14 septembre 1759

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Le temps des Révolutions (1688-1848)
Ce jour-là...

Mort de Montcalm

Dans la nuit du 12 au 13 septembre 1759, les Anglais donnent l'assaut aux troupes françaises regroupées près de la ville de Québec.

Cette attaque est le point culminant de l'offensive entreprise deux ans plus tôt par le Premier ministre anglais, William Pitt the Elder (l'Ancien).

La perte de la Nouvelle-France

Appelé au gouvernement par le roi Georges III en 1757, il a engagé toutes ses forces contre les possessions de la France en Inde et au Canada.

Face à cette agression, la France de Louis XV s'est abstenue de répliquer. Elle devait mener en même temps, sur le continent européen, une guerre très dure contre la Prusse de Frédéric II, avec ses alliés autrichiens et russes. C'est ce qu'on appellera plus tard la guerre de Sept Ans.

Dans une première phase, les Français du Canada remportent de nombreuses victoires avec l'appui de leurs alliés indiens.

Leurs bandes, formées pour l'essentiel de Canadiens nés dans la Nouvelle-France, opèrent des coups de main audacieux. Elles s'emparent du fort Oswego en 1756 puis du fort William Henry en 1757.

Mais le gouverneur Vaudreuil doit céder le commandement des armées au marquis de Montcalm.

Ce général venu de la métropole ne manque pas de courage mais ignore les conditions de la guerre en Amérique.

Montcalm change de tactique et mène une guerre à l'européenne, en se concentrant sur les centres, en renonçant aux coups de main et en délaissant les alliés indiens.

Or, il ne dispose pour cela que de quelques milliers d'hommes tandis que William Pitt peut en aligner des dizaines de milliers, venus de Grande-Bretagne et des colonies anglaises d'Amérique.

À coups de boutoir, les Anglais enlèvent un à un tous les forts qui protègent les principaux centres, Montréal, Québec et Trois-Rivières.

C'est ainsi que le 20 juin 1759, une armée de 40.000 hommes appuyée par 150 vaisseaux commence le siège de Québec, que protègent 6.000 soldats.

Dans la nuit du 12 au 13 septembre, sous le commandement du général anglais James Wolfe (32 ans), 5.000 soldats escaladent le promontoire situé en amont de la ville.

Le marquis Louis Joseph de Montcalm de Saint Véran, qui commande les troupes françaises, accourt et met en ligne 4.000 hommes dans les plaines d'Abraham.

Wolfe meurt dans la fusillade cependant que Montcalm est mortellement blessé. Il meurt le lendemain, le 14 septembre.

La mort de Montcalm, estampe (BN)

Les Français tentent de regrouper leurs forces mais la ville de Québec, lassée des bombardements, finit par se rendre aux Anglais le 18 septembre, à la grande indignation du chevalier Gaston-François de Lévis: «Il est inouï que l'on rende une place sans qu'elle soit attaquée ni investie».

Au printemps 1760, arrivé de Montréal, le chevalier de Lévis tente de reprendre Québec aux Anglais. Il les défait non loin de la ville, à Saint-Foy.

Mais au lieu des renforts qu'il attend, c'est une escadre anglaise qui arrive sur le fleuve, pour secourir les assiégés.

Le gouverneur Vaudreuil n'a plus qu'à capituler en demandant l'assurance pour les habitants de pouvoir continuer à pratiquer leur religion catholique.

C'est peu après le tour de Montréal, dernière ville encore française.

Trois armées anglaises d'un total de 11.000 hommes l'encerclent. Lévis demande au gouverneur la permission de tenter une sortie avec ses 2400 hommes. L'honneur de l'armée française est en jeu. Le sort des habitants de Montréal aussi.

Le gouverneur de Vaudreuil choisit celui-ci. Le 8 septembre 1760, il signe une capitulation qui garantit l'intégrité physique et les droits des habitants (à son retour en France, cette capitulation sans gloire lui vaudra d'être enfermé à la Bastille).

De son côté, le chevalier de Lévis ordonne à ses troupes de «brûler leurs drapeaux pour se soustraire à la dure condition de les remettre aux ennemis».

Par le traité de Paris du 10 février 1763, Louis XV cèdera la Nouvelle-France aux Anglais.

Bien qu'abandonnés par la mère patrie, les habitants de la province, arrivés un siècle plus tôt de la région de Mortagne-au-Perche, resteront attachés à leur langue et à leur religion.

Au nombre de 65.000 environ, ils résisteront avec succès aux pressions de l'administration anglaise grâce à leur détermination... et à une fécondité exceptionnelle, l'une des plus élevées du monde.

De 70 000 au XVIIIème siècle, les Québécois sont devenus 7 millions aujourd'hui. Leur présence constitue la principale différence entre les sociétés canadienne et étasunienne. Elle préserve le Canada de la tentation de fusionner avec les États-Unis.

 

Mise à jour le 24 février 2003