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1088 - Un moine bénédictin
français est élu sous le nom d'Urbain
II et succède au Bienheureux Victor III.
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1095 - Urbain
II en personne accorde, lors du concile de Clermont,
une indulgence plénière
à tous les croisés qui iront libérer le tombeau
de Jésus. Pierre l'Ermite la prêche et se fait assister par
des volontaires qui parcourent les villages d'Europe. En Allemagne près
du Mont Donnersberg, la plus haute montagne du Palatinat un chevalier-brigand
" Emich de Leiningen " entend parler
de cette croisade et y voit un moyen de piller ses concitoyens, en particulier
les riches juifs. Il prétend qu'il
reçoit les stigmates du Christ et qu'il possède une croix
miraculeusement imprimée dans sa chair !
Les juifs de Rhénanie sont les premières victimes. A
Mayence treize cent juifs sont
massacrés, malgré la résistance des
évêques, seigneurs des grandes villes, des milliers de juifs
sont massacrés, volés et
brûlés dans les grandes villes comme :
Speyer, Cologne, Trèves et Worms.
Pour les juifs une nouvelle ère de persécution commence et
déjà dans les quartiers autour des synagogues naissent " les
premiers Ghettos-juifs d'Europe", où
des dizaines de milliers de familles juives complètement ruinées
furent emprisonnées. D'ailleurs lorsque les hordes sauvages ne
trouvèrent pas assez de juifs à piller, elles attaquèrent
et rançonnèrent les villages chrétiens...
D'un sang froid et d'une audace inouïe, le fils du comte
De Leisingen, véritable chevalier
pillard, n'hésite pas à livrer bataille avec ses huit mille
partisans, au roi Coloman de Hongrie.
Son armée de brigands sera taillée en pièces avec une
terrible violence et lui-même ne devra son salut car l'excellente
rapidité de son cheval, pendant ce temps une autre troupe de brigands
commandée par un certain Volkmar
s'attaque à la communauté des
juifs de Prague (Bohême) et y cause
des ravages.
En France Pierre l'Ermite arrive à
rassembler environ 20 000 personnes
recrutées dans toutes les souches de la société : paysans
sans armes, femmes, enfants, aventuriers ou condamnés de droit commun
attirés par les effets de l'indulgence plénière, qui
promet la réhabilitation et le pardon civil en cas de retour. Après
bien des misères c'est une troupe amaigrie comparable aux vagabonds
qui arrivent en 1096 à Byzance où l'empereur les fait
immédiatement traverser en Turquie. Là, les attendent en embuscade
toute la cavalerie turque du sultan " Kilij Arslan
" les massacrera presque tous
devant Nicée.
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1096 - Quelques mois après ce
massacre la rumeur rebondit en Europe, puisqu'on ne peut pas punir les musulmans,
on intensifiera la lutte contre les juifs de l'Est
et du Nord.
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1096 - (Fin de l'année) départ
de la grande croisade des barons qui se donnent rendez-vous à Byzance.
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1096 - Le roi d'Allemagne et le roi de
France étant tous les deux frappés
d'excommunication (PHILIPPE 1er pour
avoir divorcé et remarié en 1092 Bertrade de Montfort ). La
croisade des barons et chevaliers européens est commandée par
Godefroi de Bouillon, Robert de Normandie, les deux
comtes Baudouins des Flandres et Raymond IV comte de Toulouse,
dont les petits-fils subiront dans un siècle la croisade
des gens du Nord sur leurs propres terres. C'est ce qu'on
appela la croisade des barons.
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1097 -
Nicée tombe le 29 juin en se rendant
à l'empereur de Byzance les drapeaux sont immédiatement
hissés sur les remparts et les croisés sont très
déçus de pas pouvoir piller la ville.
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1097 - Bataille
de Dorylée le 5 juillet, Kilij
Arslan et Ghazi sont écrasés, le sultan lui même
abandonna son camp avec toutes les richesses et son trésor personnel
qui le suivait partout. Du côté turc
les pertes sont énormes (certains historiens mentionneront
80 000 morts abandonnés sur le
champ de bataille) Puis l'armée franque entame une marche forcée
de quatre mois vers Antioche, assoiffée et accablée par un
soleil de plomb.
Arrivés le 20 Octobre devant
Antioche, ville immense dont le mur
d'enceinte fait plus de dix km de longs, entrecoupés d'environ 400
tours fortifiées et une citadelle surplombant de 200m les bas quartiers
de la ville. La ville aurait pu être prise d'assaut, mais dans ce cas,
elle aurait été remise entre les mains des alliés grecs.
Raymond IV de Toulouse, Adhémar de Monteil (évêque du
Puy et représentant du pape), de Godefroi de Bouillon et de Bohémond
de Tarente, préférèrent d'un commun accord entamer un
siège devant les remparts qui allait durer jusqu'au 3 juin 1098.
