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Les 3 invocations du démon Barron
Francisco Prelati
Désespéré de ne pouvoir trouver un alchimiste digne de ce nom pour pouvoir combler ses colossales dettes, Gilles de Rais fit la connaissance grâce à Eustache Blanchet, moine défroqué, de François Prelati .
D'après sa déposition lors du procès, Prelati naquit à Monte
Catini, dans le diocèse de Lucques.
Il entreprit des études religieuses et reçut la tonsure cléricale.
Pourtant il s'adonna à la géomancie sous l'influence du médecin florentin ,
Jean de Fontanel.
Ces derniers firent selon la légende apparaître bon nombre de
démons, en échange de quelques poules et d'hirondelles.
Devant un tel pouvoir, Blanchet fut persuadé que Prelati était l'homme de la
situation et décida de présenter cet étrange jeune homme à son maître.
Nous n'avons aucun renseignement sur son aspect physique, nous pouvons penser
qu'il était âgé de 22 ans ou 24 ans lorsqu'il arriva le 14 mai à Tiffauges en
compagnie de l'escorte qu'avait envoyé le Maréchal de Rais.
Par son intelligence, et sa beauté sans doute, il conquit
très vite le cœur et le corps de Gilles de Rais.
Devant l'inévitable faillite du maître des lieux, Prelati était l'homme de la
providence, mais aussi celui qui allait précipiter Gilles de Rais vers les
gouffres de l'enfer.
Pour l'obtention de richesses et d'or, Prelati procéda par 3 fois à
l'invocation du démon Baron en présence de Gilles de Rais.
Bien sûr, le démon ne se présenta jamais devant un seul témoin, ce ne fut qu'en
face de Prelati que Baron voulait apparaître ...
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La grande
invocation de Tiffauges

Au début de l'été 1438, peu avant minuit, Gilles de Rais et
Prelati, aidés de Gilles de Sillé, d'Eustache Blanchet, d'Henriet et de Poitou
ses complices, tracèrent par la pointe d'une épée plusieurs cercles où ils
inscrivirent des croix et des caractères en formes d'armoiries. Dans des pots
de terre du charbon brûlait , sur lequel ils jetèrent de l'encens, de la myrrhe
et des grains d'aloès.
Prelati aurait eu en possession à ce moment précis un étrange livre relié de
cuir noir, avec une partie en papier et l'autre en parchemin que lui aurait
offert un certain Breton .
Prelati se place au centre du cercle et prononce la formule
du livre :
Je vous
conjure Baron, Oriens, belial, Belzébuth, par le père et le fils et le saint
esprit, par la vierge marie et tous les saints apparaître ici en notre présence
afin de vous entretenir avec nous et de faire notre volonté.
Ils ouvrent les quatre fenêtres de la grande salle inférieure du château de Tiffauges, deux heures se passent, rien ... Baron n'apparaît pas. Sur Ordre de Rais, le lendemain soir, Prelati répéta l'opération.
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L'invocation
de Bourgneuf
En compagnie de Gilles de Rais, Prelati et Poitou le chambrier se rendent dans un pré, non loin d'une vieille maison inhabitée, à environ un kilomètre de Tiffauges, dans la direction de Montaigu. Ils portent une nouvelle fois de l'encens, une pierre d'aimant et toujours cet étrange livre de cuir noir. Ils dessinent une fois de plus un cercle et des signes à l'aide d'un couteau selon les indications du livre.
En dépit de l'interdiction de Prelati, Poitou se signe
secrètement, les invocations commencent, le chambrier entendra plusieurs fois
le nom de Baron, ils restent tous une demi heure.
Tous relatèrent le fait qu'une violente averse débuta lorsqu'ils pénétrèrent
dans le cercle, il s'éleva un vent violent et une obscurité si grande après
l'échec du cérémonial qu'ils eurent du mal à rentrer au château.
Devant ce second échec, Prelati demandera à Gilles, un pacte
le liant avec l'enfer.
Viens à ma
volonté et je te donnerai tout ce que tu voudras, excepté mon âme et
l'abréviation de ma vie.
Les historiens ne sont pas d'accord quant à la date de rédaction de l'acte,
pour certains il fut rédigé après cette seconde invocation, pour d'autres bien
avant. Il convient de remarquer que désormais Gilles de Rais vient d'entrer de
plein pied dans le satanisme, il a signé un pacte démoniaque de son sang.
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L'invocation
du Serpent
En une date indéterminée, personne ne sera capable de la
préciser lors du procès, Prelati fit seul une invocation où Baron lui serait apparu.
Il lui demande des richesses au nom de Gilles, le démon accepta la demande et
lui procura une grande quantité d'or en lingot.
Au courant de la réussite, Gilles de Rais veut voir cet or, tous deux se
dirigent vers sa chambre mais à ce moment précis, Prelati hurle à Gilles de ne
pas pénétrer dans ce lieu, un grand serpent de couleur verte, de la grosseur
d'un chien est apparu.
Gilles se sauve pour aller prendre un crucifix contenant une parcelle de la
vraie croix, revient et se présente à l'entrée de la chambre.
Prelati, lui explique qu'il n'aurait pas du prendre la
croix , Gilles pénètre dans la chambre et ne peut constater que le tas de
lingots d'or n'est qu'une sorte d'oripeau, une feuille de laiton, à laquelle il
ne toucha point.
Ces trois invocations ont un point commun, elles réunissaient à chaque fois le
Maréchal de Rais et Prelati. Le démon Barron apparut selon Prelati bon nombre
de fois, mais bien sûr sans jamais aucun témoin. En août 1439, lors d'une
invocation le démon lui aurait donné une poussière noire sur une pierre d'ardoise.
Gilles de Rais l'aurait porté plusieurs jours dans une boîte d'argent mais il
s'en serait débarrassé, s'apercevant qu'elle ne lui était d'aucun profit. A
chaque fois, Prelati usa de la naïveté, de la confiance de Gilles de Rais.
En Novembre 1439, Prelati prétend que Baron à demandé à Gilles de donner à manger en son nom à trois pauvres dans trois grandes fêtes de l'année. Gilles ne le fit qu'une fois à la Toussaint, pour Prelati c'était la cause pour laquelle Baron refusait d'apparaître en présence de Gilles, une fois de plus l'escroc profitait de la crédulité de son maître. Pourtant Gilles veut faire apparaître Baron, il ira même jusqu'à mettre dans un verre en présence de Poitou, le cœur et la main d'un jeune enfant ...
