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Lexique du 'Hassidismepar le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour IntroductionIl est indispensable de bien connaître pour bien aimer. Il est indispensable d'aimer TOUTES les différentes composantes du peuple juif qui sont les fonctions du même corps. Le Chla ou le 'Hida allaient de communautés en communautés pour les connaître profondément et apprendre d'elles. Ribbi Yisraël Abou'hatséra également et tous les Sages de tous les courants venaient le visiter. Dans cette même intention, avant de présenter le 'hassidisme, je place le grand maître de l'époque qui représentait une tendance très différente, le Gaone de Vilna. Justement parce qu'il fut en conflit avec courant 'hassidique. Dans le corps juif. Gaone. Gaone de Vilna
Le 19 Tichri, hiloula (décès) du Rav Eliahou ben Chlomo Zalmane, dit le Gaone de Vilna en Lithuanie (1720-1797). Né à Pessa'h comme le Rambam, il fut dès l'enfance et toute sa vie un génie intellectuel, possédant la Torah à trois ans et demi, capable de soutenir des discussions talmudiques à six ans et demi, et préparé avec soin pour devenir un grand maître en Torah. Il ne dormait que trois périodes d'une demi-heure par nuit consacrant le reste à l'étude de la Torah. Ses écrits couvrent tout le champ des sciences juives et il fut en même temps un mystique et un maître en middotes, dans la science du comportement moral selon la sainteté (qéddoucha) de la Torah. Il fut le maître de Rabbi 'Hayim de Volojine (1749-1821), le pédagogue des yeshivotes actuelles. Photo de cette célèbre yeshiva de Volojine:
Volozhyne.
Caractéristiques
Le
Rebbe Localisation
Pays
Nomination
Dynasties
Vie
interne Belzer Rebbe
Noms
actuels Principaux noms des Sages 'hassidiquesAlter (Rabbi Israël Alter de Gour). Baâl Chém Tov. Béer (Rabbi Dov Béer) Belz ('Hassidisme) Berditchév. Braslav.
Chernobyl. 'Hassidisme Eiger. Eizik. Rabbi Yits'haq Eizik Ger, ou Gerer. Voir GourGour. 'Houst et Leifer. Karline ou Karline-Stoline. C'est une dynastie de rabbins 'hassidiques qui a commencé avec R. Aharone Haggodol de Karline (1736-1772) qui était le disciple du Maguide de Mézérich. Les générations suivantes furent : R. Achér puis R. Aharone, R. Achér, R. YIsraël, R. Yo'hanane de Loutszk, R. Moché et l'actuel Stoliner Rebbe, qui est R. Baruch Méïr Yaâqov Halévi Chochéte. Lipqine. Loubavitch. Voir Baâl Chem Tov. Voir Schneersohn. Mendel. Rabbi Ména'hem Mendel de Qotsq Prémychlane. Rebbétzine. La femme du rabbin, en yiddish. Roche Hachanna de la 'hassidoute. Satmar. Schneersohn.