Siège pénible au cours duquel les croisés affrontèrent
la famine la soif, suivies de pluies torrentielles, le froid hivernal et
bien entendu le cortège de maladies et d'enterrements. Ce n'est que
grâce à la complicité d'un officier arménien
(Firûz) qui permit à un groupe d'escalader une tour durant la
nuit, que les portes de la ville furent ouvertes au gros de l'armée
franque qui s'engouffra dans la cité pour surprendre l'ennemi dans
son sommeil.
Heureusement pour les croisés, car le lendemain matin l'armée
syrienne de Kurbuqa était
également arrivée devant les remparts. D'assiégeants
les francs étaient devenus assiégés. L'atabek Kurbuqa
ne regrettera jamais assez d'avoir perdu trois semaines au siège d'Edesse,
alors qu'une demi-journée aurait suffit pour sauver Antioche
entièrement livrée au pillage des francs.
Cette ville aurait pu être rapidement délivrée du siège
turc, si Etienne comte de Blois n'avait affirmé à l'empereur
de Byzance que la ville était déjà tombée et
que tous les croisés étaient morts. La situation semblait
désespérée lorsqu'un moine
Pierre Barthélémy fit une
découverte douteuse mais qui redonna un moral d'acier aux troupes
: la découverte de la sainte
lance qui perça le
flanc de Jésus-Christ (malgré que la soi-disante
vraie lance se trouvait déjà
à Byzance !) le moine sorti de terre un morceau de fer rouillé
qui galvanisa les troupes. Les chefs qui souriaient entre eux s'emparèrent
de la relique et grâce à l'objet doué d'une force
surnaturelle, l'armée des francs sortit de la ville pour affronter
l'ennemi
Les turcs furent si surpris qu'ils firent preuve d'un manque total de
cohésion entre ses positions. Elles furent écrasées
par l'armée des croisés. Dévalisé, abandonné
et désespéré l'infortuné
atabek de Mossoul se replia dans sa ville
au grand galop.
Au fur et à mesure que l'armée chrétienne avançait
les chrétiens ( en majorité grecs ) des villes d'
Artah, Maresse, Chaysar... se
débarrassèrent des turcs et ouvrir grandes les portes aux
croisés.
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1098 - le 11 décembre après
quinze jours de résistance, les notables de la ville de
Maara (Ma'arat) voisine d'Antioche obtiennent
de Bohémond la vie sauve pour tous les habitants s'ils se rendent.
A l'aube environ quinze mille habitants furent tous égorgés
ou passés par le fil de l'épée, malgré la promesse
du nouveau Maître d'Antioche. Le chroniqueur franc Raoul de Caen affirma
: "les nôtres faisaient bouillir des païens adultes dans des marmites
et fixaient des enfants sur des broches
et les dévoraient grillés.
Ces faits furent confirmés dans une lettre officielle des chefs
adressée au pape depuis la Palestine : - " une terrible famine a mis
l'armée dans la cruelle nécessité de se nourrir des
cadavres de sarrasins et de chiens!..."
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1099 - le 13 janvier pendant que les
chefs croisés se disputent pour le partage des terres nouvelles, un
vent de fronde circule dans le bas de l'armée : les soldats affamés
ne sont pas venus pour conquérir la Syrie, mais pour délivrer
la Palestine. Alors ils détruisirent toutes les fortifications de
Maara, ville martyre des syriens et mirent le feu à la plupart des
maisons.
Lorsque les esprits furent calmés Godefroi de Bouillon et Robert de
Flandres décidèrent de rester près d'Antioche pour agrandir
leur royaume, tandis que le comte de Toulouse, Robert de Normandie et
Tancrède de Flandres continuèrent leur longue marche vers
Jérusalem en emmenant avec eux Barthélémy et sa sainte
lance.
Sur leur passage les émirs encore très impressionnés
par l'écrasante victoire de Dorylée et les abominations commises
dans Maara, proposèrent de payer un tribut en or comme un droit de
passage et offrir des guides pour faire avancer les croisés en les
poussant loin de leurs terres ! Arrivé devant
Arqua, la ville située au nord
de Beyrouth et à côté de Tripoli, Raymond fut ébloui
par les richesses de la cité et dédaignant les cadeaux que
lui offrait le gouverneur, il mit le siège à la ville.
Des espions lui ayant assuré que le calife de Bagdad était
en route avec une grande armée, Raymond paniqué fit venir d'urgence
Godefroi qui était entrain de mettre le siège à une
autre ville appartenant également aux émirs de Tripoli. Godefroi
étant accouru pour rien, se fâcha contre Raymond et accusa
Pierre Barthélémy d'être
un imposteur. Comme Barthélémy se défendait de toute
son ardeur le chapelain du comte de Normandie exigea l'épreuve du
feu qui devait prouver si sa lance était vraie.
Le malheureux moine s'élança avec sa lance au travers des fagots
allumés et rendit l'âme deux jours plus tard couverts d'atroces
brûlures.
Godefroi avait gagné la partie et le comte de Toulouse après
avoir accepté de l'or, des chevaux et des vivres du
cadi de Tripoli, leva le siège
et marcha en direction de Jérusalem.
