Mussolini
envahit l'Albanie
Le Vendredi Saint de l'an 1939, faisant fi de la trêve pascale, les
troupes italiennes envahissent l'Albanie.
Une semaine leur suffit pour occuper le pays qui était déjà depuis plusieurs années un
protectorat virtuel de l'Italie.
Le dictateur italien Benito Mussolini entre dans une surenchère guerrière avec son
homologue allemand, Hitler, qui a envahi la Tchécoslovaquie trois semaines avant.
Quelques mois plus tard, ce sera la seconde guerre mondiale!
Le roi d'Italie Victor-Emmanuel III ajoute le titre de roi d'Albanie à celui d'empereur
d'Ethiopie qu'il a acquis après la conquête difficile de ce pays trois ans plus tôt.
Le véritable roi d'Albanie s'enfuit (il mourra en exil à Paris en 1961). Zog 1er, de son
vrai nom Ahmed Zogou, avait pris le pouvoir en 1922, trois ans après que le pays eût
échappé au dépeçage et fait reconnaître son indépendance. Il s'était fait couronner
en 1928.
L'Italie fasciste veut utiliser le pays comme base d'agression vers la Grèce. Avec la
complicité d'Hitler, elle annexe le Kossovo à l'Albanie.
Après la défaite du régime fasciste, l'Albanie redevient indépendante sous le régime
communiste d'Enver Hodja.
Un pays isolé
Grande comme la Bretagne et aussi peuplée (3 millions d'habitants sur 28000 km2),
l'Albanie ou «pays des Aigles» souffre d'un relief montagneux qui l'isole du
monde.
Elle est l'héritière de l'Illyrie romaine et de l'Épire byzantine. Son nom apparaît
vers l'An 100. Il provient du tribu locale désignée par le géographe grec Ptolémée
sous le nom d'Albanoï.
Au Moyen Âge, Venise occupe les ports de Durazzo et Scutari. Les Turcs ottomans
s'emparent de l'intérieur du pays suite à leur victoire de Kosovo
Polié.
L'Albanie s'émancipe pendant quelques années grâce à
l'héroïsme d'un prince albanais du nom de Georges Castriota (Gjergj Kastrioti en
albanais).
Élevé à la cour de Mourad II, le jeune homme devient le favori du sultan et s'illustre
à la guerre sous le nom de Iskander bey, ou prince Alexandre, déformé en «Skanderbeg».
Suite à une défaite des Turcs face aux Hongrois à Nis, en 1443, Skanderbeg déserte
l'armée ottomane avec 300 Albanais. Il revient au christianisme de son enfance et se fait
proclamer souverain des Albanais.
Jusqu'à sa mort, le 17 janvier 1468, à 65 ans, les Albanais tiennent tête aux Ottomans.
Lui disparu, ils doivent se soumettre sans jamais cesser de se rebeller.
Suite à cette histoire tourmentée, les deux tiers des Albanais sont musulmans, les
autres sont orthodoxes ou catholiques.
L'Albanie fut libérée des Turcs à l'issue de la première guerre balkanique, en 1912,
au cours de laquelle une ligue balkanique constituée de la Serbie, de la Bulgarie, de la
Grèce et du Monténégro évinça presque complètement les Turcs du continent européen.
Mais l'année suivante, une deuxième guerre vit la Turquie, la Grèce, la Serbie, le
Monténégro et la Roumanie s'unir contre la Bulgarie pour rabaisser les prétentions de
celle-ci sur la Macédoine. L'Autriche-Hongrie et l'Italie firent alors pression pour
empêcher la Serbie d'annexer le territoire actuel de l'Albanie et d'obtenir ainsi un
accès direct sur l'Adriatique.
L'indépendance de l'Albanie fut confirmée par les grandes puissances européennes
en 1919, à l'issue de la Grande Guerre, cependant que le territoire du Kossovo, bien
qu'à majorité albanophone, demeurait serbe.
Après la sinistre dictature d'Enver Hodja, mort en 1985, les Albanais se sont mis à
rêver d'une vie normale au sein de l'Europe.
L'histoire et la géographie les laissent totalement indifférents à l'idée d'une «Grande
Albanie» qui rassemblerait dans un seul Etat les populations parlant leur langue, au
Kossovo, en Macédoine et en Albanie même.
La «Grande Albanie» est un fantasme occidental qui puise ses racines dans la
peur de l'Islam et que ravive le drame du Kossovo voisin. Elle a seulement trouvé un
embryon de réalité à l'époque fasciste, quand le Kossovo fut annexé à l'Albanie par
l'Italie !