27 octobre 1614

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Portrait de jeune homme, par Raphaël (Italie 1483-1520), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Marie de Médicis face aux états généraux

La réunion des états généraux à Paris, le 27 octobre 1614, témoigne de l'extrême affaiblissement de la monarchie française.

Depuis l'assassinat d'Henri IV, quatre ans plus tôt, c'est sa veuve, Marie de Médicis, qui assure la régence. Elle a confié les rênes du pouvoir à un favori italien, Concini.

Les grands seigneurs du royaume vouent à ce dernier une haine incoercible. Le prince de Condé et le duc de Nevers prennent la tête d'un parti de mécontents.

Critiquant le projet de marier le jeune roi Louis XIII (13 ans) avec une infante d'Espagne, qui signifierait la victoire du clan rival des Guise, ils se retirent dans des places fortes frontalières et lèvent des troupes.

Le Conseil de régence se prépare à l'affrontement armé avant de conclure un accommodement avec la promesse de réunir les états généraux.

Les états généraux comprennent 140 députés du clergé, y compris le futur cardinal de Richelieu, 132 représentants de l'aristocratie, parmi lesquels les partisans des princes sont en minorité, et 192 députés du tiers état (ni ecclésiastiques, ni nobles). Ces derniers sont pour la plupart des bourgeois prospères, officiers de justice ou parlementaires.

Les princes comptent bien manipuler les députés des états pour obtenir provinces et bénéfices. A leur grand dépit, les états généraux sont réduits à l'impuissance par les rivalités entre le clergé, la noblesse et le tiers état.

Le gouvernement renvoie les députés sur de vagues promesses de réformes fiscales et surtout sans avoir permis aux princes d'imposer leurs volontés.

Les états généraux, discrédités, ne seront plus réunis avant... 1789. Entretemps, par une patiente remise en ordre des affaires, Richelieu permettra à la monarchie de prendre le dessus sur l'aristocratie et ouvrira la voie au règne prestigieux de Louis XIV.

En Angleterre, à la même époque, l'opposition entre le roi et les privilégiés débouche sur la victoire des seconds et sur une démocratie embryonnaire.

 

Mise à jour le 24 février 2003