Or en août 1198 pendant que les
croisés maintenaient le siège d'Antioche, les
fatimides du vizir égyptien al-Afdal
avaient reprit Jérusalem à l'émir Soqman,
lieutenant du sultan perse. Le vizir du Caire fit même une proposition
qui laisserait aux croisés tous les territoires conquis dans le nord,
mais laissait la Palestine à l'Egypte. Les barons s'offusquèrent
et rejetèrent hargneusement l'offre du vizir qui vexé les
considéra dès lors comme ses ennemis.
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1099 - Le 28 janvier l'armée de
Raymond arrive devant Hosn-el-Akrad,
où se trouve en haut d'un piton une vieille citadelle
désaffectée occupée par quelques paysans arabes qui
y ont trouvé refuge. Les paysans se sentant perdus devant l'assaut
des croisés imaginèrent un stratagème : ils ouvrirent
grandes la porte d'entrée en chassant leur bétail devant eux.
Dans le camp des croisés affamés ce fut la panique, tout le
monde abandonna l'assaut et se rua sur les animaux en fuite. Même les
gardes du comte de St Gilles délaissèrent sa tente pour avoir
leur part du butin.
Le lendemain lorsque l'armée rassasiée se représenta
devant les remparts, ils constatèrent que la forteresse était
vide et que les paysans avaient fuit pendant la nuit. Raymond en profita
pour occuper la place et en faire son quartier de commandement. Après
de lourds travaux, cette forteresse deviendra quarante ans plus tard " la
fameuse citadelle KRAC des templiers."
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1099 - le 7 juin les croisés arrivent
sous les remparts de Jérusalem où par crainte de trahison les
arabes égyptiens avaient déjà expulsé tous les
chrétiens de la ville. Pendant ce temps des navires gênois avaient
réussi à s'emparer du port de Jaffa.
Dès lors les prêtres et moines lavèrent les soldats dans
le Jourdain pour les purifier et organisèrent maintes processions
avec palmes, croix et chants liturgiques sous les quolibets et les rires
amusés des arabes. Mais leur joie ne durera guère...
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1099 - le 15 Juillet vers midi Godefroi
et son frère aîné le comte Eustache furent parmi les
premiers croisés à se hisser en haut des remparts pendant que
la muraille Nord était envahie à son tour. A toute vitesse
les défenseurs se replièrent vers le temple et
Iftikhar al-Dawla gouverneur de
Jérusalem, cerné par les
provençaux se rendit avec son entourage au comte de Toulouse qui en
toute loyauté respecta sa promesse de vie sauve, formulée avant
la prise des remparts. Toutes les autres promesses données par les
autres commandants ne furent pas respectées.
La ville sombra dans un sinistre carnage et ruissela de sang.
Pendant deux jours les croisés se livrèrent à
un des plus abominables massacre de
l'Histoire. Les portes furent enfoncées, les civils, hommes,
femmes, enfants, vieillards furent
exécutés sans distinction,
ni pitié. Toute la communauté juive fut enfermée dans
une synagogue où l'on mit le feu, il n'y eu aucun survivant. En deux
jours environ 60.000 personnes furent
exterminées, or il n'y avait dans la ville sainte que dix
pour cent de juifs!...
Rapport de Raimondo
d'Aquilérec concernant la prise de
Jérusalem
Des musulmans étaient décapités, d'autres tombaient
des remparts criblés de flèches, d'autres enfin
brûlaient dans les flammes ! A
travers les rues et les place publiques de la ville sainte on voyait des
amoncellements de pieds, de mains et de têtes coupées
imprégnées de sang coagulé...
Dans l'ancien temple de Salomon où les musulmans avaient l'habitude
de célébrer leur fêtes religieuses on avançait
avec du sang jusqu'à la hauteur des
genoux... Après la prise de la ville, il était beau
de voir devant le Saint Sépulcre, la dévotion des pèlerins
qui manifestaient leur joie en chantant au Dieu vainqueur et triomphant par
des chants inexprimables en paroles !
Le 12 août 1099, l'armée
égyptienne arriva enfin à Ascalon, le vizir qui croyait toujours
en possible collaboration avec les francs envoya un ambassadeur pour discuter
avec les nouveaux chefs de Jérusalem. Mais ceux-ci sachant que
l'armée égyptienne était à leur portée,
les croisés foncèrent sabre au clair sur le campement
égyptien installé devant Ascalon. Encore une fois la surprise
fut totale puisque même les éclaireurs n'eurent pas le temps
d'annoncer l'arrivée des cavaliers.
L'armée du grand Vizir sera
décimée avec ses 10 000 hommes
et comme des soldats égyptiens s'étaient
réfugiés dans la cité d'Ascalon, de nombreux civils
furent également massacrés avec les fuyards. En quelques mois
toutes les places fortifiées de Galilée se rendirent aux
croisés avec les ports du littoral méditerranéen.
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