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Saint-Jacques-de-Compostelle

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Ville du nord-ouest de l'Espagne, capitale de la Communauté autonome de Galice, dans la province de La Corogne. La ville est le siège d'un évêché et l'une des principales métropoles religieuses d'Espagne. Les activités industrielles de la ville sont la fabrication des toiles de lin, les savonneries, l'industrie alimentaire et les articles religieux.

Saint-Jacques ne fut pas touchée par la conquête musulmane. La reconquête s'organisa autour de la Galice, des Asturies et de la Catalogne. Dès le début du IXe siècle, Saint-Jacques-de-Compostelle fut un haut-lieu de pèlerinage de l'Église catholique, l'un des plus importants d'Espagne : la légende voudrait que saint Jacques le Majeur, après sa mort à Jérusalem, y ait été déposé miraculeusement. Les restes de l'apôtre Jacques furent immédiatement l'objet de la vénération populaire et durant tout le Moyen Âge, le pèlerinage de Compostelle attira des foules de pèlerins venus à pied de toute l'Europe. La ville conserve de superbes édifices du Moyen Âge, dont l'un des plus beaux est la cathédrale romane, consacrée en 1128, qui renferme le tombeau et les reliques de saint Jacques. Elle abrite l'université de Saint-Jacques-de-Compostelle, l'une des plus vieilles d'Espagne, fondée en 1532. Population (1991) : 87 500 habitants

Basilique Saint-Jacques de Compostelle (Espagne), 1168.

Porche de la gloire - cliquez pour agrandirLa basilique Saint-Jacques de Compostelle (Galice, Espagne) a été construite à la fin du IXe siècle par le souverain Alphonse III le Grand (866-911). Une restructuration de l’édifice, exigée par le développement du pèlerinage à saint Jacques, fut entreprise en 1078 par le roi Alphonse VI et l’évêque de Compostelle, Diego Peláez. Soumis aux vicissitudes de la politique locale, le chantier subit deux interruptions en 1088 puis en 1124, directement liées aux personnalités des évêques de Compostelle. La construction de l’édifice fut entreprise à l’est, du côté du sanctuaire, avec l’intervention de Bernard le Vieux, et s’acheva avec la façade à l’ouest aux alentours de 1190 sous la direction de maître Mathieu, qui avait entrepris le chantier en 1168. Le plan adopté pour la nouvelle église était inspiré des constructions romanes du Sud de la France notamment Sainte-Foy de Conques et Saint-Sernin de Toulouse, dont il reprenait le principe de l’abside doté d’un déambulatoire à chapelles rayonnantes et celui de tribunes dans la nef, le transept et le chœur. Mais l’influence de l’architecture française sur la nouvelle basilique Saint-Jacques ne s’arrêtait pas à la structure, elle se dessine aussi à travers la sculpture monumentale qui orne l’édifice. Celle-ci fut fortement influencée par les écoles de Conques et de Saint-Sernin avec lesquelles de nombreux liens ont été établis, depuis les sculptures de la porte des Orfèvres réalisée sous l’épiscopat de Diego Gelmírez jusqu’au porche de la Gloire, œuvre de maître Mathieu.

Basilique - références chronologiques

Vers 44

Saint Jacques le Majeur est décapité à Jérusalem sur ordre du roi Hérode Agrippa Ier. Deux de ses disciples auraient rapporté son corps en Espagne, terre qu’il avait évangélisée, et l’auraient enterré à Ira Flavia, aujourd’hui Padron.

813

Découverte du tombeau de saint Jacques soit par l’ermite Pélage qui aurait été guidé par une étoile miraculeuse vers la sépulture du saint, soit, ce qui est plus probable, par l’évêque d’Ira Flavia, Théodomire. La sépulture de Théodomire a été retrouvée à proximité de la tombe de l’apôtre.

813-835

Construction de la première basilique par le roi Alphonse II le Chaste. Trois églises sont alors édifiées sur le site.

6 mai 899

Consécration d’une nouvelle basilique construite à l’initiative du roi Alphonse III qui souhaitait un édifice plus vaste et plus richement décoré.

997

Une attaque d’al-Mansour, maire du palais du calife-enfant de Cordoue, Hishâm, incendie Compostelle ; l’annexe méridionale de la basilique est détruite. L’église est aussitôt restaurée par le roi Bermude II.

Vers 1050

Début des travaux de la nouvelle église abbatiale de Sainte-Foy de Conques sous l’abbatiat d’Oldoric (1031-1065)

1060-1100

Construction de la basilique Saint-Sernin de Toulouse, consacrée le 24 mai 1096. Certains liens stylistiques unissent cet édifice à la nouvelle basilique de Compostelle, tant au niveau de l’architecture que de la sculpture.

1078

Début des travaux de la nouvelle basilique Saint-Jacques de Compostelle sous l’égide du roi Alphonse VI et de l’évêque Diego Peláez.

1088

Les travaux de la basilique sont fortement ralentis à la suite de l’arrestation de Diego Peláez soupçonné de conspirer contre Raymond de Bourgogne, comte de Galice.

Vers 1100

Ancien secrétaire du comte de Galice, Raymond de Bourgogne, Diego Gelmirez, qui avait assuré à deux reprises le remplacement de l’évêque, se voit confirmer à ce siège à la demande de Raymond de Bourgogne et du roi Alphonse VI.

1105

Le sanctuaire est presque achevé et l’évêque Diego Gelmirez fait réaliser un antependium (devant d’autel) et un ciboire en argent pour orner le maître-autel. La même année eut lieu la consécration des chapelles du déambulatoire et du transept.

Après 1112

Après cette date, l’ancien édifice, situé à la croisée du transept de la nouvelle basilique, fut démantelé.

1124

Le chantier subit une nouvelle interruption, laissant l’ouvrage amputé de deux travées de sa nef et donc de sa façade.

1139

Mort de Diego Gelmirez.

1168

En 1168 le chantier est repris par maître Mathieu, qui réalise les deux travées manquantes ainsi que la façade occidentale ornée du très beau porche de la Gloire dont il pose les linteaux en 1188.

1211

Ce n’est qu’en 1211 que l’ensemble de l’édifice recevra une dédicace alors que la basilique semble avoir été achevé aux alentours de 1090.

PUENTE LA REINA

C’est à cet endroit que se réunissaient les deux grandes routes du pèlerinage de Compostelle traversant les Pyrénées, l’une au col de Roncevaux, l’autre au Somport. La voie, désormais unique, franchissait alors le río Arga sur le pont médiéval dit « de la Reine », qui a donné son nom à la localité. À l’entrée de celle-ci, l’église du Crucifix faisait partie d’un hôpital de pèlerins. On y vénère un Christ de style germanique du XIVe siècle. L’église de Santiago a conservé un portail lobé de la fin du XIIe siècle.

Les chemins de Saint Jacques de Compostelle

Les chemins de Saint Jacques - cliquez pour agrandir au format 48x34cm

Document personnel

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