L'ÉMERGENCE DE L'ESPRIT

Essai de chronologie gnostique

Par P.Gohar

(augmenté, mis en forme et illustré par JCP, ce qui dégage donc l'auteur initial de toute responsabilité sur le devenir de son texte.

Je suis surtout responsable de la mise en forme, du rajout des liens et des images et aussi du chapitre "Les précurseurs" ainsi que de quelques autres rajouts tels "Fulcanelli" et "René Guénon")

Note : tous les termes vert clair  soulignés  sont des liens vers le glossaire ou vers des textes

Les précurseurs :

1er siècle              Le docétisme 

Hérésie des premiers siècles du christianisme, affirmant que Jésus-Christ n'aurait eu que l'apparence d'un corps. La doctrine prit plusieurs formes : certains adeptes niaient la nature humaine du Christ, alors que d'autres admettaient son incarnation mais non ses souffrances, prétendant qu'il avait persuadé l'un de ses disciples — probablement Judas ou Simon — de prendre sa place sur la croix ; d'autres encore lui attribuent un corps céleste incapable de connaître les souffrances humaines.

Cette négation de la réalité humaine du Christ dérive des présupposés du dualisme, une doctrine philosophique qui envisage la matière comme un simple support, un substance intérieure à l'esprit. S'inspirant de cette doctrine, les docétistes affirmaient que Dieu ne pouvait être associé à la matière. Ils refusaient par là l'interprétation littérale de l'Évangile selon saint Jean (I, 14) où il est dit que «la Parole se fit chair».

Bien que le Nouveau Testament contienne des allusions au docétisme, celui-ci ne connut sa pleine expansion qu'aux IIe  et IIIe siècles, lorsqu'il trouva un allié dans le gnosticisme. Il rencontra une forte opposition chez les premiers écrivains chrétiens, à commencer par Ignace d'Antioche et Irénée, dès le début du IIe siècle. Le docétisme fut officiellement condamné lors du concile de Chalcédoine, en 451.

                              Simon le magicien

                              Simon prétendait démontrer par les Écritures : le Dieu suprême est un dieu autre que celui qui a créé le ciel et la terre; il est inconnu et ineffable et il pourrait être appelé le Dieu des dieux. Irénée et Hippolyte font de lui le père du gnosticisme et le fondateur d’une secte gnostique; mais on peut se demander s’il s’agit du même personnage.

IIe - IIIe siècle       Basilide

     Basilide enseignait que le Dieu suprême est séparé du monde par une série dégradée d’intermédiaires; que, pour délivrer l’homme du Dieu des Juifs, il a envoyé son noûs  («esprit»), qui a habité en Jésus, mais n’a souffert qu’en apparence ; qu’en suivant Jésus l’homme sera délivré de la matière et pourra par la connaissance (gnose) s’élever jusqu’à Dieu. On trouve, en outre, chez Basilide (selon Hippolyte), l’idée d’un Dieu suprême, inconnu, étranger, un «qui n’est pas», conception qui est comme l’ébauche d’une théologie négative.

            Carpocrate et carpocratiens

          Le monde, selon les carpocratiens, est l’œuvre d’anges inférieurs au Père inengendré. Les hommes sont, dans ce monde, assujettis aux lois de ces créateurs et doivent remonter vers le Père. Jésus, le fils de Joseph, est pour ces gnostiques non pas un Sauveur, mais l’idéal de l’homme juste, qui a gardé vivant en lui le souvenir du Père inengendré et qui est remonté vers lui par le mépris des créateurs du monde et le dédain de leurs lois. Les carpocratiens mettaient ce Jésus aux côtés de Pythagore, de Platon et d’Aristote, dont ils honoraient les images. Les gnostiques sont de même appelés à remonter vers le Père et doivent, pour cela, marquer leur mépris pour les créateurs du monde en accomplissant tous les actes réprouvés par les lois injustes de ce monde. Il s’agissait dans leur esprit moins d’une incitation au libertinage que d’une véritable ascèse systématique visant à nier la puissance contraignante des lois. Cette exigence est telle que l’âme qui ne parvient pas à tout accomplir dans une seule vie devra se réincarner.

vers 140                Marcion (v. 85-v. 160)

             Marcion rejeta l'Ancien Testament et presque tout le Nouveau Testament, y compris la Nativité et la Résurrection, et se fonda entièrement sur les Épîtres de saint Paul et sur une version modifiée de l'Évangile selon saint Luc. Il croyait à l'éternité de la matière et adoptait une vision dualiste de Dieu : il affirmait l'existence de deux dieux, le Dieu de la Loi, le Créateur évoqué dans l'Ancien Testament, et le Dieu de l'Évangile, bon et infiniment supérieur, révélé par Jésus-Christ. Le marcionisme eut beaucoup d'adeptes en Occident jusqu'au IVe siècle ; il se fondit alors probablement dans le manichéisme, mais il subsista en Orient jusqu'au Moyen Âge. Il constitua une grande menace pour l'Église établie et fut par conséquent vigoureusement attaqué par des auteurs chrétiens tels que Justin, Irénée et Tertullien.

                               Valentin (mort en 160 env.)

              Théologien chrétien marqué par les doctrines platoniciennes, Valentin, d’origine égyptienne, vint d’Alexandrie à Rome vers 135. Il a composé des Lettres , des Homélies , un traité Sur les trois natures  et un Évangile de Vérité. Sa doctrine, très complexe et très riche, demeure un des meilleurs exemples d’explication théologique des débuts de la chrétienté. Dans son système, seule la gnose  (connaissance) permet à l’homme de se libérer et de remonter à la Monade primordiale d’où il est issu ; le Dieu suprême et le Démiurge ne sont pas confondus.

vers 170                 Les encratites

             Ils prônaient un rigorisme moral radical (interdiction du mariage, abstention de viande et de vin) fondé sur une condamnation de la matière et du corps considérés comme les œuvres d’un démiurge distinct du Dieu suprême.

140 - 220                Clément d'Alexandrie 

         Des trois ouvrages principaux de Clément, Le Protreptique  est destiné à «convertir», Le Pédagogue  à «former les mœurs», Les Stromates  à «enseigner la gnose», trois étapes indispensables à une éducation parfaite.

185 - 254                Origène et Evagre le Pontique

                On appelle origénisme le système théologique attribué à Origène dans certains conflits doctrinaux qui ont divisé l’Église grecque au IVe et au Ve siècle. Les thèses condamnées par différents conciles et par l’empereur Justinien se rapportent à la préexistence des âmes, à l’égalité originelle de tous les esprits, à leur chute due à la satiété de la contemplation, à la forme sphérique des corps ressuscités et au salut universel de tous les esprits, qui retrouveront à la fin des temps leur condition première.

216 – 277               Manès ou Mani

                  L’un des rares dualistes qui l’aient été consciemment et volontairement. Distinguer nettement deux principes était pour lui la condition du salut. Chez lui, les deux principes sont vraiment indépendants et coéternels. Cela ne signifie pas qu’ils soient divins l’un et l’autre; seul le bon est appelé Dieu. Le grand mythe manichéen décrit la séparation primitive des deux substances : la substance des âmes, qui est appelée Lumière, et la matière, qui est appelée Ténèbres; puis le mélange violent qui s’en est fait, les Ténèbres ayant attaqué la Lumière et en ayant englouti une partie ; puis la façon dont le monde a été organisé pour que les particules de Lumière puissent se dégager des Ténèbres et remonter à leur source. Ce processus doit se poursuivre jusqu’à ce que toute la Lumière soit rendue à son origine et que les principes soient de nouveau séparés.

Xe siècle               Bogomiles

                              Mouvement hérétique dualiste, né au Xe siècle en Bulgarie, qui s'étendit, au XIIe siècle dans les pays balkaniques puis dans l'Empire byzantin. La pensée bogomile, attribuée au prêtre Bogomil, dont le nom en bulgare signifie «l'ami de Dieu», est fondée sur un système manichéen, qui oppose la lumière et les ténèbres (le Bien et le Mal), et puise ses préceptes dans l'Évangile, n'acceptant dans l'Ancien Testament que les Psaumes et le Livre des Prophètes. Les bogomiles considéraient que la création, qu'ils jugeaient mauvaise, ne pouvait être que l'œuvre d'un Dieu obscur, à laquelle ne saurait participer le Dieu bon. Ils s'opposaient à l'Église officielle, pratiquaient un ascétisme très strict, refusaient les images (vénération de la croix, en particulier) et le temple, et rejetaient les trois sacrements (baptême, eucharistie, mariage).

11e siècle

Grandes personnalités et travail des Ecoles des Mystères

Essor du Catharisme en Languedoc, pure religion d'amour et christianisme authentique.

Le Catharisme, arrivé en Occident, sous sa forme pure, avec Marcos de Memphis, avant l'an 350; répandu par Priscillien d'Avila, dans toute l'Espagne, toute la Gaule, l'Angleterre, la Belgique, la Suisse, la Hollande, l'Allemagne, jusqu'en 382, date où il fut décapité à Trêves (Allemagne); répandu également par les grands disciples Elipand, archevêque de Tolède, et Félix, évêque de Urgel (Andorre et Sabarthez), qu'on retrouve sur les mêmes chemins de Priscillien (de 788 à 800) à Narbonne, à Ratisbonne, à Francfort, à Aix la Chapelle; propagé par Joachim de Flore et Nicétas; le catharisme était l'expression de l'hellénisme platonicien et johannique, se répandant sur le monde latin.

Les Cathares, encore appelés Bons Hommes ou Amis de Dieu étaient non seulement de la plus pure tradition évangélique, mais transmettaient le pur ésotérisme chrétien de l'Origine. Témoignage éperdu vers l'Idéal du retour au Père, leur christianisme était une Gnose, c'est à dire Connaissance et acte, et non un sacrifice. 

1071-1127   Guillaume de Poitiers, premier troubadour connu

1098-1179   Hildegarde de Bingen

Elle contribua à propager une vision messianique de la spiritualité. Elle s'opposa à l'extension du Catharisme.

Faits marquants

Expansion du Bogomilisme dans les Balkans

Le Bogomilisme ("Amis de Dieu") prit naissance au milieu du Xe siècle en Bulgarie, dans un climat de grande inquiétude spirituelle. Son idéal s'incarne dans une doctrine à la fois sociale et religieuse, se fondant exclusivement sur la pureté du Christianisme primitif. Des quatre Evangiles, comme tous les gnostiques chrétiens, ils préféraient celui de Jean qui loue Jésus non comme Homme-Dieu, mais en tant que Logos, Parole Divine. Plusieurs apocryphes, dont l'Evangile de Thomas, inspiraient leur courant de pensée.

