Mahdi - Mahdisme
(de l'arabe, «le bien dirigé»), désigne dans l'islam celui qui restaurera, à la fin des temps, la foi originelle et la justice à la face du monde. Le terme et son concept n'apparaissant pas dans le Coran, cette notion ne revêt pas la même importance aux yeux de tous les musulmans. Elle est au cœur des ismaïliens chiites et imamites mais n'a jamais été fondamentale chez les sunnites, bien qu'elle soit largement reconnue par un certain nombre de sunnites et de soufis.
En plus de sa signification première, le terme admet aujourd'hui plusieurs acceptions différentes, en particulier millénaristes. Il a servi au départ de simple titre honorifique mais a très vite évolué pour acquérir son sens actuel, dès la première «guerre fratricide» de l'islam (684-692 apr. J.-C.). Durant les règnes successifs des Omeyades (661-750 apr. J-C.) et des Abbassides (750-1258), certains identifient le Mahdi avec le calife régnant et d'autres avec le descendant contemporain ou futur du prophète Mahomet, de sa fille Fatima. Les premiers chiites considèrent le Mahdi comme l'imam détenteur du pouvoir temporel. Les courants chiites ultérieurs le tiendront rétrospectivement pour un descendant de l'imam Hussein. Le Mahdi acquiert progressivement un rôle eschatologique et finit par devenir celui qui gouvernera le monde avant l'avènement du prophète Issa (Jésus), à la fin des temps. Les groupes chiites tels que les imamites, les qarmates ou les bohras qui interprètent la mort ou la disparition du dernier imam de leur lignée comme une «occultation» divine identifient leur imam caché au Mahdi. Depuis le Moyen Âge, certains théologiens sunnites ont considéré le Mahdi comme l'imam caché des chiites imamites tout en restant fidèles à la stricte interprétation sunnite en matière d'autorité religieuse. (Encarta)
MAHDISME
Terme arabe qui signifie «celui qui est guidé» et, par extension, étant donné que toute sage directive vient de Dieu, «celui qui est guidé par Dieu dans la bonne voie», mahdi désigne, dans l’islam (avec un succès prédominant dans le Maghreb), un prophète qui doit venir à la fin des temps pour purifier la communauté, rassembler les croyants et convertir le monde à la foi musulmane. Cette notion, qui, au cours de l’histoire, s’est enrichie d’aspects eschatologiques apparentés au millénarisme chrétien, s’appuie sur un certain nombre de hadiths selon lesquels le Prophète avait annoncé lui-même le retour ou l’avènement d’un mahdi. Selon Koleib ibn Djaaber, Mahomet aurait dit: «Après moi, il y aura des califes, des émirs; après les émirs, des rois superbes; c’est alors que viendra le mahdi, il sortira de ma famille et il remplira le monde de justice.» Ibn Abbas prête au Prophète cette parole: «Quatre croyants et infidèles ont régné sur le monde: les croyants sont Zoulkarneïn (Alexandre le Grand) et Soleïman (Salomon); les infidèles Nemrod et Bokht-en-Nsar (Nabuchodonosor); le cinquième qui le gouvernera sera le mahdi; il sortira de ma famille.»
Cette espérance a donné lieu à des computations qui ont fixé la venue du mahdi, par exemple à l’année 200 de l’hégire, et elle a surtout servi à certains insurgés politico-religieux qui se sont emparés du titre de mahdi pour accréditer leurs idées de réforme et entraîner la masse des croyants. Il serait difficile d’établir une liste de ces réformateurs, leur référence à cette notion n’étant pas toujours explicite. On pourrait citer Obaidallah al-Mahdi (909-934), initiateur de la dynastie fatimide en Afrique du Nord et en Égypte; Abdallah ibn Turmart qui, au XIIe siècle, a lancé la secte dynastique des Almohades à la conquête de l’Espagne; le mahdi d’Égypte; Muhammad Ahmad, dit le mahdi du Soudan.
Cependant, la notion de mahdi semble assez suspecte au moins dans de larges secteurs de l’islam. Les Wahhabites d’Arabie (XVIIIe s.) et les Senoussis de Libye (début du XXe s.) se gardent de s’y référer, le sunnisme orthodoxe considérant que le mahdi n’a pu venir encore. D’autre part, le shi‘isme, avec sa notion d’imam, qui correspondait à celle du mahdi, se fait une conception plus mystique et plus ésotérique de ce personnage qui, historique cependant, est l’ami de Dieu et le dépositaire de son esprit.
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