Entrée des
franquistes à Madrid
Le 28 mars 1939, les nationalistes espagnols entrent à
Madrid. Ils font le défilé de la victoire devant leur chef ou caudillo,
Francesco Franco Bahamonde, un général de 46 ans.
C'est la fin d'une guerre civile de trois ans qui aura coûté à l'Espagne 500.000 morts
et autant d'exilés. C'est aussi la fin de la «République démocratique des
travailleurs de toutes classes», née en 1931.
Origines de la guerre
d'Espagne
Après la victoire du Front Populaire (Frente Popular) aux élections du 18
février 1936, le pays avait connu une flambée de violences, qui débouchèrent sur
l'assassinat du leader monarchiste Calvo Sotelo.
Il s'ensuivit un coup d'État
militaire aux îles Canaries et un débarquement de troupes sur la péninsule le 18
juillet 1936.
Hitler et Mussolini apportèrent aussitôt un soutien décisif à la rébellion «nationaliste»
cependant que les gouvernements démocrates de Londres et Paris refusaient d'intervenir.
Malgré sa réserve officielle, le gouvernement français envoyait néanmoins une aide
militaire massive aux républicains, notamment 200 avions.
Quelques dizaines de milliers de volontaires de toutes nations, surtout français,
s'engageaient par ailleurs dans les Brigades internationales aux côtés des
républicains. Parmi eux, Malraux ou encore Hemingway.
L'URSS de Staline affichait bruyamment son soutien aux républicains mais le dictateur
prenait soin de vendre chèrement ses armes aux républicains, engrangeant à Moscou pas
moins de 510 tonnes d'or espagnol.
Sur le terrain, les agents de Staline allaient principalement s'occuper d'éliminer les
militants trotskystes ou anarchistes ainsi que les dissidents communistes des Brigades
internationales, introduisant une guerre dans la guerre.
Les Allemands firent de l'Espagne un banc d'essai pour les armes nouvelles et les
tactiques de bombardement avant de les employer dans le reste de l'Europe.
Au bilan, les interventions extérieures, brouillonnes autant que meurtrières, allaient
reculer de plusieurs mois l'échéance fatale sans jamais donner une chance sérieuse aux
républicains de l'emporter.
Amère
victoire
Fort de sa victoire, le généralissime Franco instaurera en Espagne un régime
autoritaire et corporatiste semblable au régime mussolinien, mais avec une présence plus
marquée de la hiérarchie catholique.
Les institutions prendront la forme d'une monarchie... sans roi (comme en Hongrie,
quelques années plus tôt, sous le régent Horthy).
C'est seulement à sa mort, en 1976, que le dictateur espagnol organisera sa succession
par l'héritier des Bourbons d'Espagne, Juan Carlos 1er.
Comme s'il voulait enlever définitivement à son peuple l'envie de se déchirer à
nouveau, Franco va multiplier les exécutions sommaires.
La répression va faire presque autant de victimes que les combats eux-mêmes.
Invoquant l'épuisement de son pays, le caudillo se tiendra à l'écart de la
Seconde guerre mondiale.
Il renverra Hitler sans façon quand celui-ci viendra lui demander la permission de
traverser son pays pour enlever Gibraltar aux Anglais. Il se contentera d'envoyer quelques
troupes combattre les «hordes soviétiques».
Cette réserve doublée d'un témoignage d'anticommunisme vaudra au franquisme de survivre
à l'effondrement de l'Axe Berlin-Rome, mais au prix d'un long isolement diplomatique.