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Le chrisme est un des premiers symboles de la foi chrétienne. C'est le monogramme du nom du Christ en grec ; il apparaît au début du IV° siècle avec l'empereur Constantin qui fit figurer sur son étendard les deux premières lettres : le X (khi) et le P (rhô). Après l'édit de Milan (313) et la christianisation de l'Empire romain, cette représentation devient le symbole chrétien par excellence et se répand à travers tout l'Empire. On le rencontre donc dans toute la chrétienté, mais le Comminges et la Haute-Bigorre en présentent une densité exceptionnelle : plus de 80 chrismes sculptés ou gravés sur pierre ont été répertoriés pour le seul diocèse du Comminges. Pour Emmanuel Garland, spécialiste du sujet, " le chrisme est une forme d'expression typiquement gasconne dont l'épicentre est le Comminges ".

 
 

Saint-Just de Valcabrère

Chrisme du portail d'entrée du cimetière

 
   

Le chrisme, simple au départ, s'est enrichi symboliquement et iconographiquement : on rajouta d'abord l'alpha et l'oméga, symbole de la toute puissance de Dieu, début et fin de toute chose ; et surtout au XI° siècle on surimposa un S au bas de la hampe du P (sans doute un symbole trinitaire) ; on l'entoure d'un cercle (ou deux) et quelquefois même d'anges.

 
 

Jezeau

(Vallée d'Aure)

Montsaunès

(Haute-Garonne)

 

Poubeau  

(Vallée du   Larboust)  

  Trédos

 (Val d'Aran)

   

       Bramevaque

 ( Vallée de la Barousse)

 

Bossost

(Val d'Aran)

Saint-Gaudens

(Haute-Garonne)

   

Cette vogue des chrismes se retrouve dans tout le diocèse du Comminges avec des particularités locales (rajouts, transformations...) en vallée d'Aure, Barousse, Larboust, Val d'Aran ou Bas-Comminges. Cela prouve bien que l'unité n'exclut pas la diversité et que le chrisme constitue un ferment d'unité culturelle et religieuse très forte pour le Comminges historique.