Épanouissement de la chevalerie dans son expression la plus noble

Essor de l'art roman, multiplication des lieux de cultes. Le génie de l'art roman se distingue par la dualité qu'il exprime entre les représentations démoniaques et monstrueuses d'une part et d'autre part, la Gloire de Christ. Cette dualité traduit une vision gnostique de l'homme, à l'image du sphinx de l'Egypte antique, et par la contemplation de ces représentations symboliques, l'imagination s'éveille comme une faculté de connaissance de soi.

Début des grands pèlerinages: St Jacques de Compostelle - Rome - Jérusalem

1095   Première croisade - prise de Jérusalem en 1099, après la conquête d'Antioche, Tripoli et Edesse

Schisme de l'église d'orient et d'occident

 

12e siècle

Grandes personnalités et travail des Ecoles des Mystères

~1100   Triple Alliance de la Lumière en Occident: Graal - Cathares - Rose-Croix

Les templiersEn Occident, c'est la Triple Alliance de la Lumière - Graal, Cathares et Rose-Croix - qui sera la triple Église spirituelle au service de la Fraternité Universelle pour la libération des trois grandes classes d'êtres humains. Le Graal, avec un aspect extérieur fortement développé, s'impliquant même dans les divers rouages de la société - économie, agriculture, éducation, ... - de façon à pouvoir toucher les ignorants ou du moins à pouvoir les aider à dépasser leur problématique limitante, dans le but de les amener à l'état de chercheurs spirituels par la Formation de l'âme; le Catharisme s'adressant justement à ces chercheurs spirituels - classe intermédiaire sensible à l'idée du haut but de la vie - pour leur offrir une mystique supérieure ou Réformation de l'âme, prélude au sacerdoce de la Rose-Croix dont l'appel était adressé aux savants et sages de toutes nations - élites spirituels de l'humanité - , mystérieuse Rose-Croix, dont les ministres furent présents auprès de leurs frères Templiers et Cathares pour parachever l'immense travail de libération entrepris en ce tournant de l'histoire de l'humanité - Transformation des âmes. Formation - Réformation - Transformation, trois stades de l'initiation au sein de l'Église Cathare qui se déclinent en trois aspects du travail de sauvetage pour les trois grandes classes de porteurs de Microcosme.

~1100   Triple Alliance de la Lumière en Orient : Ismaéliens- Soufis- Frères de la Pureté

Au même moment en orient se manifestent trois courants de pensée qui portent au plus haut le témoignage de la gnose universelle: Ismaélien, Soufi, Frères de la Pureté (Ihwan-al-Safa). Ce témoignage a trois aspects fondamentaux.encyclopédie "Graal"

Avec les Ismaélien, il est chevalerie spirituelle. Ordre structuré au sein duquel le travail intérieur s'accomplit dans des commanderies dont l'histoire a gardé la mémoire (Alamût). Rappelons que nos chevaliers du Graal, Templiers d'occident, entretenaient d'étroites relations avec les initiés ismaéliens. Les Ismaéliens portaient des vêtements blancs, ornés d'une composition de bandes rouges. Les Templiers n'eurent qu'à changer la disposition de l'une d'elles pour en faire la croix distinctive. Leur initiation comportaient sept degrés. Initiation des chevaliers ou Art Royal de la reconstruction de la Gloire de l'Homme Originel.

Avec les congrégations Soufis, c'est l'expression d'une Mystique supérieure qui atteint son apothéose dans l'affirmation de l'Amour Universel comme fondement de la vie en Dieu. Voie de l'Amour qui résonne au cœur des Parfaits cathares, nobles spirituels d'occident. Religion Fondamentale des serviteurs de la Lumière.

Avec les Frères de la Pureté, c'est le témoignage d'une Pure Connaissance des mystères de l'Homme, du Monde et de la Vie qui surgit dans une œuvre considérable, première encyclopédie de tous les temps. Connaissance supérieure qui est la signature des frères de la Rose-Croix. Science Sacrée des initiés dont la conscience supérieure a bouleversé l'histoire des civilisations d'orient et d'occident. Il faut également rappeler que les Frères de la Pureté avaient un centre spirituel à Fez, étape longuement marquée par frère C.R.C. Par ailleurs leur rayonnement était actif jusqu'au cœur de l'Espagne, pays que les pas de frère C.R.C. ont également traversé.

Et en marge, mais également au centre de ces courants gnostiques, de magistrales figures de l'histoire spirituelle de l'humanité, tel Sohravardî, chevalier mystique dont l'œuvre magnifique rivalise de beauté avec la poésie des troubadours d'occident, fidèles d'amour et témoins vivants de la royauté de l'Esprit. Un des joyaux de la littérature gnostique irano-arabe du moyen-âge est le "Récit de l'Exil Occidental" de Sohravardî, conte initiatique qui permet au lecteur, par une nouvelle faculté d'imagination, de pénétrer dans le monde imaginal ou monde de l'Âme, encore appelé "pays du non-où" et que nous redécouvrirons à travers la littérature occidentale des siècles suivants sous la forme de la Cité Idéale, véritable Utopie au sens originel du terme.

 980 - 1030    Avicenne (Iran)

D'une érudition encyclopédique, englobant la grammaire, la géométrie, la physique, la médecine, le droit et la théologie, Avicenne avait dés l'âge de 18 ans fait le tour de toutes les connaissances accessibles. Il rédigea une encyclopédie de la médecine qui en Orient jusqu'à nos jours et en Occident pendant plusieurs siècles fut à la base des études médicales. Sa bibliographie compte 242 titres, dont le monumental "Livre du jugement impartial" composé de vingt huit mille questions en vingt volumes dont il ne reste que quelques fragments. De son œuvre magistrale émergent trois récits qui ont pour thème le voyage vers un orient mystique, pôle spirituel au cœur de l'univers comme au cœur de l'homme. Le premier de ces récits, le "Récit de Hayy ibn Yaqzân", transmet l'appel au voyage, dont les différentes étapes et obstacles sont exposés par un mystérieux sage, resplendissant de lumière. Le second récit, le "Récit de l'Oiseau", décrit ce voyage, cette quête de l'absolu pour parvenir à la "Cité du Roi", quête qui constitue également le fondement de l'œuvre magistrale de Sohravardî (Iran, 1155 - 1191) dans le "Récit de l'Exil Occidental". Le cycle de ces récits s'achève par l'ascension hors de ce monde, la mort mystique d'Absal, héros du "Récit de Salâmân et Absâl": "Ce que je veux, c'est être délivré de la dualité, c'est devenir Elle. Tant que dure la dualité, dure la distance, l'âme est marquée au fer de la séparation. Lorsque l'amant pénètre dans la retraite de l'Union, celle-ci ne peut contenir qu'Un seul."

 ~ 1100   Les Fidèles d'Amour

TroubadoursPour la première fois depuis les gnostiques des IIe et IIIe siècles, la dignité spirituelle de la femme était exaltée en Occident, à travers le courant de pensée des fidèles d'amour et l'amour courtois. Cette glorification de la femme, et l'amour spirituel qu'elle éveille par sa beauté, trouve son origine dans la poésie  arabe d'Espagne, plus particulièrement à travers les grandes oeuvres mystiques du courant de pensée Soufi. Soumis à la "discipline de l'arcane" et utilisant un langage spécial volontairement énigmatique, les fidèles d'amour considéraient que l'Amour était au cœur de l'initiation spirituelle. L'accomplissement dans et par l'Amour devait mener à l'immortalité - autre sens attribué par les Fidèles d'Amour à l'amour : A-mort. Rien de leurs rites initiatiques ou de leur organisation, dont les membres étaient dispersés en France, Italie et Belgique, n'est actuellement connu. Mais leur intention de transmettre par leurs œuvres une certaine tradition ésotérique dans le but d'éveiller le lecteur pour le projeter dans la conscience de son exil, est évidente.

1135   Joachim de Flore 

Cette date marque la naissance de Joachim de Flore, une des figures les plus connue et respectée du monde chrétien au XIIe siècle. de Flore affirma que l'histoire de l'humanité est caractérisée par trois époques. La première est celle de l'Ancien testament où la crainte de l'autorité de la Loi domine. La seconde est celle du Nouveau Testament, âge de la Loi intérieure vivifiée par une Eglise sanctifiée par la grâce. J. de Flore prophétisa que cette seconde période devait s'achever en 1260, aube du troisième âge. Cette troisième période est dominée par le règne de l'Esprit-Saint. Il affirma que la perfection chrétienne est dans l'avenir, et que dans cette perfection l'humanité connaîtra une époque de béatitude et de liberté spirituelle. Bien entendu, aucune théologie ne pouvait accepter une telle idée. Joachim de Flore attendait une véritable réforme de l'église, fondée sur une religion universelle, et il proclama que l'autorité de l'église catholique approchait de sa fin et que bientôt (1280) apparaîtrait la nouvelle Eglise Spirituelle, celle du Saint-Esprit.

 1155 - 1240   Esclarmonde de Foix

Une des plus grandes figures de l'Occitanie médiévale, première prêtresse de l'Eglise Cathare. A douze ans, elle témoignait déjà d'une extraordinaire orientation spirituelle. Devenu "Parfaite" vers 1205, son œuvre sociale et spirituelle fut considérable. Sous son impulsion de nombreux hôpitaux, foyers et écoles ouvertes à tous où un enseignement nouveau, dans la Lumière de l'Esprit, était proposé, furent ouverts.

 1170 - 1220   Wolfram von Eschenbach

Cette intention d'éveiller le chercheur transparaît aussi à travers le thème du Graal. Le Parzifal de Wolfram von Eschenbach présente un caractère hermétiste marqué. Cette influence correspond à l'apparition de traduction d'ouvrages arabes traitant de l'hermétisme, à la même époque en Occident. Il faut en outre signaler la forte ressemblance entre le Graal et la Lumière de Gloire de l'ancienne Gnose iranienne, de même que les similarités entre la légende du Roi Arthur et le fabuleux Roi Kay Khosraw sont nombreuses. L'œuvre de Wolfram von Eschenbach constitue une nouvelle synthèse spirituelle de différentes traditions gnostiques : hermétiste, iranienne, chrétienne, celtique. A travers elle, transparaît la lumineuse trame de toute les traditions spirituelles de l'humanité, dont chacun des éléments suivants constituent un fil d'or: l'Appel - la Quête et le Retour. Et au cœur de ce triangle de feu, l'enjeu du combat des forces de la Lumière contre les forces des Ténèbres : l'Exilé.

