Traité de
Paris et fin de l'Empire
Le traité de Paris du 20 novembre 1815 sanctionne le retour de
Napoléon de l'île d'Elbe et sa défaite à Waterloo.
L'année précédente, après l'abdication de l'empereur à Fontainebleau, les vainqueurs
avaient permis à la France, par le premier traité de Paris (30 mai 1814), de conserver
ses frontières de 1792.
Ils se contentaient de lui enlever les conquêtes de la Révolution tout en lui laissant
Mulhouse, Montbéliard, le comtat Venaissin, la Savoie, les forteresses de Marienbourg,
Philippeville, Sarrelouis et Landau, ainsi que la plupart de ses colonies à l'exception
de l'île de France (qui deviendra l'île Maurice), Sainte-Lucie et Tobago, dans les
Antilles.
Les Français avaient restauré la monarchie sans hésiter et installé sur le trône le
frère du roi guillotiné, Louis XVIII. Celui-ci se montre d'emblée prêt à tous les
arrangements. Il définit par une Charte un gouvernement relativement démocratique et
réfrène les ultras-royalistes, désireux d'en découdre avec les anciens
révolutionnaires.
Cependant sur l'île d'Elbe dont il est devenu le prince, Napoléon, séparé de sa
famille, privé de ressources, appréhende l'avenir. Il débarque par surprise à
Golfe-Juan avec 900 grenadiers et profite du mécontentement latent chez les paysans pour
s'emparer du pouvoir et chasser les Bourbons.
Malgré l'invocation de la liberté et de la révolution par l'ancien autocrate, cette
escapade dure à peine cent jours avant de s'achever à Waterloo par la défaite
militaire.
Les diplomates européens réunis à Vienne pour refaire le monde n'ont même pas à
interrompre leur congrès. Ils se contentent de déléguer à Paris quelques-uns des leurs
pour signer un second traité en vue de liquider les séquelles de la Révolution et de
l'Empire.
Tremblants de frayeur rétrospective, les Alliés se montrent beaucoup plus durs dans la
renégociation du traité de Paris. La France perd des terres qui étaient siennes depuis
longtemps. Le duché de Bouillon et les forteresses allemandes de Philippeville et
Marienbourg sont cédées aux Pays-Bas. Sarrelouis et Sarrebrück sont cédées à la
Prusse. Landau est remise à la Bavière, le pays de Gex à la Suisse, la Savoie au roi de
Piémont-Sardaigne.
La France doit aussi payer une indemnité de 700 millions de francs et subir l'occupation
étrangère pendant trois ans.
Néanmoins, le gouvernement du roi Louis XVIII appliquera à la lettre les termes du
traité, ce qui lui vaudra de réintégrer le concert des nations européennes trois ans
plus tard.
Quant à l'empereur déchu, il échange la principauté tranquille de l'île d'Elbe contre
la prison lugubre de Sainte-Hélène.
Guidés par l'école romantique, les Français se consolent en exaltant le souvenir de la
Révolution et de l'Empire.