Mort de
Lénine
Vladimir Ilitch Oulianov,
dit Lénine, meurt dans sa maison de Gorki le 21 janvier
1924. Il a 53 ans.
Le maître d'oeuvre de la révolution bolchévik était paralysé depuis un an et demi et
avait dû renoncer peu à peu à l'exercice du pouvoir. Mais il avait eu le temps
d'installer la dictature de son parti après le coup d'Etat d'Octobre
1917.
Pendant la maladie de leur chef, les hiérarques communistes se disputent la succession.
C'est finalement l'opportuniste Staline qui l'emporte grâce à sa position clé au
secrétariat général du parti.
Il se rallie à la NEP (Nouvelle Politique économique) et
autorise une libéralisation de l'économie et de l'expression politique et
artistique.
Son principal opposant, le rigide Trotski, prône
la poursuite de la terreur révolutionnaire. Il est mis sur la touche et bientôt obligé
de fuir.
Un révolutionnaire de l'exil
Fils d'un fonctionnaire anobli par le tsar, avec des ascendances mongole, allemande,
suédoise,... Lénine est issu de la nouvelle bourgeoisie russe de la fin du tsarisme.
La mort prématurée de son père et l'exécution de son frère aîné en font un
intellectuel déclassé. Avec sa compagne, il découvre les mouvements révolutionnaires
et la doctrine marxiste. Son activisme lui vaut alors d'être condamné par la justice du
tsar.
Pendant son exil au bord de la Léna (d'où son surnom), il se marie religieusement.
Toute sa vie, au gré de ses pérégrinations et de ses fuites, en Suisse, en France ou
encore en Finlande, il sera servi avec diligence par sa femme.
Les désespoirs nés de la Grande Guerre et les faiblesses de la démocratie russe issue
de la Révolution de Février lui permettront de réaliser l'ambition de sa vie: prendre
le pouvoir en Russie.
Révolutionnaire monomaniaque et brutal, Lénine n'a aucun scrupule à faire mourir les
opposants à son régime, militants ou simples paysans.
Mais il n'a lui-même aucun goût pour le martyre et n'hésite pas à abandonner ses
partisans et à s'enfuir dans la difficulté.