Épîtres de Jean

Trois Épîtres du Nouveau Testament sont attribuées à saint Jean l'Évangéliste.

Querelles d'attribution

La tradition ecclésiastique a attribué trois Épîtres à saint Jean l'Évangéliste. Mais actuellement les désaccords sont nombreux quant à la paternité des cinq livres attribués à Jean : les trois Épîtres, l'Évangile selon saint Jean et l'Apocalypse. Ainsi, malgré d'étroites similitudes de langage, de style littéraire et de théologie entre les trois Épîtres et l'Évangile, certains spécialistes attribuent l'Évangile et la 1re Épître de Jean à Jean l'Évangéliste, et les 2e et 3e Épîtres à un autre auteur, peut-être « l'Ancien » (un membre du clergé, appelé aussi « Jean le Presbytre ») mentionné dans la 2e Épître (I, 1) et dans la 3e (I, 1). D'autres spécialistes attribuent les quatre ouvrages à la même personne, peut-être « l'Ancien » au lieu de saint Jean l'Évangéliste. D'autres encore, sans mentionner l'Évangile, attribuent la 1re et la 2e Épîtres à un auteur et la 3e à un autre. Une opinion partagée par de nombreux commentateurs est qu'un seul auteur, qui pourrait avoir été « l'Ancien », a écrit les trois Épîtres et l'Évangile. Les spécialistes s'accordent généralement pour dater les lettres du tournant du 1er siècle apr. J.-C.

Les thèmes récurrents de ces lettres sont le Père, Jésus, l'Esprit, l'auteur, la communauté, les croyants, les déviants. Leur vocabulaire de base est : amour, aimer, connaître, communion, demeurer dans, antéchrist, etc. Il s'agit surtout d'aimer, d'éviter l'esprit du mal, de vivre dans la lumière, dans la justice et la vérité, en un mot en communion avec Dieu dont le nom est Amour.

1re Épître

La 1re Épître se présente comme une homélie plutôt que comme une épître traditionnelle, avec ses salutations (indiquant le nom de l'auteur et la destination de la lettre) et ses souhaits de conclusion caractéristiques. Elle était probablement destinée à une région, peut-être l'Asie Mineure, plutôt qu'à une Église. La lettre semble s'adresser à un groupe d'Églises pour les aider à rester fidèles dans la foi. Ces Églises sont menacées par certains « faux prophètes » (IV, 1) qui niaient que « Jésus-Christ venu dans la chair [et] est de Dieu » (IV, 2). L'enseignement de ces « antéchrists » (II, 18) était apparemment une forme naissante de gnosticisme, une philosophie religieuse qui prétendait atteindre Dieu par la seule connaissance. Par ailleurs, les adeptes de cette philosophie ne se préoccupaient pas de la manière dont ils vivaient (II, 4). Ils compromettaient tellement l'unité des premières Églises que l'auteur était pour le retrait de certains de ces « antéchrists » de la communauté chrétienne (II, 19). La lettre cherche également à contrer « l'esprit de l'erreur » (IV, 6) introduit par les faux prophètes. Il y a des divisions (IV, 3), des chrétiens qui ne s'aiment pas (II, 9 ; IV, 20), se considèrent sans péchés. D'autres ont quitté la communauté. L'auteur rappelle aux fidèles la vraie révélation, à savoir que « Dieu est Amour », qu'« il nous a aimés, et a envoyé son Fils en victime de propitiation pour nos péchés », et donc « si Dieu nous a ainsi aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres », car « Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et en nous son amour est accompli » (IV, 8-12).

2Épître

La 2e Épître, le livre le plus court de la (il ne comporte que treize versets), s'adresse à « la Dame élue et à ses enfants » (I, 1). Les spécialistes sont unanimes à convenir que « la Dame élue » citée ici n'est pas une femme mais une Église, sans doute l'une des Églises d'Asie Mineure. L'auteur reprend les points principaux de la 1re Épître (commandement de l'amour ; communion avec Dieu) sous une forme très abrégée (I, 4-9), en y ajoutant toutefois cette instruction que « si quelqu'un vient à vous sans apporter cette doctrine, ne le recevez pas chez vous » (I, 10). Cette personne est « le Séducteur et l'antéchrist » (I, 7) ; et celui qui lui offre l'hospitalité « participe à ses œuvres mauvaises » (I, 11).

3Épître

La 3e Épître, également brève (15 versets), est adressée à un individu appelé Gaïus (I, 1), apparemment membre exemplaire de l'Église. Le motif de la lettre semble être le comportement d'un autre membre, Diotréphès (I, 9). Diotréphès a refusé de reconnaître l'autorité de « l'Ancien », qui promet de s'occuper personnellement de Diotréphès plus tard (I, 10). L'auteur loue Gaïus pour son comportement (I, 3-7) et l'exhorte à continuer à accueillir les étrangers et à travailler « pour la Vérité » (I, 8).

"Jean, Épîtres de saint", Encyclopédie® Microsoft® Encarta 98. © 1993-1997 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.