Arrestation
des Girondins
Le 2 juin 1793, 100.000 Parisiens en colère assiègent
l'Assemblée. Le sans-culotte Hanriot, à la tête de la garde nationale, menace les
députés de la Convention.
Les députés s'inclinent devant l'insurrection. Ils mettent en état d'arrestation 29 des
leurs qui figurent parmi les chefs des Girondins.
Ces Girondins, que l'on appelle ainsi parce que plusieurs étaient originaires du
département de la Gironde, étaient très liés à la bourgeoisie provinciale.
Groupés autour de Brissot et Vergniaud, ils souhaitaient arrêter le cours de la
Révolution après la victoire de Valmy (20 septembre
1792) et l'instauration de la République.
Mais au printemps, une succession de défaites militaires avait ranimé la crainte de
l'invasion. Les Vendéens s'étaient de leur côté
soulevés pour échapper à la levée en masse.
La disette et l'inflation réapparaissaient de plus belle.
Au contraire des Girondins, les députés de la Montagne (ainsi appelés parce qu'ils
siégeaient en haut de l'Assemblée) préconisaient des mesures draconiennes.
Robespierre, leur chef, craignait qu'une interruption du processus révolutionnaire
n'entraîne un retour en arrière.
Les Montagnards avaient déjà fait voter une loi sur le cours forcé de l'assignat et ils
avaient obtenu le lancement d'un «emprunt forcé»
sur les riches. Ils avaient aussi créé un Tribunal révolutionnaire et un Comité
de salut public.
Ils avaient le soutien des sans-culottes parisiens, de la Commune de Paris et du club des
Jacobins, ainsi que des bourgeois enrichis par la vente des biens nationaux. Leurs mesures
extrêmes leur rallièrent aussi le mouvement parisien des Enragés de Jacques Roux.
Les Girondins, bien qu'au gouvernement, furent acculés. Ils tentèrent de faire mettre en
accusation Marat, un agitateur populaire. De façon prévisible, celui-ci fut acquitté
par le Tribunal révolutionnaire.
Ils mirent alors sur pied, à la Convention, une Commission des Douze chargée
d'enquêter sur des pétitions contre eux-mêmes, qui circulaient dans les sections
parisiennes de sans-culottes.
Les Montagnards tentèrent une première fois, le 31 mai, d'organiser une insurrection
populaire autour de l'Assemblée pour abattre leurs rivaux. Mais l'insurrection n'aboutit
qu'à la suppression de la Commission des Douze.
L'insurrection du 2 juin, mieux organisée par les sections parisiennes de sans-culottes
et la garde nationale, atteint son objectif. Les Girondins, arrêtés et retenus à leur
domicile, s'enfuient et tentent sans succès de soulever les provinces.
Les Montagnards ayant enfin les mains libres, ce sera pendant 13 mois la Grande Terreur,
sous la dictature du Comité de Salut public.