 1182 - 1226   François d'Assise

Fondateur de l'Ordre religieux des "Franciscains".

Faits marquants

 1135   Début de l'astrologie occidentale 

 1144   Début de l'alchimie occidentale

 1119   Création de l'ordre du Temple

 1145   Bernard Sylvestre fait paraître: De Mundi Universitate Sire Megacosmus et Microcosmus ou l'organisation du monde selon les thèmes pythagoriciens et platoniciens.

 1164   Proclamation de la Grande Résurrection d'Alamût, château-temple des hauts plateaux iraniens

 1167   Concile cathare de Saint Félix de Caraman qui structure et organise l'expansion de l'Eglise du pur Amour en Occident.

 Début de l'art gothique

 

13e siècle

Grandes personnalités et travail des Écoles des Mystères

 1214 - 1294   Roger Bacon

 1233 - 1315   Raymond Lulle

Cabaliste, alchimiste, astrologue et médecin, Ramon Amat Llul fut appelé "Le Docteur Illuminé". Sa place dans la spiritualité du moyen-âge est extrêmement importante et sa pensée manifeste de si hautes expériences que la pauvreté du langage humain ne peut les restituer. "L'Amour illumina le nuage qui était entre l'Ami et l'Aimé et le fit ainsi lumineux et resplendissant comme la lune dans la nuit ... le soleil dans le jour ... Et dans ce nuage resplendissant, l'Ami et l'Aimé se parlaient." R. Lulle évoquera pour la première fois le concept de "Grand Architecte de l'Univers" pour désigner Dieu. Son œuvre inspirera trois siècles plus tard, celui que l'on nommera "Le Phénix de la Renaissance", Giordano Bruno.

 1265 - 1321   Dante

Né à Florence, Dante étudia à fond la plupart des sciences de son temps. Après avoir joué un rôle politique important, il fut exilé et mena ensuite une vie de proscrit en Italie et quelque temps à Paris. Son œuvre majeure, La Divine Comédie, est un puissant appel à la prise de conscience des mystères de la vie et de mort. Cette révélation des mystères doit amener l'homme à une réformation puis une transformation, en terrorisant et en fascinant le lecteur avec les visions de l'Enfer et du Paradis. Bien qu'il ne fût pas le seul, Dante illustre d'une manière exceptionnelle la conception traditionnelle selon laquelle l'art, la poésie surtout, est un moyen privilégié non seulement pour communiquer une métaphysique ou une théologie, mais également pour réveiller et mener l'exilé par la quête de l'Âme Vivante (incarnée par Béatrice dans la Divine Comédie) sur le chemin de retour à l'état Originel.

"Ici s'ouvre la Rose en qui de Dieu le Verbe

Se fit chair : ici sont tous réunis en gerbe

Les lys dont le parfum montre le bon chemin." (La Divine Comédie)

Faits marquants

 1250   Traduction latine de la Table d'Émeraude, texte attribué à Hermès Trismégiste, figure fondatrice de l'Hermétisme.

 1236   Le Roman de la Rose

Ouvrage majeur de la littérature française médiévale qui contribua à propager une haute idée de l'Amour Courtois.

 1202 - 1204   Quatrième croisade en Terre Sainte proclamée par Innocent III. Au lieu de se diriger vers la Terre Sainte, les croisés marchent sur Constantinople et massacrent une partie de la population avant de piller la ville. L'Islam fut alors dressé contre tous les chrétiens. De nombreuses églises qui avaient survécu à six siècles de domination musulmane furent alors détruites.

 1208   Croisade contre les Albigeois

 1211   Condamnation des Bogomiles en BulgarieQuelques belles photos de Montségur

 1225   Inquisition (officiellement l'inquisition fut abolie par Napoléon)

 1244   Chute de Montségur, en Occident.

1254   Chute d'Alamût, en Orient, devant l'invasion mongole

  

14ème siècle

Grandes personnalités et travail des Écoles des Mystères

 1346 - 1386   Le cercle des Amis de Dieu de l'Île Verte à Strasbourg, considérés comme les précurseurs des Rose-Croix (Maître Eckart, Rulman Merswin, ami de Tauler, et son guide: le mystérieux Von Oberland - celui qui est du "haut pays", Tauler, Ruysbroeck, Suso). L'Île Verte à Strasbourg fut un haut lieu spirituel des chevaliers johannites où se développa une forme de spiritualité caractérisée par le nom de ceux qui en sont le centre: les Amis de Dieu.

 1260 - 1327   Maître Eckart

Un des plus grands mystiques chrétiens d'occident.

"Si tu pouvais t'anéantir toi-même, ne fut-ce qu'un instant, alors tout t'appartiendrait en propre qui réside dans ce mystère incréé du dedans de toi-même". Se libérer des liens de l'ego, sortir de l'ancienne vie pour entrer dans l'amour de Dieu, telle est l'essence de toute la spiritualité de Maître Eckhart. Par la naissance du Fils dans l'âme, l'homme devient enfant de Dieu. Car la déité habite dans la profondeur de l'âme et ce n'est que lorsque l'homme redevient un Temple vide, conscient de sa pauvreté en Esprit, que Dieu peut y faire sa demeure. S'affranchissant de toute compromission avec une démarche philosophique spéculative, la spiritualité de Maître Eckhart place l'homme en face de son dénuement spirituel pour l'inciter à mener une quête intérieure qui doit culminer dans la renaissance de l'Âme Vivante Originelle.

 1300 - 1361   Tauler, alchimiste et disciple de Maître Eckart.

Selon Tauler, seule la claire prise de conscience du dénuement spirituel peut et doit mener l'homme vers l'état supérieur de sa condition humaine, état véritablement spirituel et dernier aspect d'une triple structure de l'humanité, dont les deux premiers aspects sont l'homme animal et l'homme raisonnable.

 1295 - 1366   Suso

 1300 - 1391   Ruysbroeck

La mystique de Ruysbroeck est fondée sur l'infinie richesse des mouvements de l'Âme Vivante. Ce mouvement est liberté dans la Lumière de l'Esprit qui illumine le cœur, la tête et les mains dans une même unité. S'inscrivant dans la tradition spirituelle de Maître Eckhart, Ruysbroeck considère que toute recherche spirituelle doit commencer par le renoncement authentique, prélude indispensable à l'union sublime de l'Âme et de l'Esprit.

 1307   Dante : la Divine Comédie.

 1330 - 1418   Nicolas Flamel

Écrivain français qui fut l'un des plus éminents alchimistes. La légende veut qu'il ait découvert la "Pierre Philosophale". Ses "Livres des figures hiéroglyphiques" sont très célèbres.

Faits marquants

 1314   Montée sur le bûcher du dernier grand maître de l'ordre du Temple, Jacques de Molay, après l'arrestation massive des templiers en France sur ordre du roi.

 1321   Arrestation du dernier Cathare, Belibaste

  

15e siècle

Grandes personnalités et travail des Écoles des Mystères

 1401 - 1464   Nicolas de Cues.

Juriste allemand qui entra dans l'Église, au sein de laquelle il exerça la fonction de cardinal.

A la jonction du Moyen-âge et de la Renaissance, Nicolas de Cues introduisit une nouvelle vision des rapports de l'homme et du cosmos. Dans l'un de ses nombreux ouvrages, il replace de nouveau l'homme face à l'antique idée que "tout est en tout" et que "Dieu est en toutes choses, comme les choses sont en lui". Influencé par le courant de pensée platonicien, Nicolas de Cues réaffirme une vision de l'homme véritablement vivant comme totalité à l'image du créateur. Cette perfection de l'Homme originel, "ultime union" de l'Âme et de l'Esprit, constitue le fondement d'une "communauté invisible", "Eglise cachée" composée de tous ceux qui ont parcouru le chemin de retour à la Vie véritable. Ainsi, deux siècles avant les Manifestes de la Rose-Croix, N. de Cues, va faire de nouveau surgir la notion d'homme en tant que résumé de la Création, la notion d'homme microcosme: "Or c'est précisément la nature humaine, élevée au-dessus de toutes les œuvres divines et à peine inférieure à celle des anges, qui embrassant en elle les natures intellectuelles et sensibles, et résumant l'univers entier en soi, a été appelée avec raison par les Anciens, microcosme ou monde en miniature" (De la Docte Ignorance).

 1433 - 1499   Marsile Ficin

Philosophe, médecin astrologue, kabbaliste, chanoine de la cathédrale de Florence, M. Ficin constitua autour de lui un cénacle d'artistes et d'érudits: "Les Fidèles d'Amour". Vers 1460, sous l'impulsion de Cosme de Médicis, il prend la direction de l'Académie Platonicienne de Florence. Avant même l'achèvement des traductions de Platon, Cosme de Médicis lui demande de traduire en latin le" Corpus Hermeticum" d'Hermès Trismégiste. Ainsi, pour la première fois, la pensée philosophique classique d'origine égyptienne et grecque pénètre la culture européenne. En 1471, il traduit Platon, Plotin, Jamblique, Porphyre, Proclus; en 1482, il écrit "Théologie Platonicienne" et en 1496, "De la Triple Vie". De Florence, M. Ficin donne l'élan à un nouveau courant de pensée hermétique chrétienne qui intègre Platon, Plotin, Hermès, la théologie chrétienne, la magie et la kabbale, et où Pic de la Mirandole, membre de l'Académie Platonicienne fait la liaison avec la tradition mystique juive. L'immense œuvre de Ficin nous révèle à quelle source spirituelle il puisa toute sa vie, incitant à appliquer sa philosophie comme un comportement de vie: "Vous devez savoir que l'homme véritable ne fait qu'un avec l'Idée de la création de l'homme. C'est pourquoi aucun de nous sur terre, séparé de la création de Dieu, n'est un homme véritable, parce qu'il est séparé de l'Idée et de la Forme. L'Amour divin nous y ramènera à condition d'observer un comportement pur" (De l'Amour).

 1463 - 1494   Comte Jean Pic de la Mirandole

Comte italien, humaniste et grand érudit, il s'intéressa aux langues sémitiques tels l'hébreu, l'araméen et l'arabe, ce qui lui permit d'accéder directement aux sources (le Zohar, le Bahir, le Talmud), devenant ainsi l'un des plus illustres kabbalistes chrétiens de son temps.

