Soliman
triomphe à Mohacs
Le 28 août 1526, le sultan turc Soliman II le Magnifique bat les Hongrois à Mohacs. La
Hongrie disparaît en tant qu’État indépendant.
Sous le long règne de
Soliman II 1520-1566), l'empire ottoman atteint son apogée et connaît une grande
effervescence artistique, illustrée par les réalisations architecturales de Sinan: les
mosquées Suleymanie, Selimanie,...
Il atteint aussi sa plus grande expansion territoriale, des frontières du Maroc à celles
de l'Iran, des portes de Vienne aux rives de l'océan Indien.
Quand il succède à 25 ans à son père Sélim 1er, justement surnommé le Cruel, Soliman
II a la chance de trouver un empire remis en ordre après les errances des sultans
précédents. La menace que fait peser l'Iran est contenue. L'administration tient les
provinces bien en main.
Avec le concours du grand vizir Ibrahim Pacha, un compagnon d'enfance, Soliman achève
sans tarder la conquête de la Méditerranée orientale, illustrée trois quarts de
siècle plus tôt par la prise spectaculaire de Constantinople.
Le 20 décembre 1522, après cinq mois de siège, il s'empare de la forteresse de Rhodes
que défendaient les chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
La menace vient désormais de l'Occident que domine l'empereur Charles-Quint. C'est ainsi
que Soliman monte une expédition préventive contre la Hongrie du roi Louis II, située
entre ses possessions des Balkans et celles de l'empereur germanique.
Victoire à scandale
Dans la plaine de Mohacs où les armées de Louis II et de Soliman se font face, ce
dernier a l'astuce de dégarnir son centre et d'en ouvrir les ranges pour y 'attirer la
puissante cavalerie hongroise.
Les chevaliers se lancent avec fougue dans le piège, dans le fol espoir de s'emparer du
sultan lui-même. Mais les rangs ottomans se referment sur eux et l'artillerie vient les
décimer. Certains, dont le roi, tentent de s'échapper par les marais où ils périssent
noyés.
Fort de cette victoire inattendue qui l'amène aux portes de l'Occident, le sultan peut
dès lors s'emparer tranquillement de Buda (aujourd'hui Budapest), capitale du royaume
hongrois.
Le 27 septembre 1529, les Ottomans arrivent aux portes de Vienne, la
capitale de la dynastie des Habsbourg à laquelle appartient l'empereur Charles Quint.
Soliman va-t-il s'emparer aussi de cette ville symbole? La résistance des habitants a
raison de sa détermination et il doit bientôt se retirer. Ses lointains successeurs
tenteront sans plus de succès un deuxième siège de la
prestigieuse cité.
A noter que Soliman doit pour partie sa victoire de Mohacs et ses succès suivants à son
alliance avec le roi de France François 1er, contre le Saint Empire de Charles Quint.
L’alliance impie fait scandale chez les chrétiens pieux.
Mais elle manifeste avec éclat l'évolution des mentalités au sortir du Moyen Âge. Pour
la première fois, en effet, en Occident, l’intérêt de l’État l’emporte
sur la solidarité religieuse.