20 novembre 1815

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Le temps des Révolutions (1688-1848)
Ce jour-là...

Traité de Paris et fin de l'Empire

Le traité de Paris du 20 novembre 1815 sanctionne le retour de Napoléon de l'île d'Elbe et sa défaite à Waterloo.

L'année précédente, après l'abdication de l'empereur à Fontainebleau, les vainqueurs avaient permis à la France, par le premier traité de Paris (30 mai 1814), de conserver ses frontières de 1792.

Ils se contentaient de lui enlever les conquêtes de la Révolution tout en lui laissant Mulhouse, Montbéliard, le comtat Venaissin, la Savoie, les forteresses de Marienbourg, Philippeville, Sarrelouis et Landau, ainsi que la plupart de ses colonies à l'exception de l'île de France (qui deviendra l'île Maurice), Sainte-Lucie et Tobago, dans les Antilles.

Les Français avaient restauré la monarchie sans hésiter et installé sur le trône le frère du roi guillotiné, Louis XVIII. Celui-ci se montre d'emblée prêt à tous les arrangements. Il définit par une Charte un gouvernement relativement démocratique et réfrène les ultras-royalistes, désireux d'en découdre avec les anciens révolutionnaires. 

Cependant sur l'île d'Elbe dont il est devenu le prince, Napoléon, séparé de sa famille, privé de ressources, appréhende l'avenir. Il débarque par surprise à Golfe-Juan avec 900 grenadiers et profite du mécontentement latent chez les paysans pour s'emparer du pouvoir et chasser les Bourbons.

Malgré l'invocation de la liberté et de la révolution par l'ancien autocrate, cette escapade dure à peine cent jours avant de s'achever à Waterloo par la défaite militaire.

Les diplomates européens réunis à Vienne pour refaire le monde n'ont même pas à interrompre leur congrès. Ils se contentent de déléguer à Paris quelques-uns des leurs pour signer un second traité en vue de liquider les séquelles de la Révolution et de l'Empire.

Tremblants de frayeur rétrospective, les Alliés se montrent beaucoup plus durs dans la renégociation du traité de Paris. La France perd des terres qui étaient siennes depuis longtemps. Le duché de Bouillon et les forteresses allemandes de Philippeville et Marienbourg sont cédées aux Pays-Bas. Sarrelouis et Sarrebrück sont cédées à la Prusse. Landau est remise à la Bavière, le pays de Gex à la Suisse, la Savoie au roi de Piémont-Sardaigne.

La France doit aussi payer une indemnité de 700 millions de francs et subir l'occupation étrangère pendant trois ans.

Néanmoins, le gouvernement du roi Louis XVIII appliquera à la lettre les termes du traité, ce qui lui vaudra de réintégrer le concert des nations européennes trois ans plus tard. 

Quant à l'empereur déchu, il échange la principauté tranquille de l'île d'Elbe contre la prison lugubre de Sainte-Hélène.

Guidés par l'école romantique, les Français se consolent en exaltant le souvenir de la Révolution et de l'Empire.

 

Mise à jour le 22 février 2003