Naissance de
la Ve République
Le 28 septembre 1958, les Français votent par référendum pour une
nouvelle Constitution.
Par leur vote, ils entérinent le retour du général Charles De Gaulle au pouvoir, avec l'espoir qu'il mette un
terme rapide à la guerre d'Algérie. Néanmoins, celle-ci durera encore quatre longues
années avant de se terminer sur une rupture douloureuse.

Proposée par le général De Gaulle, la Constitution de la Ve République est approuvée
par près de 80% des votants métropolitains (avec 15% d'abstentions).
Elle met fin à l'instabilité gouvernementale qui caractérisait le régime issu de la
Libération.
Sous la IVe République, comme sous la IIIe, la composition des gouvernements faisait
l'objet de tractations de couloir entre les différents partis sans égard pour la
volonté exprimée par les électeurs.
C'était une différence essentielle par rapport à un régime parlementaire authentique
comme celui de Grande-Bretagne, où la direction du gouvernement revient en toutes
circonstances à la majorité parlementaire issue des urnes.
Malgré une instabilité politique comparable à celle de l'Italie d'après-guerre, la IVe
République a pu toutefois accomplir une oeuvre immense: liquidation de la guerre
d'Indochine, modernisation économique, création du Marché commun...
La Constitution ébauchée par le général De Gaulle instaure un régime
semi-présidentiel. Elle donne la primauté au Président de la République, qui nomme le
Premier ministre, peut dissoudre l'Assemblée nationale et peut prendre l'initiative d'un
référendum. Le Premier ministre doit néanmoins engager sa responsabilité devant le
Parlement.
L'inconvénient de cette formule apparaît pour la première fois en 1986 quand la
majorité parlementaire issue des élections législatives impose au Président François
Mitterrand un Premier ministre du camp opposé, Jacques Chirac.