Rabbi Ména'hém Mendel Schneersohn Il a diffusé la 'hassidoute de 'Habad
dans les différentes communautés et dans les différentes régions du monde,
par l'intermédiaire de l'insistance sur l'amour d'Israël, l'envoyé de
nombreux émisaires mandatés, et un un sens incomparable de l'utilisation des
médias. - ceux qui continuent la conception juive et 'hassidique active mais classique du Rabbi, de la vie posthume de tout Sage décédé et de la venue du Machia'h, et qui estiment préjudiciables au mouvement Loubavitch les clivages actuels ; ensuite, - ceux qui affirment que le Rabbi était "le" Machia'h ; - enfin, ceux qui continuent à dénier sa mort concrète et le considèrent en Machia'h vivant concrètement mais caché. Cette dernière tendance messianique radicale est ferme sur ses positions qu'elle estime être la vérité historique et définitive ; certains, à l'intérieur et à l'extérieur du mouvement craignent que cette tendance rejoigne la liste longue des célèbres déviations qui ont marqué périodiquement et de façon dangereuse l'histoire du judaïsme. Ces trois courants ont une même vénération pour
tout ce qui concerne le Rabbi et vivent le temps dans le calendrier précis
des événements qui ont été ceux de cette lignée. Tanya. Tiqqoune 1. c'est la réparation d'un manque ou d'un défaut, qu'ils soient dans la fabrication ou dans ce qu'est devenu un objet, une personne, une situation. 2. C'est la technique de réparation établie par nos Sages et qui consiste dans des programmes précis de textes à étudier, de prières à dire, à des dates ou heures particulières ou dans des circonstances précises, après avoir réalisé des actes précis de purification des intentions (par exemple, miqvé, tsédaqa, viddouï ; bain de purification, bienfaisance, aveu des fautes, etc.). Ainsi, le Tiqqoune 'hatsote qui se dit la nuit à minuit. 3. Un tiqqoune particulier basé également sur des textes composés par les Sages, est le corpus de textes que l'on lit pendant la nuit de certaines fêtes comme le tiqqoune Chavouôte, le Tiqqoune de la nuit de Hochaâna Rabba (voir ces deux mots, à la suite de celui-ci). 4. Le "tiqqoune néchama" entre dans ces cadres qui dépassent le niveau du commun. Il s'agit d'améliorer l'être, non plus seulement dans ses comportements et dans ses attitudes intérieures, mais dans la nature de son âme car il y aurait eu des accidents de parcours, soit dans les vies antérieures, soit dans le processus de purification après la mort, et l'âme aurait besoin de l'aide de prières. Les plus grands mystiques juives parlent de cela. Mais, ici, c'est plus qu'une mise en garde qu'il faut placer ; en effet, qui peut prétendre qu'il vit à ces niveaux de pureté, qu'il a reçu le don divin de voir et de comprendre ces niveaux ? Qui se prononce là-dessus et prétend interpréter ou donner des conseils en ce domaine est un dangereux charlatan, hormis les rares Sages reconnus comme tels par les plus grands tsaddiqim de la génération. Le judaïsme, qui a une longue expérience millénaire des conduites des hommes, met en garde contre les tentatives de s'égarer dans les situations extrêmes. Les fils de Aharone ont péri dans cette voie ; le roi David pensait pouvoir aisément affronter ces voyages avec leurs épreuves et il a reçu des épreuves qu'il lui furent très difficile de supporter. Et aucun de nous n'avons ces niveaux. Il existe une pathologie de ces expériences, dont parle la littérature 'hassidique et le folklore concernant le "dibbouq". 5. En ce sens, dans la conduite populaire, on parle aussi de "tiqqouné chabbate" (au pluriel) pour désigner la pratique de lire des ensembles de cantiques ou psaumes qui mettent en valeur la beauté du Chabbate, et qui ont été organisés par les caballistes, spécialement le Ari zal. 6. Dans la même ligne, on désigne le "tiqqoune Klali" mis en valeur par Rabbi Na'hmane de Braslav pour la purification des pensées. et du corps. 7. On parle aussi de "tiqqoune ha lachone" quand une lettre supplémentaire apparait et produit des anomalies dans une forme grammaticale d'un mot. Voyez l'analyse de ce phénomène par Rachi dans son commentaire de Béréchite 49, 22 et Chémote 18, 8 et Bamidbar 11, 16 et Isaïe 9, 6 et Job 32, 3. Il y a des raisons très profondes à ces anomalies, qui transmettent souvent des secrets de la Torah, ou parfois ce sont des formes qui permettent d'éviter une lecture qui porterait préjudice à la dignité de la Torah. 