A la suite de la condamnation d'hérésie d'une partie de son œuvre par l'Eglise, il se réfugia à Florence où il sera accueilli à l'Académie Platonicienne de Ficin. Croyant en une véritable théosophie universelle dominée par les grandes figures de Zoroastre, Moïse, Hermès, Orphée, Pythagore et Platon, Pic de la Mirandole aspira à une religion primordiale et universelle et il s'investit dans la recherche des sources anciennes d'origine Égyptienne, Perse et Grecque pour y retrouver la révélation des mystères primordiaux. En 1486, il fait paraître "Conclusions" et en 1496 "De l'être et de l'Un" et "De la dignité de l'homme". Il fut condamné en 1487.

 1478 - 1535   Thomas More

Juriste et homme d'état anglais. Chancelier du royaume d'Angleterre en 1519. Mais catholique et opposé au divorce du roi Henri VIII, il démissionna puis fut arrêté et exécuté pour haute trahison en 1535. Ami d'Érasme, ayant une connaissance approfondie des Anciens et surtout de Platon, son œuvre majeure "Utopie" décrit une terre inconnue dans laquelle est réalisée l'organisation idéale de l'Etat.

 1493 - 1541   Paracelse

Médecin, professeur, théologien et alchimiste suisse. Sa thérapeutique se fonde sur la correspondance entre le macrocosme et les différentes parties du corps humain (le microcosme). Il écrivit de très nombreux ouvrages qui témoignent d'une sagesse qui s'inspire du grand courant de pensée gnostique: "Philosophia Sagax", "Pansophia", ... Paracelse appartenait par l'Esprit à l'Ordre de la Rose-Croix. Son unique souci n'était pas seulement de guérir l'homme, mais surtout l'unification de l'âme humaine avec Dieu. Il attira autour de lui un cercle de chercheurs spirituels avec lesquels il s'entretenait uniquement de la vraie religion, la religion de l'homme intérieur. "Si nous possédions toutes les arcanes et tous les élixirs du grand et petit monde, mais non pas Vous, O Seigneur, tout cela ne serait de rien! Par Vous, en Vous et avec Vous, est la Vie éternelle et la Lumière. Dans nos corps, après la grande Mort dans laquelle ils seront progressivement renouvelés par le Feu Divin, cette Lumière jaillira en un rayonnant éclat, alors elle éclairera et illuminera."

Faits marquants

 1453   Chute de Constantinople - fin du moyen-âge.

 1455   Apparition de l'imprimerie.

 Une nouvelle vision du monde, de l'homme et de la vie s'exprime dans l'art. Ce renouvellement est illustré, par exemple, par les œuvres de Léonard de Vinci (1452 - 1619) - peintre, architecte, ingénieur, alchimiste -, de Botticelli qui fit apparaître l'ésotérisme néoplatonicien à travers son art, ou encore de Michel Ange ( 1475 - 1564), considéré par ses pairs comme un surhomme par la grandeur de son génie.

 1469 - 1536   Didier Érasme

Né à Rotterdam, il est ordonné prêtre en 1488. Thomas More exercera sur lui une profonde influence. Il dénonça les abus et la corruption de l'Église et insistât sur l'urgence d'une réforme radicale du christianisme occidental en se prononçant contre les Indulgences, l'indignité des prêtres, l'immoralité des évêques et des cardinaux et l'imposture des moines, l'obscurantisme des théologiens. Son idéal était la paix et il exécrait la guerre, la violence verbale et l'intolérance religieuse. Lorsque les thèses de Luther furent déclarées hérétiques, Érasme suggéra qu'une erreur n'est pas nécessairement une hérésie. Pressé d'intervenir par le roi Henri VIII et Adrien VI pour critiquer les thèses de Luther, malgré l'appel à la neutralité que lui avait lancé ce dernier, il s'exécute sans ferveur dans le "De Libero Arbitrio" où il réfute la thèse de l'illusion du libre-arbitre que propose Luther par l'évocation du fondement même de la responsabilité humaine qui est la liberté de choix entre le bien et le mal.

 1473  Copernic - réintroduit une vision héliocentrique du monde.

 1481  Début de l'inquisition en Espagne.

 1492  Découverte de l'Amérique par Christophe Colomb.

 

16e siècle

 Ce siècle qui précéda l'intensification de la chasse aux sorcières compte parmi les plus créateurs de l'histoire religieuse et culturelle de l'Europe. Cette époque qui dure approximativement de Marsile Ficin (1433 - 1499) à Giordano Bruno (1548 - 1600) est caractérisée par une série de découvertes culturelles, scientifiques, technologiques et géographiques, qui sans exception reçurent toutes une signification religieuse. La résurgence du néo-platonisme au cœur du courant de pensée des humanistes italiens, la nouvelle alchimie et la médecine alchimique de Paracelse, l'héliocentrisme de Copernic et de Giordano Bruno, toutes ces grandes découvertes ou redécouvertes ont eu d'abord une fonction religieuse. Et de même une découverte aussi technologique que l'imprimerie a joué un rôle essentiel dans la propagation des idées religieuses et notamment du triomphe de la Réforme. C'est grâce au livre que Luther a pu transmettre son message d'un bout à l'autre de l'Europe. La découverte de l'Amérique par Christophe Colomb se situe également dans ce cadre théologique. Pour la navigateur, il s'agit avant tout de la découverte d'un nouveau monde, au sens biblique du terme: "C'est moi que Dieu avait choisi pour son messager, me montrant de quel côté se trouvait le nouveau ciel et la terre nouvelle dont le Seigneur avait parlé par la bouche de Saint Jean, dans son Apocalypse, et dont Isaïe avait fait mention auparavant".

Ainsi donc au XVIe siècle, l'Humanisme, la Réforme, la Renaissance furent les principaux courants qui traduisirent la réaction de l'Occident à la nouvelle impulsion spirituelle. Le renouvellement de l'art, de la science et de la religion en constitua le centre de gravité.

Grandes personnalités et travail des Ecoles des Mystères

 1506 - 1576    Jérôme Cardan (Geralomo Cardano)

Médecin, mathématicien, philosophe, physicien et astrologue italien.

C'est au XVIe siècle que l'idée du rapport entre microcosme et macrocosme en Occident: de Paracelse à Giordano Bruno, de Cardan à Campanella, elle inspire la littérature, la philosophie, la science et l'art. Cette science sacrée de l'équilibre entre macrocosme et microcosme est un des ferments de l'œuvre de Cardan qui, avant Pascal, nia l'existence du vide et tenta d'établir des relations entre les phénomènes du monde sensible et les planètes du système solaire. Cette vision astrologique constitua également le fondement de ses théories médicales; il fut également le précurseur de la musicothérapie. Tel l'alchimiste qui extrait l'essence de la substance grossière, Cardan, qui publia de nombreux ouvrages, détruisit plusieurs de ses manuscrits, après en avoir retiré ce qu'il estimait d'essentiel (De Artis magna (1545), De Subtilitate (1547), De Varietate Rerum (1557), De Natura (posthume).

 1533 - 1588   Valentin Weigel

Pasteur luthérien, ayant exercé une grande influence sur Jacob Boehme, V. Weigel proposa une nouvelle vision de l'homme comme fondement indispensable à la véritable connaissance. "L'homme est un monde en lui-même. C'est pourquoi il est appelé "microcosme". Si je voulais décrire pleinement le microcosme, donc l'homme, je devrais alors posséder une connaissance complète de toutes les créatures du monde entier. Car tout ce qui existe dans le ciel et sur terre se trouve aussi en l'homme".

 1548- 1600    Giordano Bruno

Philosophe et hermétiste italien, placé pendant une période de sa vie sous la protection du roi de France, ce moine dominicain entre rapidement en conflit avec son Eglise. Trois fois excommunié pour hérésie par les catholiques, les calvinistes et les luthériens, G. Bruno a pourtant toujours opté pour une position religieuse tolérante et pour un dialogue ouvert entre philosophes et théologiens. Il écrira de nombreux opuscules inspirés d'Hermes, de Pythagore, de l'Alchimie (Raymond Lulle), de la Kabbale, ainsi que de la pensée de Nicolas de Cues (XVe siècle). Son œuvre développe la thèse de l'infinitude de l'univers, de la multiplicité des mondes, de l'immanence et de la transcendance de Dieu, remettant ainsi en cause le géocentrisme ptoléméen et la cosmogonie d'Aristote que l'Eglise avait faite sienne et ouvrant ainsi la voie à Kepler, Newton, voire à toute la science moderne. Cela ne lui fut pas pardonné. Livré à l'inquisition il sera brûlé publiquement après huit années d'emprisonnement. "Ce n'est pas la terre mais le soleil qui est au centre du système solaire! Le soleil est la fenêtre ouverte sur la Lumière de l'infini. Et le cœur de l'homme contient le principe solaire qu'il faut de nouveau relier au Soleil des Soleils".

 1568 -1639   Tomaso Campanella

Dominicain, penseur et écrivain italien, T. Campanella aspira à une société véritablement libre et égalitaire, ce qui le poussa à prêcher l'insurrection des hommes contre le joug féodal et à réclamer le partage des terres. Arrêté en 1599, emprisonné par l'inquisition dans les prisons du Saint-Office romain, où se trouvait déjà Giordano Bruno, il y resta vingt-sept ans et y commença la rédaction de son œuvre majeure: "La Cité du Soleil", écrit visionnaire d'une société idéale, champ de vie de l'Esprit où l'Âme nouvelle peut librement croître jusqu'à l'accomplissement de l'Âme-Esprit.

 1511 - 1553    Michel Servet

Médecin et théologien espagnol. Il voulut revenir à une foi primitive, au-delà des inventions métaphysiques. Opposé à Calvin, ce dernier contribua à le faire condamner au bûcher.

 1571-1630   Kepler

Astronome allemand et théologien. Persécuté par l'Eglise, il se réfugia à Prague et devint astronome de l'empereur Rodolphe II. Comme Pythagore, Képler pensait que les principes de la géométrie préexistent à la création de l'univers, et que chaque astre émet un son, le tout produisant une musique ineffable.

