• Nur al-Din était arrivé à imposer par la force à ses guerriers l'application de lois islamiques (comme la suppression de l'alcool) ne toléra les autres religions (juives, chrétienne, orthodoxe, ou même musulmane schiite) qu'à la condition que ceux qui résident dans ses Etats, respectent son autorité sans troubler l'ordre, la paix et la pratique de la religion musulmane sunnite.

    Lorsque Saladin prit le pouvoir c'est tout un ESPRIT NOUVEAU qui surgit dans l'armée et va se refléter même dans les actes de ses conseillers obéissants. Saladin considère tout homme ou toute femme et enfants comme des créatures du Dieu Souverain qui méritent aide, logement et droit de vivre. Par contre il hait la lâcheté, les brutalités, le parjure et la violence gratuite.

    Saladin a indiscutablement lu et relu le Coran qui apparaît pour lui, non comme un livre de justice terrestre, (mais comme l'esprit et la pensée du prophète Muhammad) c'est à dire : la voie royale qui mène à Dieu et au paradis par l'abnégation de soit, l'esprit d'humilité et de pauvreté. Enfin surtout par l'esprit de TOLERANCE vis à vis de ceux qui n'ont pas la même couleur de peau, le même niveau de vie ou la même religion; et qui également recherchent la PAIX et le respect de la vie.

    N'écartant pas les règles de l'honneur et de la parole donnée, sa sensibilité trouve ses racines dans l'émerveillement de la nature et le besoin de protéger tout ce qui lui parait faible et fragile. Grand, il reste humble, riche il vit comme si rien ne lui appartenait. Miséricordieux, il essaie de résoudre les problèmes des petites gens (mêmes étrangers) qui viennent solliciter son aide.

    Saladin aurait pu vivre dans le plaisir et la richesse, il refusa les somptueux palais comme celui du grand calife du Caire, et se contenta de vivre dans un entourage où disait' il rien ne lui appartenait, pas même le linceul de sa mort qu'un ami lui procura.

    Lorsqu'il reprit Jérusalem le 2 octobre 1187 il demanda à ses conseillers s'il pouvait être délié de son serment de prendre la ville par l'épée et surtout de sa promesse de tuer tous les prisonniers francs restés dans Jérusalem au moment de sa reddition,  en représailles des 3000 musulmans assassinés à Acre par Richard Coeur de Lion ?

    Ils nuancèrent leur réponse affirmative en insistant pour obtenir au moins une petite rançon par tête libérée. Elle fut fixée à dix dinars pour les hommes, cinq pour les femmes et un dinar par enfant. Le gouverneur Ballian de la ville insista pour négocier et ramener à 30 000 dinars la rançon de 7 000 hommes de modeste conditions ! Malgré la fureur des trésoriers, Saladin accepta. (nous verrons plus tard comment Saladin a libéré la ville des francs sans violences et sans meurtre...)

    Et Saladin laissa sortir 1 000, puis 700, puis tous les pauvres gratuitement et leur rendit la liberté. Quant aux veuves, malades et orphelins c'est lui qui leur donna à manger et leur fit des cadeaux au grand désespoir des trésoriers dont les caisses de l'Etat avec de telles méthodes étaient le plus souvent vides.

    Même le Patriarche sortira avec un chariot plein d'or et d'objets du culte, avec sa grande richesse personnelle en payant 10 dinars

    Saladin expliqua à ses hommes : On ne pourra pas nous accuser d'avoir trahi nos promesses, bien au contraire les chrétiens raconteront en tous lieux les bienfaits dont ils ont profités. Il se trompa, car ce Patriarche sera son pire diffamateur en Europe.

    Saladin est un peu comme l'étaient les vrais chevaliers du Moyen-Age qui ont promis d'utiliser leur épée pour défendre la justice, les pauvres, la veuve et l'orphelin partout où ils sont exploités et maltraités. Certes la plupart des chevaliers plaideront qu'ils n'ont fait qu'obéir aux ordres de leurs supérieurs, ce qui apparemment les dispense de leur serment et les oblige à faire des guerres où ils ont risqué leur vie sans y trouver d'intérêts personnels.

    Certains diront : oui mais Louis IX (canonisé ultérieurement) a également mené une vie de sainteté et de prières. Certes sans vouloir rien enlever à son mérite personnel, c'est plutôt son attitude de chef d'Etat qui laisse à désirer :

    • acharnement contre de prétendus hérétiques (vaudois et cathares) qui furent exterminés, le comté de Toulouse annexé à la couronne de France dans des conditions dignes de l'inquisition.

    • manque de coordination dans ses croisades, Louis n'accepta ni l'aide du pape, ni celles d'autres pays

    • malheureuse campagne d'Egypte imposée par les barons, sac de Damiette, massacre de Mansourah...

    • manque d'autorité et de diplomatie, lorsqu'on lui a proposé de régner sur l'Egypte,  et ses pays vassaux comme la Palestine, le Liban et la Syrie !

    • énorme rançon payée par le petit contribuable de France,

    • cession spontanée de territoires français aux anglais

    • et confiance abusive en son frère Charles d'Anjou qui en faisant valoir ses intérêts personnels en Sicile, entraîna son frère Louis IX dans une croisade contre les musulmans en Tunisie où l'armée fut décimée par la peste !

    Au fond peu de chrétiens ont réellement lu le CORAN, qui relate d'abord toute l'Histoire de la BIBLE : la Genèse, la vie des Patriarches, l'histoire de Joseph, Moïse, David, Jonas, Elie, ainsi que la vie de Marie, de Jésus et des apôtres...  De même peu de musulmans examinent objectivement la Bible et l'Evangile qui sont des livres complémentaires l'un de l'autre parce qu'ils nous montrent le seul chemin qui mène à Dieu quelque soit le nom de la religion.

    C'est bien ce même esprit que confirmera le rabbin Hillel Grand Maître religieux de Jérusalem (qui vécut sous le règne d'Hérode le Grand) Ce maître enseignait à ses jeunes élèves " les futurs docteurs de la LOI sacrée" que toute la Bible se résume en deux phrases

    " Observe les dix commandements de Dieu et
    ne fait pas aux autres ce que tu ne veux pas qu'on te fasse à TOI "

    Ce à quoi Jésus de Nazareth cinquante ans plus tard ajoutait : ces deux commandements résument la loi et l'enseignement des prophètes, mais il y ajouta cette promesse : " FAIS CELA et TU vivras " (éternellement)

    Autrement dit : peu importe l'étiquette que tu portes (juif, bouddhiste, musulman ou chrétiens de toutes appellations)  " Observe ces deux commandements et Dieu te donnera la vie éternelle. "