glossaire de la Réforme                       

Confession d' Augsbourg

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Traité de théologie de Philipp Melanchthon (1530).


On appelle «confessions», dans les Églises protestantes, les écrits dogmatiques fondamentaux formulant les principaux articles de la foi d'une Église. Les «confessions» portent en général le nom de la ville, ou de l'État, où elles furent rédigées ou publiées. La Confession d'Augsbourg est le plus ancien de ces documents.


Cet écrit présentant la synthèse de la pensée réformiste luthérienne fut rédigé par le théologien et juriste Philipp Melanchthon (1497-1560) à l'occasion d'une diète d'Empire, réunie par Charles Quint à Augsbourg en vue de trancher la question de la Réforme religieuse en Allemagne. Rédigée en latin et en allemand, elle fut présentée devant la Diète le 25 juin 1530, au nom de sept princes et de deux villes d'Empire ralliés aux idées de Luther.


Melanchthon, conseiller politique du prince-électeur de Saxe, cherchait à éviter le conflit ouvert avec les princes catholiques, d'où le ton modéré et l'esprit de compromis qu'il adopta. Dans son écrit il souhaitait donc s'en tenir à deux objectifs: d'une part, défendre les idées et doctrines luthériennes contre les représentations hostiles qui en avaient été données, et établir clairement leur filiation avec la pensée traditionnelle de l'Église; d'autre part, établir la liste des divergences irréductibles avec la papauté, en les présentant comme la conséquence d'abus perpétrés par l'Église de Rome et susceptibles d'être amendés par un concile.


Ces deux thèmes sont abordés en 28 articles répartis en l'exposé de la doctrine protestante (1re partie), puis l'établissement d'une liste des points de divergences avec Rome (2e partie).


L'exposé doctrinal est constitué des 21 premiers articles et aborde les points suivants: la Trinité (article 1); le péché (2); la christologie ou théorie de la nature spécifique du Christ (3); la justification (4); la prédication (5); l'obéissance (6); l'Église (7-8); les divers sacrements (9-13); le gouvernement de l'Église et ses rapports avec les États (14-16); l'eschatologie ou doctrine de la fin des temps (17); le libre arbitre (18); les bonnes œuvres (19-20); le culte des saints (21).


La liste des désaccords avec l'Église de Rome est exposée dans les sept derniers articles. Elle comprend: la question de la communion sous une ou deux espèces (le pain et le vin); celle du célibat ou du mariage des prêtres; la nature de la messe: sacrifice expiatoire (eucharistie) ou liturgie mémoriale (sainte cène); le caractère obligatoire ou non de la confession; la discussion sur le mérite et la grâce, et ses conséquence sur le trafic des indulgences; les abus divers des grands ordres monastiques; le débat sur la nature du pouvoir et de l'autorité reconnus aux évêques.


Pour la première fois les doctrines et les réflexions théologiques luthériennes se trouvaient ainsi réunies dans une synthèse d'une grande clarté. La lecture de la Confession eut donc un profond retentissement. Mais elle ne parvint pas à prévenir les divisions au sein de la Diète.


Afin d'y répondre Charles Quint fit rédiger, par une vingtaine de théologiens catholiques proches de Rome, un texte intitulé la Confutation de la Confession d'Augsbourg, et promulgua ce texte à la Diète le 3 août 1530. Melanchthon riposta à son tour par une Apologie de la Confession d'Augsbourg présentée devant la Diète le 22 septembre 1530 mais rejetée à nouveau par l'empereur. L'unité religieuse de l'Empire germanique n'y survécut pas.


Quelques années plus tard, en 1537, les princes et les États protestants d'Allemagne, réunis au sein de la ligue de Smalkalde, intégrèrent la Confession d'Augsbourg et son Apologieau corpus des écrits de référence de la nouvelle religion. En 1540, afin de parvenir à l'unité des différents courants du protestantisme naissant, Melanchthon rédigea en latin une version modifiée de son écrit, connue sous le nom de Confessio Augustana Variata, ou Variata. Bien que Calvin eut accepté de la cosigner, la Variata n'est plus reconnue aujourd'hui que par les Églises issues du réformateur suisse Zwingli.