 Cercle de Tübingen  :

1558 - 1614   Tobias Hess 

1577 - 1638   Christophe Besold

1586 - 1654   Johann Valentin Andreae

1483 - 1546   Luther  

Né à Eisleben en Saxe. Ordonné prêtre en 1507, il enseigne la philosophie morale aux Universités de Wittenberg et Erfurt. En 1510, à l'occasion d'un voyage à Rome, il est consterné par la décadence de l'Eglise. Sa doctrine théologique est fondée sur la justification par la foi qu'il médite dans l'"Épître aux Romains" de Paul, le "plus important document du Nouveau Testament" selon lui. Selon cette thèse, l'homme est dans l'impossibilité d'être justifié par ses propres œuvres, mais uniquement par la foi dans le Christ. Luther contesta la primauté papale en soutenant que le pape, lui aussi, devait se soumettre à l'autorité de la Bible. Sommé de se rétracter sous peine d'être excommunié, Luther répond en publiant quatre livres, parmi les plus importants de toute son œuvre. Il rejette la suprématie du Pape sur les conciles, la distinction entre clercs et laïcs et le monopole du clergé dans l'étude de l'Écriture; il rappelle que grâce à leur baptême, tous les chrétiens sont prêtres, exprimant ainsi ouvertement une opinion partagée par nombre de hauts prélats allemands, l'aristocratie et la bourgeoisie. Sa doctrine donna naissance à un mouvement évangélique: l'Église Luthérienne. Au 17e siècle, Tobias Hess, l'un des auteurs des Manifestes de la Rose-Croix, situa le commencement de la Réformation Spirituelle à partir de cette date.

 1574 - 1637   R. Fludd

Alchimiste et philosophe rosicrucien. Sa connaissance de la spiritualité et de l'ésotérisme est exceptionnelle. Ayant lu les oeuvres des grands alchimistes, depuis Roger Bacon jusqu'à Paracelse, il étudie la Kabbale, connaît bien les textes du Corpus Hermeticum, fait de nombreux emprunts aux Oracles Chaldéens qu'il attribue à Zoroastre, cite les théosophes néo-platoniciens de l'École d'Alexandrie et leur précurseur, PlatonHéraclite, Empédocle, Pythagore, Plotin, Jamblique, jouent un rôle important dans la pensée de R. Fludd. Il connaît également les écrits de Ficin, Pic de la Mirandole et Kepler avec lequel il entretient une correspondance. Certaines théories des gnoses anciennes et notamment manichéenne ont eu également une influence sur l'œuvre de cette grande figure du XVIe siècle. "Il résulte de tout cela que la Vérité est gardée par une élite, que cette Vérité sera révélée avant la révolution cyclique du monde. Qu'est ce que le lever du Soleil, sinon l'ancien des jours, sinon l'apparition totale dans le monde du vrai principe du Verbe et de la Lumière, que le monde ne connaissait pas, que les ténèbres ne comprenaient pas, c'est à dire Jésus-Christ dans la gloire de son avènement, c'est à dire l'étoile radieuse et matutinale?". "Le sanctuaire des Rose-Croix, la "Maison du Saint-Esprit" est situé à l'extrémité du monde, au sommet d'une montagne élevée, entourée de nuages. Les Rose-Croix possèdent le Trésor céleste auprès duquel l'or des faux alchimistes n'est rien. Ils constituent l'Église cachée des Élus, chargée de montrer aux autres hommes le Chemin de la délivrance. Ce sont ces Immortels qui seront les prêtres et les dirigeants de la Nouvelle Jérusalem".

 1575 - 1624   Jacob Boehme, mystique et visionnaire

Simple cordonnier cheminant solitairement en Dieu, sa vie est constellée d'expériences mystiques culminant dans une perception visionnaire. Après sa mort, sa sépulture témoigna au-delà de son œuvre de son appartenance en tant que "pierre vivante" à la communauté de la Rose-Croix éternelle, bien qu'il n'ait été membre direct d'aucun ordre ou fraternité: Né de Dieu  - Mort en Jésus - Scellé par l'Esprit Saint. Après la rédaction du manuscrit de l'"Aurore Naissante", Jacob Boehme le mit en lieu sûr, ne tenant pas à le faire publier. Mais une copie tomba entre les mains de Gregor Richter, gardien du bon droit luthérien, qui le fit emprisonner quelque temps et interdire toute publication. Dans une immense compassion pour son détracteur, Jacob Boehme écrit alors de lui: "Dieu a fait de lui un marteau, lequel doit propulser l'œuvre. Ses diffamations ont été ma force et ma croissance. Grâce à ses persécutions, ma perle s'est développée. C'est lui qui l'a fait sortir au grand jour et connaître publiquement. C'est pourquoi je souhaite que Dieu soit pour lui compatissant, qu'il puisse jouir de cette perle puisque Dieu l'a utilisé comme mon instrument" (J. Boehme, correspondance du 3 juillet 1621 avec Schweinichen). Pour Jacob Boehme, c'est exclusivement la vérité du Christ intérieur qui compte, comme l'avaient déjà éprouvé et transmis des mystiques aussi influents que Maître Eckart, Johann Tauler, Ruybroeck. Christ, dont l'Aurore Naissante illumine en Angleterre l'œuvre de Francis Bacon aspirant à l'avènement d'une Fraternité de la Connaissance annoncée dans son "Advancement of Learning", peuple élu d'un nouveau monde qui prend forme dans "New Atlantis" (La nouvelle Atlantide); tandis qu'en Italie c'est de l'idée d'une réforme universelle que jaillit "Civitas Solis" (La cité du Soleil) de Campanella, projet d'une société authentiquement chrétienne; et qu'en Bohème c'est Comenius qui révèle le "Labyrinthe du monde" conformément à une haute vision spirituelle et renvoie à "L'Unique Nécessaire". Ainsi l'immense l'œuvre de Jacob Boehme décrit l'approche de la source primordiale et la quête qui y mène par des moyens et des termes propres à son temps. L'une des originalités de Jacob Boehme, dans la pensée occidentale, est de donner une dynamique au concept de Dieu, après la suprématie de la philosophie grecque et de la scolastique du moyen-âge, avec leur conception d'un Dieu statique.

"Car le ciel et la terre et Dieu même sont situés en l'homme. L'homme ne pourrait-il alors lire dans le livre qu'il est lui-même? Quand bien même je ne posséderais pas d'autre livre que celui que je suis moi-même, j'aurais pourtant assez de livres. Car la Bible tout entière se trouve en moi. Si je possède l'Esprit de Christ, que ferais-je donc de plus de livres?" (L'Aurore Naissante).

"Ainsi donc, ce n'est pas d'une doctrine, ni d'une science humaine, puisées dans les manuels dont je m'inspire, mais de mon propre livre, qui s'est ouvert devant moi" (Épîtres Théosophiques).

 1561 - 1626   Francis Bacon 

Chancelier d'Angleterre et philosophe, précurseur de la "science moderne expérimentale". En effet, dans son étude scientifique et philosophique "Novum Organum" (Nouvel Instrument - 1620), F. Bacon défend la méthode expérimentale et intuitive alors fort controversée. En 1624, trois ans après sa disgrâce de la cour d'Angleterre, F. Bacon fait paraître son œuvre essentielle: "Nova Atlantis". Sous couvert d'une simple histoire où des navigateurs découvrent l'île inconnue de Bensalem et assistent à une fête, Bacon définit à l'instar de ses pairs en Esprit, comme T. More auteur de "Utopia (1516)" - J.V. Andreae auteur de "Christianopolis (1619)" - ou encore la "Cité du Soleil" de T. Campanella en 1623, une société idéale, "utopie"conforme au message de la Rose-Croix. Car l'œuvre de F. Bacon, et surtout sa "Nouvelle Atlantide", reprend les points essentiels que l'on retrouve dans la Fraternité de la Rose-Croix: apporter une nouvelle vision de l'homme, de la vie et du monde, par le renouvellement fondamental de l'esprit, de l'âme et du corps. "Avec le temps apparaîtra la vérité occultée", cette inscription figurant dans "Nova Atlantis" est une invitation, pour celui qui sait lire au-delà des mots, à découvrir que la "Nouvelle Atlantide", est le continent spirituel sur les rivages duquel l'Âme, à nouveau vivante, accoste après le long exil dans les ténèbres de notre monde privé d'Esprit.

 1568 - 1622   Michel Maier

Secrétaire et médecin de l'Empereur Rodolphe I. Il propagea les idées de la Rose-Croix, qu'il défendait ardemment, et entretenait des contacts avec R. Fludd en Angleterre et F. Bacon. Ainsi, il fit paraître 21 volumes consacrés à la Philosophie et à l'art d'Hermès, au thème du voyage initiatique, à la Rose-Croix. Dans son "Silentium post clamores" (1617), il affirme que les Frères de la Rose-Croix sont les successeurs des collèges des Brahmanes Hindous, des Egyptiens, des Eumolpides d'Eleusis, des Mystères de Samothrace, des Mages de Perse, des Pythagoriciens et des Arabes. Au même moment Fludd publiait deux traités favorables à la Rose-Croix. Pour Maier, les vrais Rose-Croix sont en dehors de l'espace et du temps et leur filiation ne peut se trouver que dans le cœur de l'homme. Parmi ses nombreux ouvrages, on distingue "Les Cantilènes intellectuelles sur le Phénix ressuscité" (1614), "Atlanta fugiens" (1617), "Les monts des sept planètes ou métaux" décrivant un voyage initiatique, "Arcana Arcanissima" (1614), dans lequel, en préface, il oriente déjà le lecteur sur la nécessité d'appréhender les textes de la Sagesse, au-delà des apparences de la lettre, en dévoilant en Esprit le mystère des mots afin d'y découvrir l'Unique Réalité. "... c'est raisonner en enfant, de penser qu'il n'y a rien dans le monde qui soit différent de ce que nous voyons parmi nous ..., que c'est être doublement enfant, de croire que ce que nous n'entendons pas, ce que nous ne concevons pas, ce qu'il n'est pas possible d'imaginer, ne peut-être conçu et imaginé de personne; qu'en conséquence, de ce qu'une infinité d'ignorants, et de gens avides ont échoué dans l'étude de la Philosophie Hermétique, en conclure que ce qu'elle promet est purement chimérique et imaginaire, c'est le comble de la présomption et de l'extravagance".

