Les
Accusateurs des Chevaliers et de l'Ordre du Temple
Les
conseillers secrets de Philippe Le Bel
Les Nobles
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Les Juristes
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Les Avocats
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Raoul
de Presles, et Pierre Dubois,
et
L'archevêque de Narbonne : "Gilles Aiscelin"
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L'inquisiteur du Roi
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Enguerrand de Marigny
Petit noble du Vexin Normand, né vers 1260, mort en 1315. Issu d'une ancienne
famille dont le patronyme était Le Portier, il fit une brillante carrière politique
et cumula les charges et les titres : comte de Longueville , chambellan,
châtelain du Louvre, Grand Maître de l'Hôtel garde du Trésor royal et enfin
coadjuteur au gouvernement du royaume
A la mort de Philippe Le Bel, il devra dès 1314 rendre des comptes au royaume
sur sa fortune. Marigny fut victime de la réaction féodale et accusé de
crimes qu'il n'avait pas commis. Condamné sans avoir pu se défendre, il sera
pendu le 30 avril 1315 au gibet de Montfaucon, où son cadavre demeurera
exhibé pendant deux ans.
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Pierre Dubois. (1250 env.-apr. 1321)
Légiste français, Pierre Dubois fit ses études à Paris, où il fut sans doute
l'élève de Thomas d'Aquin. Avocat des causes royales pour les affaires
ecclésiastiques dans le bailliage de Coutances, il fut, à ce titre, l'un des
innombrables hommes de loi chargés de rechercher, de défendre et d'exalter à
travers tout le royaume les droits du roi: il soutint Philippe le Bel contre
Boniface VIII. Malgré une notoriété due à des écrits dont l'influence demeura
fort réduite, Pierre Dubois apparaît comme le type même du serviteur obscur
et efficace de la monarchie. Comme nombre de légistes du roi, et des plus
illustres, il avait en même temps une clientèle privée: c'est ainsi que la
comtesse Mahaut d'Artois en fit son conseiller et, après la mort de Philippe
le Bel, son bailli. On connaît une dizaine de mémoires et traités composés
par Dubois. Plusieurs sont des œuvres de circonstance: contre Boniface VIII
ou contre les Templiers, par exemple. D'autres sont marginales, comme une
défense des tournois, que réprouvaient alors le pape et le roi. Les œuvres
essentielles, où Dubois cherche à imposer sa vision de la société politique,
sont le De abreviatione guerrarum (vers 1300), le De recuperatione Terre
Sancte (vers 1305-1307) et le mémoire composé pour inciter Philippe le Bel à
se porter candidat à l'Empire (1308). Toute l'œuvre de Pierre Dubois tend à
l'établissement d'une hégémonie capétienne sur le monde chrétien, grâce au
rétablissement de la paix en Occident, à l'union des énergies pour le succès
de la croisade et à la restauration du prestige impérial. De manière souvent
artificielle, il fond la politique aristotélicienne, la conception romaniste
de l'État et le système patrimonial qui organise l'expansion capétienne.
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Raoul de Presles
Est le principal avocat du roi et "tombeur" des
Templiers par sa déposition au procès, dans la représentation du roi au
Parlement.
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Guillaume-de-Nogaret (1260 env.-1313)

Sceau de Guillaume de Nogaret
Homme de loi, originaire du Languedoc et issu d'une famille
cathare, Guillaume de Nogaret fut d'abord professeur de droit romain à
l'université de Montpellier et conseiller juridique de divers seigneurs, et
notamment du roi de Majorque. Entré au service de Philippe le Bel vers
1292-1295, il s'entremit lors de l'achat par le roi de la part qu'avait dans
la seigneurie de Montpellier l'évêque de Maguelonne, puis fut juge-mage de la
sénéchaussée de Beaucaire (1294), conseiller du roi (1295) et garde du sceau
(1307). Il dirigea en fait la politique royale après la mort de Pierre Flote
(1302). Le roi l'anoblit par lettres dès 1299.
La part la plus importante de son action politique est peut-être l'œuvre
quotidienne pour la défense, la préservation, la définition, voire
l'extension des droits du roi à l'intérieur de son propre royaume. C'est là
qu'il est, entre autres, le "légiste" du roi. Il s'y montra
intransigeant et efficace, mais n'y conquit guère la popularité.
On connaît davantage son rôle dans la lutte contre Boniface VIII et dans
l'affaire des Templiers. Contre le pape, il infléchit la ligne politique de
Flote, qui défendait contre le Saint-Siège le droit du roi à être maître dans
son royaume, donc maître de son clergé; pour Nogaret, il s'agit surtout de
défendre l'Église et le royaume contre un pape indigne; venu à la curie pour
notifier à Boniface VIII un appel devant le futur concile - qui annulait
toute sentence que pourrait rendre le pape contre le roi - et placer la
personne du pape sous l'autorité de l'appelant, Nogaret se trouva mêlé au
tumulte déclenché par une faction romaine (Anagni, 7 sept. 1303) et, par là,
compromis avec les fauteurs de violence. Le pape mort, il entretint une lutte
de plus en plus vaine contre la mémoire de celui-là; il multiplia les écrits
pour se justifier, ce qui contribua à associer son nom au souvenir de
l'attentat d'Anagni. Il fut implicitement inclus dans l'absolution négociée
en 1311. L'affaire du Temple lui avait également servi de moyen de pression
sur la papauté.
Nogaret fut le premier homme d'État français qui fit appel à l'opinion
publique, convoqua systématiquement des assemblées, fit répandre des pamphlets
et lança une campagne de pétitions. L'offensive de 1303 contre Boniface est
un modèle du genre. Mais Nogaret demeura souvent à l'arrière-plan, faisant
parler ses hommes de confiance, parmi lesquels Guillaume de Plaisians. C'est
ce dernier qui harangua la foule dans les jardins du palais et qui prit part
à l'interrogatoire des Templiers.
Nogaret mourut alors que la prépondérance dans la gestion de la politique
royale était déjà passée au très réaliste Enguerrand de Marigny.
Guillaume de Nogaret et Guillaume de Plaisians
Étaient les principaux accusateurs à l'encontre du Pape Boniface VIII.