8. On parle alors de "tiqqoune sofrim". On parle aussi de tiqqoune qoreim à propos d'un livre qui donne toutes les précisions pour ne pas faire d'erreurs dans la lecture de la Torah . 9. Last but not least, les Tiqqouné hazzohar sont l'un des livres du Zohar qui, en 70 chapitres, commentent uniquement le premier mot de la Torah et décrivent les nombreuses correspondances qui existent entre les lettres ou les versets de la Torah, aux niveaux les plus élevés. Ce livre est écrit en araméen. Il est la base de la plupart des commentaires de la cabale qui sont développés ultérieurement 10. Une expression courante, qui joue sur tous ses niveaux, mais en revenant sur le plan de l'organisation sociale, est le "tiqqoune haôlam" ; c'est souvent une décision d'un Sage reconnu par la génération entière qui décide d'une mesure qui change les usages, mais justement parce que cela remet dans le bon ordre des choses. On en parle ainsi pour ce qui vient améliorer les choses dans la paix. 11. Enfin, tout cet ensemble s'insère dans une conception générale présente dans le judaïsme le plus authentique que le peuple juif est engagé dans un "tiqqoune" du monde où agissent des forces positives et négatives depuius la faute d'Adam. La réparation a commencé avec les patriarches, elle s'est poursuivie sur le plan familial puis national ; il y a eu des rechutes comme les phases de destruction du Temple ; il y a aussi une certitude que le processus de réparation n'échouera pas et qu'il y aura des phases propices au retour au projet divin. On trouve là le concept de téchouva (retour), celui de Machia'h qui est très complexe et est analysé avec précision à la fin du Traité Sanhédrine et par le Rambam. Il y a toujours eu des individus qui exploitent ces espérances pour abuser des personnes de qualité qui n'ont pas de formation suffisante dans le discernement. C'est tout le problème constant des faux-messies. En résumé, à la fois, la réalité du tiqqoune est authentiquement juive, et le processus est très complexe à mobiliser et à discerner. C'est cependant une des bases de la émouna juive, confiance et foi ; c'est pour cela que le Rambam l'a introduit dans ses iqarim, principes de base. Tsaddiq Tsimtsoum. Vizhnitz. |
Le Lév Gompers
Qu'est-ce que la
Torah orale ?
(Torah ché bé âl pé)
par Yehoshua Ra'hamim Dufour
D'une part, conceptuellement, nous pouvons
dire que la Torah orale est composée de différentes dimensions.
D'autre part, pour comprendre son fonctionnement, il faut saisir toutes ces
dimensions simultanément, en une seule dynamique vivante.
Les différentes dimensions de la Torah orale
1. La Torah orale est l'une des deux
composantes de la révélation qui a été transmise à Moché Rabbénou sur le Mont
Sinaï (an 2448 après la création)
La preuve
traditionnelle en est donnée dans la Torah écrite elle-même ; dans le livre
de Chémote, Exode 34, 27, il est écrit :
ki âl pi haddévarim haéllé karati itékha bérite vé éte Yisrael
car (âl pi, par) par ces paroles j'ai conclu une alliance avec toi
et avec Yisrael.
L'importance majeure de cette phrase est manifeste quand nous savons qu'elle
est mise, précisément, en tête de leur présentation de la Torah orale ou du
talmud aussi bien par
- le Séfér Hakkéritoute,
- le Chla dans Torah che bé al pé, Torah orale, ouvrage inséré dans
les Chnéï Lou'hote Habbrite,
- Rabbénou Yossef Qaro dans ses Klaléï Hagguémara, etc.
Essayons de découvrir ce que nous dit cette
expression âl pi.
Les deux composantes (parole et écrit) sont indiquées en ce verset car
l'expression âl pi (qui signifie par) veut dire littéralement : sur la
bouche, par la parole orale. A partir de la condensation de ces deux
significations (révélation de la Torah et "sur la bouche"), le Chla
présente tout l'ensemble des règles qui permettent de lire et de comprendre
le talmud. Il répartit ces règles selon l'anagramme de chacune des lettres de
ce verset, artifice pédagogique qui veut authentifier et fixer encore ce
point de l'unité de la transmission de la Torah écrite et de la Torah orale.