 1592 - 1670   Jan-Amos Comenius

Humaniste, théologien, professeur, pédagogue et philosophe tchèque. Cet homme hautement éclairé, qui parcourra l'Europe, voua sa vie, tel le véritable Rose-Croix, à transmettre à son prochain les clés de la libération de l'Âme Immortelle. En commençant par l'éducation de la jeunesse, à laquelle il consacra de nombreuses réflexions, Comenius souhaitait poser les bases d'un nouvel ordre du monde basé sur la Paix et l'Unité, qui serait guidé par un collège universel d'hommes sages; les Pansophistes, véritable "Collège de la Lumière", comme l'avait déjà proclamé, en 1614, la Fama Fraternitatis des Frères de la Rose-Croix. Car c'est bien à cette Fraternité que Comenius se rattachait, lui à qui J.V. Andreae avait transmis le flambeau pour continuer son œuvre après sa mort. Pour Comenius, la communauté de l'Unité des Frères de Bohême-Moravie, dont il était le guide spirituel depuis 1648, est la première réalisation de la Fraternitas Rosae-Crucis. "Que tout s'écoule librement en l'absence de toute violence" fut la devise de ce profond humaniste qui souffrait de la misère humaine. Et c'est pour tous ceux qui comme lui se sentaient égarés, exilés sur cette terre qu'il écrivit ses nombreux ouvrages, authentiques appels à la quête de l'absolu, prélude à la renaissance de l'Homme Originel, par la mise en pratique du véritable christianisme intérieur. Dans son ouvrage "La Voie de la Lumière" (1668), il introduit le mystère du "minutus mundus", le "petit monde" ou microcosme. " Ne vous chargez pas de choses dont vous n'avez pas besoin ... détachez-vous donc de vous-même, mais veillez à vous attacher à Dieu. Qui possède Dieu, peut se passer de tout. Il possède le Bien Suprême et la Vie Eternelle avec Dieu et en Dieu, éternellement et pour toujours." (L'Unique Nécessaire - 1669)

 1593 - 1643   Joachim Morsius

Chercheur infatigable, Joachim Morsius sillonna l'Europe à la recherche des grandes figures spirituelles de son temps, plus particulièrement de la Fraternité de la Rose-Croix. Devenu, à vingt deux ans, conservateur de la bibliothèque de l'Université de Rostock, il invita la faculté de théologie de l'Université par une lettre signée d'un nom d'emprunt à adhérer à cette fraternité. Le cercle de la Rose-Croix parvint à la connaissance de cette lettre et répondit à Morsius, le 3 septembre 1617. Cette réponse le propulsa dans une quête qui devait absorber sa vie entière. Parmi les nombreuses rencontres ou contacts qu'il établit, on retrouve R. Fludd, M. Maier, J.V. Andreae et J. Boehme. Ce dernier dans une magnifique correspondance l'exhorta à rechercher la vérité en lui-même: " Ce n'est point en effet par une recherche assidue et fondée sur l'entendement que nous parviendrons au fondement véritable de la connaissance divine; il faut que cette recherche commence de l'intérieur et qu'elle soit nourrie de la faim de l'âme... Mon cher sieur, elle est simple, enfantine la voie de la Sagesse suprême, seulement le monde l'ignore. Ne la cherchez pas en des terres étrangères, elle est sur le seuil de votre porte et elle frappe à votre porte. Si elle peut trouver dans l'âme une place vide et abandonnée, elle finira bien par s'y ouvrir, par y trouver plus de joie que le soleil dans les éléments". Dans la même réponse J. Boehme témoigne de ses dispositions visionnaires en annonçant le futur avènement d'une authentique spiritualité: "Sachez ceci cependant: Terres du septentrion, un lys vous fleurira. Si les querelles sectaires des hommes de sciences ne causent pas sa ruine, il va atteindre chez vous la taille d'un arbre."

 1596 - 1650    René Descartes

Philosophe français, licencié en droit, grand voyageur et "père" d'une nouvelle approche de la science.

En 1619, c'est en Allemagne qu'il ressent la nécessité de trouver une méthode pour la recherche de la Vérité, indépendante de la politique et de la religion. Cette même année, il écrit son premier ouvrage, le "Thesaurus mathematicus" qu'il dédie "aux savants de tout le monde et nommément aux fameux frères de la Rose-Croix en Allemagne". En 1619, c'est en Hollande, terre de libertés, qu'il écrira son "Discours de la méthode" inaugurant une véritable révolution intellectuelle basée sur le doute méthodique, la raison, l'expérience et le langage mathématique. L'homme de sciences qu'il est expose son approche de Dieu dans plusieurs ouvrages : "Méditations métaphysiques" (1642), "Principes de philosophie" (1644), traité des "Passions de l'âme" (1649). Sa liaison avec la Rose-Croix se poursuivra à la cour de la Reine Christine de Suède, où en 1649, il rencontrera Jan-Amos Comenius, le continuateur du travail de Jean-Valentin Andreae.

Faits marquants

 1516   Parution de "Utopie" de T. More.

 1517   Luther  publie ses Thèses

 1520   Luther publie " Appel à la noblesse chrétienne de la nation allemande"

 1523   Luther publie "Traité de l'autorité"

 1521-1531   Création et parution de Paramirum de Paracelse.

 1523   Parution de "Contre Luther" de T. More.

 1525   Luther  publie " Du serf arbitre"

 1526   Parution de "Philosophie des générations" de Paracelse.

 1536   Calvin publie "Institution de la religion chrétienne"

 1538   Parution de "Grande Astronomie" de Paracelse.

 1545   Concile de Trente

 1553   Parution de "Restitution de Christianisme" de Michel Servet.

 1553   Exécution de Michel Servet

 1562   Début des guerres de religions en France

 1572   Saint-Barthélemy

 1584 et 1485   Parutions de "De l'Univers Infini et des Mondes et l'expulsion de la bête triomphante" et de "Des fureurs héroïques", de Giordano Bruno.

 1588   Parution de "Introduction à la Nouvelle Astronomie" de T. Brahé.

 1596   Parution de "Mysterium Cosmographicum" de Kepler.

 1598 ?  Date supposée de la composition du livre "Livre des trois imposteurs" (De tribus impostoribus), attribué ultérieurement à Johannes Joachim Müller (1661-1733)

 

17e siècle

Grandes personnalités et travail des Ecoles des Mystères

1638 - 1710   Johan-Georg Gichtel

Visionnaire allemand, disciple de Jacob Boehme, qui fut poursuivi pour hétérodoxie, et du se réfugier aux Pays-Bas, où il fonda la Communauté des Frères de la Vie Angélique. Cette communauté avait pour but le retour à l'état d'innocence primordiale. Pour Gichtel, comme pour les Ophites du second siècle de notre ère, Jésus avait été l'incarnation à la fois de Christ et de la Sophia. C'est animé par cette Sophia, la Sagesse des Gnostiques, que Gichtel fit paraître en 1696 son ouvrage: "Trois Principes et les Trois Mondes dans l'Homme", illustré de somptueuses représentations sur l'ange triple, l'Homme intérieur régénéré et illuminé par la connaissance et redevenu tel qu'il fut créé par Dieu à l'origine: "Le nouveau corps issu de la céleste Sophia et qui apparaît sortant du feu sacré intérieur de l'Amour est aussi différent de l'ancien, que le soleil resplendissant de la terre obscure; et quoique qu'il se tienne dans le vieux corps, il lui est inconcevable, bien que parfois sensible". (Trois Principes et les Trois Mondes dans l'Homme)

 1642 - 1727   Newton.

A l'aide de l'Alchimie, Newton espérait découvrir les lois mystérieuses du microcosme. Ses recherches le menèrent à la découverte de la loi de gravitation qu'il appliqua au système des planètes. Mais il ne fut jamais satisfait de ce résultat.

 1614.   Tobias Hess fut le père spirituel de ce cercle. Comme Joachim de Flore au XIIe siècle, il fut annonciateur d'une troisième phase de l'humanité, celle de la manifestation de l'Esprit Saint, du Trigonum Igneum Sancti Spiritus.

Faits marquants

 1600   Supplice de G. Bruno.

 1614 - 1616    Ecrits fondateurs de la Rose-Croix classique (Fama, Confessio, Noces Alchimiques) rédigés par le cercle de Tübingen. Le premier Cercle des Frères de la Rose-Croix se forma entre 1607 et 1614 Tobias Hess fut le père spirituel de ce cercle. Comme Joachim de Flore au XIIe siècle, il fut annonciateur d'une troisième phase de l'humanité, celle de la manifestation de l'Esprit Saint, du Trigonum Igneum Sancti Spiritus

La parution des trois manifestes par le cercle de Tübingen entraînèrent une véritable révolution spirituelle et culturelle, aux conséquences incalculables, dans l'histoire de l'Europe. Ces écrits sont la synthèse de la Gnose Universelle qui se décline en trois aspects fondamentaux:

- l'appel : la Fama Fraternitatis (1614) ou la rénovation d'une religion fondamentale,

- la quête : le Confessio (1615) ou l'application d'un nouvel art de vivre royal et sacerdotal,

- le retour : Les Noces Alchimiques (1616) ou la révélation des mystères de la science sacrée de la Transfiguration.

L'ouvrage Christianopolis paru en 1619 constitue le couronnement des trois manifestes. Il décrit la Sainte Cité Spirituelle, patrie originelle de l'Homme-Âme-Esprit, merveilleuse Terre de Lumière ou fabuleuse Utopie que l'on retrouve au cœur de la pensée de Platon (La République), Campanella (Cité du Soleil), Thomas More (Utopia), Francis Bacon (Nova Atlantis).

 1616   Procès de Galilée

 1617   Parution de "Promodomus Philosophiae" de Campanella.

 1618   Guerre de Trente Ans

 1619   Kepler publie "Harmonie du Monde".

 1619 - 1620   C'est à l'Université Réformée de Marbourg et sur l'ordre du calviniste Moritz von Hessel-Cassel qu'eut lieu le premier procès inquisitorial contre la Rose-Croix.

 1620   Jacob Boehme publie "De la triple vie de l'Homme".

 1622   "Apologie de Galilé" de Campanella.

 1623   R. Fludd publie "Mysterium Magnum".

 1623   Tomaso Campanella publie "Cité du Soleil".

 1623   Parution de "L'expérimentateur" de Galilée.

 1624   Jacob Boehme publie "Aurora" ou l'Aurore Naissante.

 1625   Parution de "Grande instauration" de F. Bacon.

 1627   Parution de "La Nouvelle Atlantide" de F. Bacon.

 1627 - 1632   "Didactica" de Comenius.

 1632  "Dialogue sur les deux grands systèmes du monde" de Galilée.

 1637   Parution du "Discours de la méthode" de Descartes.

 1638  "Discours sur les sciences nouvelles" de Galilée.

 1638   Parution de "Philosophia moysaica" de R. Fludd.

 1638   Parution de "La philosophie universelle" de Campanella.

 1639   "Épilogue sur la naissance merveilleuse du Dauphin" de Campanella.

