Alexandre
Nevski repousse les Allemands
Au début du XIIIe siècle, Gengis Khan
et les Mongols ravagent et conquièrent la steppe, de la Chine aux abords de la Hongrie.
Le successeur de Gengis Khan s'installe à Sarai, sur les bords de la Volga, et après une
résistance opiniâtre, les princes russes, désunis, se soumettent à son autorité.
C'est ainsi que l'invasion mongole brise net en Russie les progrès de la civilisation.
Pendant ce temps, l'Occident brille de tous ses feux et érige ses cathédrales. En France
règne Saint Louis.
Les Suédois, les Allemands et les Lituaniens profitent de la situation pour tenter de
coloniser le nord de la plaine orientale.
Émergence de la Russie
Dans ce moment le plus tragique de l'histoire russe surgit un sauveur, Alexandre.
Il est le fils du grand-prince russe Iaroslav qui gouverne la principauté de Vladimir, au
nord de Moscou. Sa famille descend d'un aventurier suédois, Riurik. Ce Varègue,
ou Viking de l'Est, s'est proclamé prince de Novgorod au IXe siècle.
À la tête des troupes de la cité marchande de Novgorod, Alexandre (20
ans) vainc les Suédois le 5 juin 1240, au bord de la Neva.
Cette première victoire lui vaut le surnom de Nevski.
Le jeune prince est néanmoins déchu de son commandement par le Conseil du peuple de la
république de Novgorod.
Les Lituaniens et les Allemands en profitent pour engager à leur tour une vaste offensive
contre les principautés russes.
Devant le danger, l'archevêque de Novgorod rappelle Alexandre Nevski.
Le 5 avril 1242, Alexandre Nevski massacre les Chevaliers Teutoniques et les Chevaliers
Porte-Glaives sur les glaces du lac Peïpous, à la frontière de l'Estonie actuelle.
Les vaincus de la «bataille de la Glace» appartiennent à des ordres
monastiques d'origine allemande, à vocation militaire et colonisatrice.
Leur objectif officiel est de christianiser les populations semi-païennes de l'Europe
slave. Dans les faits, ils se montrent surtout attentifs à décimer ces populations et à
les remplacer par des colons allemands.
La victoire d'Alexandre Nevski met un terme à la poussée colonisatrice des Allemands
vers l'Est (le «Drang nach Osten»). Elle assure définitivement la
prééminence russe sur la plaine orientale.
L'un des fils d'Alexandre Nevski héritera de la petite principauté de Moscou. Il
témoignera d'une soumission exemplaire aux Mongols et leur bienveillance lui permettra
d'agréger peu à peu le peuple russe autour de sa principauté.
Les descendants d'Alexandre Nevski unifieront la plaine russe à leur profit jusqu'à ce
que l'un d'eux, Ivan IV le Terrible, s'émancipe
définitivement des Mongols et instaure par la violence un Etat centralisé.
Un héros national
En 1938, le cinéaste Eisenstein réalisera un film intitulé Alexandre Nevski,
avec une musique de Serge Prokoviev. Staline exploitera ce film de propagande
anti-allemande pour raviver le nationalisme grand-russe à la veille de la Seconde guerre
mondiale.