Le côté oral de la Torah est rendu par la racine (pé, la bouche)
indiquée dans le verset cité, mais il est rendu aussi dans l'expression
disant que Moché Rabbénou a reçu la Torah par un processus de transmission
qui s'est fait (pé él pé, bouche à bouche) ; il est dit ensuite que
cette Torah a été transmise de génération en génération, et ainsi (kol
é'had omér, chacun dit) ce qu'il a entendu de la bouche dans la chaîne de
réception (chemouâto mi pi haqqabbala), chacun de la bouche de chacun
(iche mipi iche).
Rachi appelle ce processus : la michna, c'est à dire "le processus
continu d'enseignement traditionnel passant de bouche en bouche" et non
seulement la michna comme "recueil" réalisé par Ribbi Yéhouda
Hannassi.
Le traité Guittine 60 b se réfère également à l'idée de la conjonction de la
Torah écrite et de la Torah orale : Moché Rabbénou a reçu en même temps à la
fois les mitsvotes, et leur signification, comme le dira Maïmonide (kol
mitsva bi féroucha, toute mitsva dans sa signification).
Ensuite, Moché Rabbénou a transmis à la fois la mitsva et sa signification à
Yéhochouâ bine Noun (Josué) qui les a intégralement transmises par seule
transmission orale aux zéqénim (anciens), eux-mêmes aux néviim
(prophètes), eux ensuite aux Anechéï knésséte hagguédola (maîtres de
la Grande Assemblée) et ceux-là aux maîtres de la michna (les zougotes
puis les tannaïm, puis les amoraïm, puis les savoraïm,
puis les guéonim, etc.. Cette partie de la transmission peut être l’objet
de la compréhension par la réflexion (dérékh sévara), grâce aux 13
middotes ou règles particulières d’analyse et d’interprétation (dérékh
îyoune).
L'instance qui établissait officiellement le contenu de la Torah ché bé âl
pé était le Grand Sanhédrine de Jérusalem et, tant qu'il existait, il n'y
avait pas de querelles sur ces questions.
2. La Torah orale explicite la Torah écrite
Donnons
un exemple : dans le livre de Dévarim (Deutéronome 12, 21), il est écrit :
vézava'hta mibékarékha... kaachér tsivitikha
tu pourras tuer ton bétail de la manière que je t'ai prescrite.
Or cette manière de la tuer, la ché'hita, comme le souligne Rachi, n'est
pas décrite dans la Torah ; donc la Torah écrite indique bien par là
- qu'il y a d'autres éléments révélés que ceux qui nous ont été transmis
explicitement par la Torah écrite,
- qu'ils sont, de plus, liés à cette Torah écrite, puisqu'elle-même s'y réfère,
- qu'ils ont été transmis de génération en génération, et sont enseignés et
pratiqués par transmission jusqu'à aujourd'hui.
Un autre exemple célèbre est celui de la prescription concernant le fruit
utilisé dans le loulav pour faire les bénédictions lors de la fête de
Souccote. Le texte de la Torah écrite (Vayiqra, Lévitique 23, 40) parle
seulement du "fruit de l'arbre de beauté" : péri êts hadar.
On sait qu'il s'agit de l'étrog, uniquement par la transmission orale, qui en
a été faite à Moché Rabbénou et qu'il a transmise à son tour.
Ces types d'éléments constituent une partie de ce que l'on appelle la Torah
orale, qui complète donc la Torah écrite. Le Sifré précise ce principe (c'est
un middrache halakha due à Ribbi Chimeône dans la tradition de Ribbi
Âqiva).