 1677   Parution du Mutus Liber.

  

18ème siècle

Grandes personnalités et travail des Ecoles des Mystères

Avec les théosophes, le XVIIIe siècle voit l'apogée de l'ILLUMINISME, courant à la fois philosophique et religieux. Ce courant se rattache à la pensée de Plotin, du néo-platonisme, de Maître Eckhart, de Tauler, de la Theologia germanica  et de Nicolas de Cues ; fidèle à l’esprit de l’évangile de Jean et de l’Apocalypse, il est lié aux kabbalistes juifs et chrétiens, aux quiétistes vaudois, aux piétistes allemands, à la gnose éternelle, aux thèses de Mme Guyon, aux mystiques et alchimistes allemands du XVIe siècle. Paracelse, Valentin Weigel, Jacob Boehme surtout peuvent être considérés comme les maîtres de l'illuminisme. Enfin, une certaine attitude d’esprit, procédant de la Réforme, n’est pas étrangère à la spiritualité de ce mouvement.

1752 - 1803  Karl von Ekarthausen, théosophe.

La "Nuée sur le Sanctuaire", pure œuvre gnostique où l'idée d'une Église Intérieure, véritable communauté de la Lumière, occupe une place centrale.

1688 - 1772   Swedenborg.

Savant, philosophe et poète suédois qui fonda la première revue scientifique en Suède. Il allia à la rigueur scientifique de sa pensée une sensibilité profondément mystique, et son "Opera philosophica et mineralia" (1734) ou ses "Arcana Caelestia" (1749 - 1756) en témoignent largement. Son œuvre influença fortement l'esprit de la littérature romantique française. Pour Swedenborg, la création du monde n'est pas l'œuvre de Dieu, mais celle d'un soleil spirituel qui en émane. Swedenborg affirma l'existence d'un monde spirituel distinct du monde naturel. Dans ce dernier chaque manifestation est en étroite correspondance avec un événement du monde spirituel, selon une loi d'analogie fondamentale dont le théosophe nous dit qu'elle fut regardée comme une science sacrée, la science des sciences, par la très ancienne humanité. Cette dualité concerne aussi l'être humain; l'"homme intérieur" est un monde spirituel, tandis que son être extérieur est pour lui un monde naturel. Pour cet homme qui atteint l'état de perfection par la connaissance des idées suprêmes et la formation d'une Âme vivante, Swedenborg annonce la descente prochaine de la Cité Céleste qui devrait subsister 1000 ans et offrir à l'Antiquissima Ecclesia, la Sainte Communauté de la Lumière, la Terre Sainte éternellement promise. "C'est une vérité profondément cachée en ce monde, et cependant rien n'est mieux connu dans l'autre vie, même à chaque esprit, que toutes les parties du corps humain ont une correspondance avec les choses telles qu'elles sont dans le Ciel, à tel point qu'il n'y a pas la plus petite parcelle du corps qui n'ait quelque chose de spirituel et de céleste qui lui corresponde..." ( Arcana Caelestia)

 1749 - 1832   J. W. Goethe

Son œuvre majeure : Faust (1773)

Faits marquants

 1781   Découverte d'Uranus.

 1786   Hahnemann crée l'homéopathie.

 1789   Prise de la Bastille. A l'arrière plan spirituel de la révolution française se profile l'idée d'une authentique Liberté, Égalité, Fraternité. La Franc-maçonnerie a œuvré à propager cette idée.

  

19e siècle

Grandes personnalités et travail des Ecoles des Mystères

 1892   Naissance de Z.W. Leene, co-fondateur de l'Ecole Internationale de la Rose-Croix d'Or.

"Ceux qui se laissent conduire par la Lumière connaissent le Christ. Ils ne peuvent plus se perdre ni errer, car l'Eternité a établi sa demeure en eux".

 1896   Naissance de Jan Van Rijkenborg.

Rose-Croix moderne et gnostique hermétique, fondateur de l'École Internationale de la Rose-Croix d'Or. Par son travail et son enseignement, il s'est tenu très proche des objectifs de l'ancienne Fraternité de la Rose-Croix et y est toujours resté fidèle. J.V. Rijkenborgh n'a qu'une intention, qui court comme un fil d'or à travers toutes ses œuvres : inciter le lecteur intéressé à la connaissance de lui-même, à la connaissance de son être véritable, enfoui dans son cœur comme un bouton de rose, une étincelle d'Esprit.

"Pourquoi suis-je Rose-Croix ? Cette question est née de la douleur et d'un grand désespoir. Ce n'est pas le résultat d'un choix raisonné, fait de sang-froid. Cette question a jailli du plus profond de mon âme; elle est née du sang et des larmes. C'est une prise de conscience après une lutte de nombreuses années. Ce problème surgit dans un élan passionné dès qu'il me fut évident que les réalités et les forces me donnaient la félicité la plus haute, une joie spirituelle intime et l'émotion la plus profonde, n'existait pas pour les uns, tandis que les autres les foulaient aux pieds comme loques et ordures. Alors je réfléchis à la raison pour laquelle ce qui me faisait bégayer de reconnaissance, provoquait précisément chez les autres colère, agressivité et actes blessants."

(J.V. Rijckenborgh)

 1877   Naissance de A. Gadal, dernier patriarche et "gardien aux frontières" de la Fraternité des Cathares.

 1865 - 1919   Max Heindel

De son vrai nom, Carl Grasshof, astrologue danois réputé, M. Heindel fut d'abord un disciple de R. Steiner, avant de fonder en 1909, son propre mouvement, la "Rosicrucian Fellowship" à Seattle (USA). M. Heindel affirmait avoir été missionné par des "supérieurs inconnus" lui demandant de répandre le christianisme vivant. Son ouvrage le plus célèbre est la "Cosmogonie des Rose-Croix". Les mystères chrétiens qu'il révèle selon leur sens ésotérique intéressèrent fortement J. V. Rijckenborgh, futur fondateur de l'Ecole Spirituelle de la Rose-Croix d'Or, qui adhéra un certain temps à la Rosicrucian Fellowship, mais s'en sépara pour s'orienter exclusivement sur l'aspect gnostique et christique de la Rose-Croix. "Nous voulons montrer où et comment l'intellect, aidé par l'intuition du cœur, peut sonder plus profondément les mystères de l'être, ce que ni l'un ni l'autre ne pourrait faire isolément; comment le cœur uni à l'intellect peut être préservé de l'erreur; comment chacun d'eux, sans faire violence à l'autre, peut agir en toute liberté et trouver dans l'action pareil apaisement. Ce n'est que lorsque cette union sera parfaitement accomplie que l'homme pourra atteindre la compréhension la plus élevée et la plus exacte de sa propre nature et du monde dont il fait partie. Cette union seule lui conférera un esprit large et un grand cœur". (Cosmogonie des Rose-Croix)

 1798 - 1857  Auguste Comte

Philosophe français, fondateur du positivisme. Pour lui, il existe trois états : le théologique, le métaphysique et l'état positif. Dans ce dernier état, ce sont les lois et non plus les causes, le "comment" et non plus le "pourquoi" qui sont recherchés. Auguste Comte développera l'idée d'une religion de l'humanité où il s'instituera grand-prêtre. Un de ses ouvrages les plus connus est le "Catéchisme positiviste" où il réduit la morale à l'altruisme.

 1831- 1891   Héléna Pétrovna Blavatsky.

Sa vie est constellée d'expériences extraordinairement variées dans le domaine de l'occultisme. Séjournant un certain temps dans l'Himalaya et étudiant dans les monastères les lois du monde intérieur et les règles qu'il faut observer pour les atteindre, elle laissa en témoignage de cette période de son éducation occulte un recueil d'axiomes spirituels: "La Voix du Silence". En 1877, après s'être installée aux États-Unis, H.P. Blavatsky fait paraître "Isis dévoilée", suivi de "La Doctrine Secrète" en 1888. Elle affirma que ces deux ouvrages, ainsi que les grandes lignes de sa mission, lui furent inspirés par des Maîtres, membres des degrés supérieurs d'une hiérarchie occulte. Elle fonda, aux États-Unis, La Société Théosophique "pour rassembler et diffuser la connaissance des Lois qui gouvernent l'Univers". Bien que confronté au dénigrement du monde scientifique et aux attaques des missionnaires chrétiens en Inde, l'œuvre de H.P. Blavatsky se diffusa rapidement; en 1890, plus de mille membres dans de nombreux pays recevaient ses directives. Ce remarquable et étonnant travail ouvrit la voie à une vision renouvelée de l'homme, de la vie et du monde, en entrouvrant les portes longtemps fermées des mystères les plus profonds de l'Univers. " Cette terre, disciple, est la salle de douleur; ici, le long du sentier des dures épreuves, des pièges sont semés pour saisir ton Ego dans l'illusion appelée "la grande hérésie". Cette terre, ô disciple ignorant, n'est que l'entrée sinistre menant au crépuscule qui précède la vallée de vraie lumière, cette lumière que nul ne peut éteindre, cette lumière qui brûle sans mèche ni aliment." (La Voix du Silence)

 1832 - 1892   Ernest Renan

En 1845, Renan  écrit un curieux Essai psychologique sur Jésus-Christ. En 1849, son article sur les Historiens critiques de Jésus affirmait l’intérêt du problème des origines du christianisme, qu’on devrait, disait-il, étudier en se gardant de tout préjugé doctrinal. Présage significatif : la grandeur de Renan est d’avoir, pour la première fois en France, désacralisé les recherches bibliques et fondé une exégèse laïque. Son séjour à Beyrouth de 1860-1861, dont il exposa les résultats dans la Mission de Phénicie, cristallisa son projet d’une Vie de Jésus, qu’il commença à rédiger en 1861

 1839   Fulcanelli

On ne sait rien de l’auteur qui signait «Fulcanelli», mais Le Mystère des cathédrales (Paris, 1926) et Les Demeures philosophales et le symbolisme hermétique dans ses rapports avec l’art sacré et l’ésotérisme du grand œuvre (Paris, 1930), parus entre les deux guerres mondiales, s’imposèrent d’emblée à l’attention des curieux d’alchimie ainsi que des historiens de l’art. Son nom hermétique, qui semble une combinaison de «Vulcain» et d’«Élie», ne permet pas de l’identifier. Eugène Canseliet, alchimiste connu du grand public et auteur de plusieurs ouvrages, affirme avoir fréquenté longtemps Fulcanelli, qui aurait trouvé la pierre philosophale et l’immortalité, mais il se refuse à toute information précise. Tous deux se réclament d’une mystérieuse société secrète, la Fraternité d’Héliopolis, dont les origines remonteraient à l’Égypte du début de l’ère chrétienne.

