21 février 1916

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Les baladins, par Pablo Picasso (Espagne et France 1881-1973), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

L'enfer de Verdun

Le déroulement de la Grande Guerre:

Origines du conflit

28/06/1914: attentat de Sarajevo

01/08/1914: mobilisation générale

30/08/1914: bataille de Tannenberg

26/04/1915: traité secret de Londres

07/05/1915: un sous-marin coule le Lusitania

24/04/1915: génocide des Arméniens

21/02/1916: bataille de Verdun

01/07/1916: offensive de la Somme

17/11/1917: Poincaré appelle Clemenceau

11/11/1918: armistice et arrêt des combats

28/06/1919 : traité de Versailles

Les séquelles du conflit
 

 La bataille de Verdun Le 21 février 1916, à 7h30, un déluge de feu s'abat sur les forts de Verdun et sur les tranchées où sont tapies trois divisions françaises.

L'artillerie allemande mobilise 1300 obusiers en tous genres. 

Pendant neuf heures, sur un front de quinze kilomètres, elle déverse un feu roulant avec une intensité jamais encore connue.

Un total de deux millions d'obus ravagent la zone. C'est au point que, par exemple, la fameuse cote 304 va perdre 7 mètres de hauteur et ne plus culminer qu'à 297 mètres!

Au milieu de l'après-midi, un grand silence tombe sur le champ de bataille.

A 16H 45, l'infanterie allemande monte à l'assaut des lignes françaises. Certains soldats sont équipés d'un lance-flammes. C'est la première fois qu'est employée cette arme terrible.

Ainsi commence la première bataille de l'ère industrielle, avec du matériel en quantité et l'objectif d'exterminer l'adversaire.

Verdun, sur la Meuse, en Lorraine, est un camp retranché qui pénètre comme un coin dans les lignes allemandes.

Ses fortifications sont réputées les meilleures d'Europe. C'est pourquoi l'état-major français a négligé d'y mettre des troupes en nombre suffisant, au grand désespoir du commandant de la région, le général Philippe Pétain.

Saigner l'adversaire

C'est à Verdun que le chef d'état-major allemand a décidé de porter une offensive décisive.

Erich von Falkenhayn veut en finir avec une guerre de positions qui dure depuis la bataille de la Marne, dix-huit mois plus tôt. Il projette de «saigner l'armée française» par des bombardements intensifs. C'est une innovation en matière guerrière.

Le chef d'état-major prépare son offensive dans le plus grand secret. Il fait creuser des tunnels en béton au plus près des tranchées françaises et aux six divisions allemandes présentes, il en ajoute deux.

Comme trop souvent, les services de renseignements français, qui ont vent de ces préparatifs, ne sont pas pris au sérieux par l'état-major.

Mais l'offensive allemande ayant été d'abord programmée pour le 11 février, le général Joffre a accepté quelques jours avant d'y envoyer quelques renforts.

Ils seront à pied d'oeuvre pour le jour effectif de l'offensive, celle-ci ayant été différée en raison du mauvais temps.

Heureusement, les poilus résistent héroïquement au premier choc, en dépit de la perte du fort de Douaumont. Très vite, le commandant de la IIe Armée, Philippe Pétain, organise la riposte. Il met en place une liaison avec Bar-le-Duc, à l'arrière.

En 24 heures, 6.000 camions montent vers le front en empruntant cette «Voie sacrée». L'assaut allemand est repoussé et la brèche colmatée.

Mais les attaques vont se renouveler pendant plusieurs mois, sans cesse contenues. Le 6 mars, les Allemands lancent une nouvelle attaque de grande ampleur à Mort-Homme, un hameau justement nommé.

«On les aura!» écrit Pétaindans le célèbre ordre du jour du 10 avril... peu avant d'être éloigné.

 Naissance du mythe Pétain

IIe Armée
Etat-major
3e Bureau

Le 9 avril est une journée glorieuse pour nos armées; les assaut furieux des armées du Kronprinz ont été partout brisés: Fantassins, artilleurs, sapeurs, aviateurs de la IIe Armée ont rivalisé d'héroïsme.
     Honneur à tous!
Les Allemands attaqueront sans doute encore, que chacun travaille et veille pour obtenir le même succès qu'hier!
Courage!... On les aura!...

                      Ph. Pétain

[ordre du jour N° 94 du 10 avril 1916]
 

Le 22 juin apparaissent les terrifiantes bombes au phosgène, un gaz mortel en quelques secondes.

Le 1er juillet, l'état-major anglais, tard intervenu dans le conflit, lance une grande offensive plus au nord, sur la Somme, pour soulager le front de Verdun.

Le 24 octobre, enfin, à Verdun, l'armée française entame une contre-offensive et reprend le fort de Douaumont en quatre heures.

A la fin de l'année 1916, l'avantage reste aux Français mais c'est au prix d'une terrible hécatombe.

Verdun est le tournant de la Grande Guerre et pour les poilus, le symbole de toutes ses horreurs. C'est que, par rotations successives, toute l'armée française a connu l'enfer de la bataille.

Il vaut la peine de lire Les croix de bois de Roland Dorgelès pour s'en faire une idée.

On peut aussi visiter l'ossuaire de Douaumont, qui conserve les restes d'environ 150.000 combattants non identifiés.

Le bilan humain de la bataille


Voici un relevé des pertes françaises à Verdun, du 21 février au 15 décembre 1916, d'après le Service Historique des Armées (sous la cote 12 N 3):

 Pertes françaises

 Tués: 61269 (1925 officiers, 59324 sous-officiers et hommes)

 Disparus: 101151 (1858 officiers, 99243 sous-officiers et hommes)

 Blessés: 216337 (5055 officiers, 211282 sous-officiers et hommes)

 Total: 378 777 morts, disparus ou blessés

Du côté allemand, le total des pertes (morts, blessés et disparus) est évalué à 335.000.

La bataille de Verdun est la plus meurtrière des batailles de la Grande Guerre de 1914-1918 derrière l'offensive de la Somme.

Remerciements à Christophe Simonin, de l'Association 1914-1918 et de l'Association nationale du souvenir de la bataille de Verdun, pour les chiffres qu'il a bien voulu communiquer.

 

Mise à jour le 24 février 2003