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Pierre-de-Flote ou FLOTTE (mort en 1302)

Le premier des grands légistes méridionaux - formé à
Montpellier - ayant joué un rôle véritablement politique sous le règne de
Philippe le Bel. Originaire du Dauphiné, Pierre Flote fut d'abord au service
du dauphin Humbert I er. Le roi en fit un conseiller en son parlement, vers
1291, et lui confia dès lors de nombreuses missions, particulièrement en
Guyenne et en Languedoc. À partir de 1296, Flote prit en main la politique
royale face au pape Boniface VIII, auquel il entendait faire reconnaître le
droit du roi à être seul maître dans son royaume, c'est-à-dire le droit de
juger et d'imposer tous ses sujets, y compris les clercs. En 1297, il négocia
à Rome la canonisation de Louis IX. Chancelier de France en 1300, il joua un
rôle essentiel et parfois spectaculaire comme conseiller et porte-parole du
roi. C'est ainsi qu'il fut envoyé à Rome par trois fois et qu'il tenta
vainement de faire du pape un instrument de la politique royale. En 1301,
malgré les prérogatives de l'Inquisition, il dirigea au nom du roi la
procédure contre l'évêque de Pamiers, Bernard Saisset, poursuivi pour complot
et inculpé d'hérésie. L'année suivante, devant les états généraux réunis à
Paris, il mena la lutte contre les prétentions pontificales.
Mêlé à toutes les affaires du royaume, y compris aux tâches de routine de la
machine judiciaire et de l'administration financière, Flote fut en tout le
champion de l'absolutisme royal - encore bien imparfait - sur le plan
intérieur; il fut aussi le champion de l'indépendance monarchique au sein
d'une chrétienté naguère dominée par le pape et l'empereur. Ce juriste fut
l'un des premiers à mettre le droit romain de l'État au service d'une
monarchie qui ne fût pas universelle.
Chevalier, Flote participa à l'expédition de Flandre et fut
tué au cours du désastre de Courtrai, le 11 juillet 1302. Guillaume de
Nogaret lui succéda.
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Archevêque de Narbonne
Gilles Aiscelin
Le président de la grande commission ecclésiastique :
, éminence grise du Pape Clément V. Il s'est prononcé contre Philippe le Bel
dans l'affaire du procès à la mémoire de Boniface VIII. Philippe le Bel lui
pardonna cette incartade, sachant très bien que cet homme était corruptible
et malléable à souhait.
Durant le procès de l'Ordre et des Templiers, il ne s'est pas opposé alors
qu'il aurait du le faire à la condamnation au bûcher de 54 Frères du Temple.
Il était trop corrompu tout comme l'archevêque de Sens, "Philippe de
Marigny". Il n'avait en tête que l'évêché de Rouen promis par Philippe
le Bel pour bons et loyaux services rendu au Roi et à l'état.
Les procès-verbaux des pièces de ce concile ont disparu; (
"Nihil susperest". ) Ces pièces ne sont pas les seules qu'on ait
supprimées; cela n'a rien de surprenant. Toutefois, nous savons dès
maintenant que ce sont des chevaliers (milites) qui ont été condamnés au
bûcher, au concile de Pont-de-l'Arche (Rouen) ; que c'est le neveu du Pape et
l'évêque de Bayeux, Guillaume de Trie, qui les condamnèrent. Guillaume de
Trie, qui était en même temps membre de la grande commission d'enquête
présidée par l'archevêque de Narbonne ! Nous savons que cet archevêque (Gilles
Aiscelin) fut élevé à l'archevêché de Rouen, le 15 mai 1311, en remplacement
dudit Bernard de Farges, devenu impossible à son siége à cause de sa
jeunesse. Aiscelin se fit installer à Rouen le 4 calendes de septembre.
Un autre concile se réunit à Rouen à l'archevêché, pour
députer au concile général de Vienne; les actes de ce concile manquent aussi,
nous dit Guillaume Bessin. Il eût été curieux de connaître les termes de la
protestation dont parle Bessin; mais tout a été anéanti.
Quelle fut la main intéressée à supprimer tout cela ?
La lacération de ces feuilles sinistres prouve l'emploi de la violence
exercée sur, les Templiers de Pont-de-l'Arche. On a voulu faire disparaître
les noms des juges ecclésiastiques et ceux des victimes.
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Guillaume de Pari
Nous ne savons pas grand chose sur cet inquisiteur. Sauf
que Philippe lui donna plien pouvoir pour questionner les Templiers.
Lettre du 24 août 1307.
Le manifeste du Roi contient une phrase terrible : "Nous nous sommes
rendus aux prières et aux réquisitions de Guillaume de Paris, inquisiteur de
la foi; "nous lui avons promis le secours de notre bras;... nous
avons décidé que les Templiers seraient entendus, parce que s'il est parmi
eux des innocents, il faut qu'ils soient éprouvés comme l'or dans la
fournaise".
Il s'ensuivait qu'il fallait faire passer des aveux aux Templiers et par tous
les moyens qu'ils subissent la torture.
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