Marie de
Médicis face aux états généraux
La réunion des états généraux à Paris, le 27 octobre 1614,
témoigne de l'extrême affaiblissement de la monarchie française.
Depuis l'assassinat d'Henri IV, quatre ans plus tôt, c'est sa veuve, Marie de Médicis,
qui assure la régence. Elle a confié les rênes du pouvoir à un favori italien,
Concini.
Les grands seigneurs du royaume vouent à ce dernier une haine incoercible. Le prince de
Condé et le duc de Nevers prennent la tête d'un parti de mécontents.
Critiquant le projet de marier le jeune roi Louis XIII (13 ans) avec une infante
d'Espagne, qui signifierait la victoire du clan rival des Guise, ils se retirent dans des
places fortes frontalières et lèvent des troupes.
Le Conseil de régence se prépare à l'affrontement armé avant de conclure un
accommodement avec la promesse de réunir les états généraux.
Les états généraux comprennent 140 députés du clergé, y compris le futur cardinal de
Richelieu, 132 représentants de l'aristocratie, parmi lesquels les partisans des princes
sont en minorité, et 192 députés du tiers état (ni ecclésiastiques, ni nobles). Ces
derniers sont pour la plupart des bourgeois prospères, officiers de justice ou
parlementaires.
Les princes comptent bien manipuler les députés des états pour obtenir provinces et
bénéfices. A leur grand dépit, les états généraux sont réduits à l'impuissance par
les rivalités entre le clergé, la noblesse et le tiers état.
Le gouvernement renvoie les députés sur de vagues promesses de réformes fiscales et
surtout sans avoir permis aux princes d'imposer leurs volontés.
Les états généraux, discrédités, ne seront plus réunis avant... 1789. Entretemps,
par une patiente remise en ordre des affaires, Richelieu permettra à la monarchie de
prendre le dessus sur l'aristocratie et ouvrira la voie au règne prestigieux de Louis
XIV.
En Angleterre, à la même époque, l'opposition entre le roi et les privilégiés
débouche sur la victoire des seconds et sur une démocratie embryonnaire.