 1856 - 1939   Sigmund Freud

Médecin autrichien, qui après s'être intéressé à l'hypnose, sera le fondateur de la psychanalyse, science qui explore l'inconscient. Freud évoquera les notions de "résistances" et de "refoulements" qui créent les symptômes névrotiques. Il aura pour élève C.G. Jung, mais ce dernier se séparera de son "maître" pour fonder sa propre approche de la psyché humaine.

 1861   Rudolph Steiner

Médecin et philosophe, disposant d'exceptionnelles capacités de clairvoyance, fondateur de la Société Anthroposophique, Steiner adhère en 1897 à la branche allemande de la Société Théosophique, dont il devient le secrétaire général. Dans les années 1900, il publie la revue "Lucifer und Gnosis". En 1910, Steiner fait paraître son célèbre "La Science de l'Occulte". Il se sépare du mouvement théosophique lorsque sa présidente, Annie Besant, qui avait découvert Krishnamurti, déclara qu'il était la réincarnation du Boudha et de Jésus. R. Steiner fonde alors la Société Anthroposohique en 1913, ainsi qu'un centre ésotérique, le Goetheanum, à Dornach en Suisse en 1914. Steiner considère Christ comme le Verbe Solaire qui s'est manifesté plusieurs fois à l'humanité en inspirant des prophètes exceptionnels : Rama, Krisna, Orphée, Moise, Zoroastre, Boudha, Jésus. Pour Steiner, c'est l'apôtre Paul qui propagea l'enseignement de Jésus. Sa mission fut de préparer les consciences du 20 ième siècle à vivre le véritable christianisme intérieur, incarné dans et par la Rose-Croix, dont il prépara l'avènement en tant qu'actuelle Ecole des Mystères. "Par l'activité des Rose-Croix, le corps éthérique de Christian Rose-Croix devient de siècle en siècle toujours plus fort, toujours plus puissant. Ce corps éthérique n'œuvre pas seulement par Christian Rose-Croix, mais aussi par tous ses élèves. Depuis le quatorzième siècle, Christian Rose-Croix s'est toujours et à nouveau incarné. Ainsi les radiations du corps éthérique de Christian Rose-Croix se sont-elles fait sentir au dix-neuvième siècle également. En se consacrant au corps éthérique de Christian Rose-Croix devenu si puissant, l'homme pourra acquérir une nouvelle clairvoyance et des forces hautement spirituelles seront mises en lumière. Mais ceci ne sera possible que pour ceux qui suivent réellement l'enseignement de Christian Rose-Croix. Le vingtième siècle a maintenant la tâche de rendre ce corps éthérique si puissant qu'il sera capable d'œuvrer exotériquement." (R. Steiner, conférence du 27.11.1911)

1869 - 1938   A.H. de Hartog

Théologien protestant hollandais, connu comme un prédicateur libéral, il prônait une "théologie réaliste", basée sur une foi rationnelle et sur un culte raisonné. Il publia certains texte du gnostique Jacob Boehme. Il co-fonda l'École Internationale de Philosophie d'Amersfoort, où l'on faisait l'étude comparée des religions. S'inspirant du philosophe De Hartmann, il évoquait l'existence d'un "fondement originel", d'une "force originelle", à l'arrière plan de l'esprit humain. Pour De Hartog, la renaissance était une nécessité pour l'homme qui souhaitait contempler la vérité dans une juste lumière. Ainsi se sentait-il lié en esprit au groupe médiéval des "Amis de Dieu".

"La Vérité fondamentale ne nous est pas offerte sur un plateau, donnée comme une série de clauses ou dictée à la lettre. C'est la conscience humaine ordinaire qui doit la conquérir et se l'approprier."

 1895   Naissance de Krishnamurti

Maître spirituel indien qui fut mis en vedette, dans sa jeunesse, par la Société théosophique, Krishnamurti Jiddu était né dans une famille de brahmanes. Il y fut remarqué par un membre influent de ce mouvement, Charles Webster Leadbeater, et «initié» en janvier 1910, puis adopté par la présidente de l’organisation, Annie Besant, comme devant être le Messie, la réincarnation de Jésus ou d’autres grands maîtres du passé et la manifestation même du seigneur Maitreya, le Buddha futur. En 1911, Annie Besant fonda l’ordre de l’Étoile d’Orient, qui était chargé d’entourer le jeune prophète et dont les membres vouaient à celui-ci une véritable adoration. De 1912 à 1920, Krishnamurti séjourna en Grande-Bretagne, hébergé par des adeptes de la Société théosophique. C’est en août 1922, en Californie, qu’il connut les débuts de ce qu’il a appelé son «processus»: le jeune homme, qui donnait des signes d’extase, faisait l’expérience de la compassion universelle, comme lien absolu avec le monde. Peu à peu, au cours de ses conférences dans différents pays, il en vint à se détacher du mouvement d’Annie Besant, au nom de la liberté du changement intérieur dans la vérité propre à chacun. Il prononça en 1929 la dissolution de l’ordre de l’Étoile d’Orient, puis démissionna de la Société théosophique, déclarant alors: «Dès l’instant où vous suivez quelqu’un, vous cessez de suivre la vérité.»

Faits marquants

 1846   Découverte de Neptune.

 1856   Traduction de la Pistis-Sophia, premier ouvrage gnostique important, retrouvé en Egypte.

 1889   E. Schuré fait paraître "Les Grands Initiés".

 1875   H.P. Blavatsky fonde la Société Théosophique.

  

20e siècle

Grandes personnalités et travail des Ecoles des Mystères

 1902   Naissance de Mme Catharose de Petri

Enflammée par la ressouvenance de la perfection de l'Etre Originel, elle contribua très tôt au travail de pionnier entrepris par J.V. Rijkenborgh et Z.W. Leene. Son nom spirituel évoque la Gnose Eternelle de la Triple Alliance de la Lumière : Graal - Cathares - Rose-Croix.

 1875 - 1961   Karl-Gustav Jung

Psychologue, analyste et astrologue suisse, disciple de Freud, mais Jung se sépara de lui, considérant ses théories trop matérialistes. Jung mit en avant les concepts d'"archétypes", d'"inconscient collectif", de "surmoi", ... Dans ses ouvrages et surtout dans "Psychologie et Alchimie", Jung a analysé les rapports entre l'alchimie et les religions, et en particulier les religions du Salut. Très proche de la pensée gnostique, il avançait que le Jésus gnostique symbolisait sans doute la Pierre Philosophale des alchimistes. De plus, à l'instar des gnostiques, Jung attacha beaucoup d'importance à l'idée que la vraie religion est une expérience intérieure, lui qui déclara après avoir lu le texte gnostique de "l'Evangile de Vérité": "J'ai travaillé ma vie entière pour trouver tout cela, et ces hommes le savaient déjà".

1886 - 1951  René Guénon

René Guénon "codificateur de l’ésotérisme doctrinal"  car c'est à lui que l’on doit une codification méthodique et précise de ses principes directeurs et de son champ d’application, grâce à un effort acharné pour distinguer la «métaphysique traditionnelle» de ce qu’on aurait eu que trop tendance à confondre avec elle. René Guénon, né à Blois, d’une famille de bonne bourgeoisie catholique, avait commencé par faire des études universitaires de mathématiques, mais pour les interrompre deux ans plus tard afin de se consacrer désormais aux recherches spirituelles. Il est d’abord tenté, tout jeune, par l’ordre martiniste de Papus, par l’Église gnostique «ressuscitée» grâce à Fabre des Essarts, par une organisation qui se réclamait de la survivance secrète de l’ordre du Temple. Mais, vite déçu par l’«occultisme» du Paris de la Belle Époque, il se lie d’amitié avec les représentants de trois formes de l’ésotérisme traditionnel : Louis Champrenaud, Parisien converti à l’islam (sous le nom d’Abdul Haqq); Albert de Pouvourville, qui, lors d’un séjour prolongé au Tonkin, avait reçu l’initiation taoïste (et pris alors le nom spirituel de Matgioï, sous lequel il publiera ses ouvrages et articles); enfin, des hindous adeptes de la philosophie vedantine et dont l’identité n’a pas encore été révélée.

Son œuvre, peu connue de son vivant, s'est répandue ces dernières années, y compris dans les milieux universitaires pour lesquels il n'avait que peu de considération. Elle porte d'une part sur la critique du monde moderne, dont il présente (seulement) les aspects négatifs, d'autre part sur l'existence d'une tradition primordiale à laquelle il est possible de se rattacher par l'intermédiaire d'une chaîne initiatique.

Faits marquants

1905    Einstein (1879 - 1955) définit le principe de la Relativité. Un des éléments majeurs de son œuvre est la démonstration de l'équivalence entre énergie et matière.

 1905   Séparation de l'Église et de l'État en France

 1914   Début de la première guerre mondiale

 1913   Fondation de la Société Anthroposophique par Steiner

 1917   Révolution Russe

 1924   Début du travail de l'École Spirituelle de la Rose-Croix d'Or à Harlem (Pays-Bas)

 1926   Parution de "Les mystères des cathédrales" de Fulcanelli: retour à la tradition hermético-alchimique médiévale

 1929   Krisnamurti se sépare de la théosophie

 1930   Découverte de Pluton

 1930   Après avoir rejoint J.V. Rijkenborgh et Z.W. Leene, madame Catharose de Petri accepte sa mission spirituelle.

 1934   Création de la "Rozenkruizers Genootschap" (la Société Rosicrucienne) par J.V. Rijkenborgh et Z.W. Leene.

 1936   Première télévision.

 1938   Disparition de Z.W. Leene.

 1939   Début de la seconde guerre mondiale.

 1945   Bombe atomique sur Hiroshima.

 1945   Parution de "Dei Gloria Intacta" par J.V. Rijkenborgh.

 1948   A. Bailey fait paraître "Le Retour du Christ".

 1948   Premier ordinateur.

 1957   A. Gadal transmet le flambeau de l'œuvre Gnostique, accomplit par la Fraternité des Cathares en Occident au moyen-âge, à la jeune Fraternité Gnostique de l'École de la Rose-Croix d'Or.

 1961   Gagarine (U.R.S.S.) premier homme dans l'espace.

 1964   Théories sur le monde imaginal et sur la hiérohistoire de H. Corbin, spécialiste de la Gnose en Islam.

 1968   Émeutes à Paris. L'Europe est déstabilisée par les revendications étudiantes et syndicales.

 1968   Disparition de J.V. Rijkenborg.

 1970  (les années) - Naissance du courant New Age

 1973   Guerre du Kippour : premier choc pétrolier - début de la crise occidentale.

 1979   Révolution iranienne.

 1991   Guerre du Koweït (dite guerre du golfe)

 1991   Disparition de Catharose de Petri.

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