Le 25 septembre 1555, à l'issue d'une première période de guerres de religion en Allemagne, la paix d'Augsbourg reconnaissait à chaque prince le droit de faire appliquer la religion de son choix dans ses États (principe du cujus regio, ejus religio). À cette occasion, la Confession d'Augsbourg et son Apologie furent officiellement incluses parmi les quelques textes doctrinaux fondamentaux du protestantisme luthérien.


L'édition princeps, en allemand et en latin, de la Confession d'Augsbourg et de son Apologie fut imprimée à Wittenberg en 1531.

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CONFESSION D’AUGSBOURG    (Encarta  - Voir Universalis)

(1530), profession de foi adoptée par la plupart des protestants luthériens. Elle fut élaborée par le réformateur allemand Philip Melanchthon, avec l'approbation de Martin Luther, et rédigée comme un résumé de la doctrine destiné à la noblesse allemande, qui fut appelée à une diète à Augsbourg, le 25 juin 1530, par l'empereur germanique Charles V pour prendre connaissance des thèses luthériennes.

Rejetée à Augsbourg puis amendée, la confession — associée aux symboles de Nicée, des Apôtres et de sainte Athanase ainsi qu'aux Petit et Grand Catéchismes — constitue la base de la profession de foi pour presque 80 millions de chrétiens luthériens. Elle a été traduite dans la plupart des principales langues et en de nombreux dialectes, et fait partie, sous sa forme originale, de la constitution de la plupart des Églises luthériennes. Avant leur ordination, les ecclésiastiques luthériens sont souvent tenus d'y souscrire.

Sous sa forme moderne, la Confession d'Augsbourg comporte vingt-huit articles. Les vingt et un premiers articles résument la doctrine luthérienne, en insistant sur la justification. La seconde partie de la Confession d'Augsbourg redresse ce que les luthériens qualifient d'«!abus!» de l'Église catholique, comme le principe de refuser la coupe aux laïcs pendant la communion et celui d'interdire aux prêtres de se marier.

En raison de son ton conciliant et de sa brièveté, la Confession d'Augsbourg affecta tout le mouvement de la Réforme, notamment les Trente-Neuf Articles anglicans et la théologie de Jean Calvin, qui signa une version ultérieure en 1540. Plus récemment, la Confession d'Augsbourg servit de base à un dialogue œcuménique entre les catholiques romains et les luthériens.


CONFESSION D’AUGSBOURG  (Universalis)

Confession fondamentale des Églises luthériennes présentée le 25 juin 1530 dans ses versions allemande et latine, au cours de la diète d’Augsbourg, à Charles Quint, par sept princes luthériens et deux villes impériales libres. L’auteur principal en était Melanchthon, qui se servit des premières considérations de Luther sur la foi. Le but poursuivi était de défendre les luthériens contre les mauvaises représentations qu’on se faisait communément d’eux et de donner de leur théologie une description qui soit acceptable pour les catholiques romains dans le Saint Empire romain germanique. Le 3 août 1530, les théologiens catholiques firent une réponse qu’on appela la Réfutation. L’empereur refusa de recevoir la réponse luthérienne qui lui fut proposée le 22 septembre, mais celle-ci forma la base de l’Apologie de la Confession d’Augsbourg de Melanchthon (1531). La version «non modifiée» de la Confession de 1530 a toujours fait autorité chez les luthériens, mais les partisans de la doctrine eucharistique de Zwingli et de Calvin reconnaissaient une édition modifiée, préparée par Melanchthon (la Variata de 1540).

La Confession d’Augsbourg initiale contient vingt-huit articles. Les vingt et un premiers exposent la doctrine luthérienne globale, pour montrer que les luthériens «ne divergent pas sur un seul article de la foi de l’Église catholique». Les sept autres articles discutent des «abus» qui se sont glissés dans l’Église occidentale pendant les siècles qui ont immédiatement précédé la Réforme: la communion sous une seule espèce, le célibat des prêtres, la messe comme sacrifice expiatoire, la confession obligatoire, le rôle attribué aux institutions et aux moyens humains dans l’acquisition du mérite et dans l’obtention de la grâce, les abus liés au monachisme, et l’autorité grandissante des évêques.

La Confession fut traduite en anglais en 1536 et eut une influence très nette sur les Trente-Neuf Articles de l’Église anglicane et sur les Trente-Cinq Articles de la religion méthodiste.