, qui compta
jusqu'à un million d'habitants au temps de sa splendeur, n'en a plus que quelques
dizaines de milliers, qui survivent au milieu de palais en ruines.
On pourrait croire que la Ville éternelle se condamne à mourir. Mais le pape, successeur
de l'apôtre Saint Pierre, ne l'a pas abandonnée. Il y réside avec tout le haut clergé
de l'Église chrétienne.
Seule autorité à Rome, la papauté va insensiblement reprendre à son compte l'héritage
impérial et la vocation de Rome à gouverner le monde.
Les papes vont relever le titre de pontifex maximus qui désignait la fonction
religieuse des anciens empereurs ainsi que l'organisation administrative de l'empire
(diocèse, province).
Ils vont asseoir leurs ambitions sur la richesse croissante de l'Église, celle-ci
bénéficiant de donations très importantes des fidèles.
C'est l'assurance de graves conflits de préséance, dans les siècles à venir, entre la
papauté et les souverains séculiers (rois barbares et empereur germanique).
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