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Pères de l'Église

Nom donné par l'Église chrétienne aux écrivains compris entre le IIe et le VIIe siècle dont l'autorité doctrinale a été retenue par la tradition. L'Église a retenu quatre critères pour conférer le titre de Père de l'Église à un écrivain des premiers siècles: il faut qu'il ait vécu aux premiers temps de l'Église, qu'il ait mené une vie sainte, ses écrits doivent ne pas comporter d'erreur doctrinale et présenter une justification ou une explication remarquable de la doctrine chrétienne, et doivent avoir reçu l'approbation de l'Église.

Les Pères apostoliques ont été ou sont supposés avoir été en relation réelle avec des apôtres : Clément de Rome, Ignace d'Antioche, Papias. Les Pères apologistes, parmi lesquels Quadratus, Aristide d'Athènes et Justin, proposent une justification des mœurs chrétiennes et un exposé de la foi. Avec eux, la foi chrétienne parle la langue des Grecs cultivés, réfute le paganisme et le judaïsme (ainsi Justin dans l'Apologie et dans le Dialogue avec Tryphon), défend l'Église contre les attaques dont elle est l'objet. Avec Irénée de Lyon (IIe siècle) apparaît la réfutation des hérétiques. Tertullien (IIe siècle) et Cyprien (IIIe siècle) sont les premiers pères d'expression latine.

La pensée néo-platonicienne sous-tend les premières exégèses bibliques d'Origène et de Clément, puis d'Athanase et de Cyrille, à Alexandrie, au milieu du IIIe siècle. Parallèlement se développent d'autres écoles : celle des Cappadociens (dans l'actuelle Turquie) Basile, Grégoire de Nazianze et Grégoire de Nysse ; l'école d'Antioche, que suivent Cyrille de Jérusalem et Jean Chrysostome ; en Occident, Hilaire de Poitiers (315-367), Ambroise de Milan, qui est à l'origine de la conversion d'Augustin d'Hippone, et Jérôme (347-420). Au Ve siècle, les principaux problèmes sont formulés. Grégoire le Grand et Isidore de Séville sont les derniers Pères de l'Église.

Pensée non systématique, jaillissant au fil des situations — hérésies à combattre ou problèmes nouveaux —, enracinée dans les catégories de la philosophie grecque et notamment de la pensée platonicienne, la patristique prend sa source dans l'Écriture qu'elle commente, développe et explique. Ses principaux écrits concernent la personne du Christ et la question de sa nature divine et humaine, l'Esprit saint et la Trinité, la Vierge Marie. On trouve également dans la littérature patristique, outre des éléments sur la constitution de l'Église ancienne (notamment dans l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe de Césarée), des prescriptions concernant la consécration religieuse et la piété, une réflexion sur les sacrements. Plusieurs philosophes antiques, parmi lesquels certains présocratiques, nous sont connus par des fragments qu'en rapportent les Pères.

Véritable structure théorique et spirituelle de la tradition chrétienne, la tradition patristique a plus imprégné l'Église orthodoxe, notamment grecque, que l'Église catholique. Le protestantisme, quant à lui, reçoit l'enseignement des Pères, mais valorise surtout l'étude de la Bible. En milieu catholique, un renouveau des études patristiques a récemment rendu accès à ces textes, souvent superbes, mais encore ignorés par une grande partie des chrétiens. Il a notamment influencé l'aggiornamento (la « mise à jour ») effectué par le concile Vatican II dans les années 1960.

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