Les Afghans
écrasent les Indiens à Panipat
Le 14 janvier 1761, une grande bataille a lieu à
Panipat, près de Delhi (Inde), en un lieu célèbre où s'affrontent régulièrement les
peuples de l'Asie du Sud.
Le vainqueur est Ahmed Shah Abdali. C'est un guerrier pashtoun de confession sunnite,
originaire des montagnes afghanes. Il écrase ce jour-là les Marathes et les Moghols de
l'Inde.
Les premiers forment une puissante confédération de principautés hindouistes au centre
du sous-continent. Mais ils sont divisés et haïs de leurs alliés, qu'ils accablent
d'impôts.
Les seconds conservent autour de Delhi les débris d'un puissant empire musulman fondé
par le conquérant Babur Shah après une bataille
victorieuse au même endroit, à Panipat, en 1526.
Le vainqueur, Ahmed Shah, avait d'abord guerroyé pour le compte du shah de Perse. Ayant
réuni les tribus afghanes sous son autorité, il s'en était désigné roi en 1747 et
avait fondé la dynastie Durrani, du nom de sa tribu (prédédemment nommée Abdali).
Se détournant de l'Inde, Ahmed Shah utilise la victoire de Panipat pour affermir
l'indépendance des tribus afghanes, tant sunnites que shi'ites, afin qu'elles ne
soient plus comme autrefois sujettes aux attaques de la Perse ou des potentats indiens.
A sa mort, en 1773, le royaume d'Afghanistan
atteindra sa plus grande expansion, du Tibet aux rives de l'océan Indien.
Sur le long terme, la victoire de Ahmed Shah va profiter surtout à la Compagnie anglaise
des Indes orientales en affaiblissant les principaux États de l'Inde qui auraient pu
s'opposer à son expansion.
La Compagnie va pouvoir poursuivre la colonisation du sous-continent pour le compte des
négociants britanniques.
Plus tard, l'Afghanistan subira à son tour la pression
des Britanniques... et leur donnera beaucoup de fil à retordre. Après beaucoup de
vicissitudes, son indépendance sera reconnue en 1921 par la Grande-Bretagne.