On verra par ailleurs que cette Torah orale ayant également été mise par
écrit (michna) à une certaine époque, le terme "orale" (béâl
pé) ne doit donc pas créer une erreur consistant à croire qu'elle n'est
pas mise par écrit jusqu'à nos jours.
3. La Torah orale fournit les applications
de la Torah écrite
L'exemple
précédent nous a montré aussi que la Torah orale concernant la ché'hita
(abattage rituel) comporte des applications pratiques des grands principes de
la Torah écrite. Sans cette sorte d'éclairage, de nombreux passages de la
Torah écrite seraient inapplicables. Ce recueil de la tradition orale,
donnant les détails pratiques de l'application dans l'action, est ce que l'on
appelle la halakha, qui vient donc également de Moché Rabbénou15.
Rav Lévi bar Hama, au nom de Réche Laqiche, explique cela exactement dans le
traité Berakhote 5a, après avoir posé la question :
"Pourquoi est-il écrit dans la Torah (Chémote, Exode 24, 12) : et je te
donnerai les tables de pierre et la Torah et la mitsva que j'ai écrites pour
qu'on les enseigne ?"
Le talmud détaille ainsi la signification de toutes les parties de ce verset
:
a) lou'hote éllou âsséréte haddibérote
"les tables", ce sont les dix paroles,
b) Torah zé miqra
"la Torah", c'est l'Écriture,
c) véhammitsva zo michna
"et la mitsva", c'est la michna,
d) achér katavti éllou néviim oukhétouvim
"que j'ai écrites", ce sont les prophètes et les écrits
hagiographiques,
e) léhorotam zé guémara
"pour les enseigner", c'est la guémara (et Rachi commente
souvent :
la réflexion sur ce qui fonde les mitsvotes, c'est la guémara),
f) mélaméd chékoulam niténou léMoché misinaï
"enseigne", c'est que tous furent donnés à Moché depuis le
Sinaï".
4. La Torah orale, seule, apporte certaines
précisions
Parfois,
de nombreux passages de la Torah écrite seraient incompréhensibles en
eux-mêmes, comme les totafote ou "téfilines de la tête"
(Chémote, Exode 13, 16 et Dévarim, Deutéronome 6, 8), sans l'explication
reçue de la tradition, qui se base sur l'origine du mot. Bien souvent, Rachi
fournit cette explication recueillie auprès de la tradition orale, par
l'enseignement qu'il en a reçu ou tel qu'il est transcrit dans les
middrachim, dans le Middrache Tan'houma par exemple, qu'il cite
souvent. Cette dimension de la Torah orale est d'éclaircir la Torah écrite et
de montrer les nombreuses applications d'un passage qui, de prime abord, ne
semblait pas explicite dans la Torah :
miqra mouât véhalakhote méroubote
de l'Ecriture un peu et des halakhotes nombreuses.
5. La Torah orale éclaire sur des
prescriptions non écrites
Par
ailleurs, certaines prescriptions ont été transmises oralement depuis Moché
Rabbénou sans qu'il y ait de support à cette prescription dans le texte écrit
; on parlera alors techniquement de
halakha léMoché missinaï
prescriptions de Moché depuis le Sinaï.
Il s’agit d’une transmission qui ne peut se rencontrer ni par la
lecture du texte de la Torah (mine hakkatouv) ni par la réflexion
logique (dérékh sévara).
Si la Torah écrite est la Torah fixée en lettres sur les rouleaux de la
Torah, la Torah orale est, donc, fixée directement dans le souvenir, les
actes et les paroles des Juifs. De plus, ils sont la matière vivante de sa
transmission. Des traditions nombreuses et différentes ont ainsi été
transmises ('Haguiga 12) et nous verrons que plusieurs maîtres avaient déjà
entrepris de les recueillir avant que Ribbi Yéhouda Hannassi ne décidât de
recueillir "toutes" les traditions de la Torah orale.
6. La Torah orale nous donne les middote
ou règles de compréhension
La Torah
orale inclut aussi la tentative de compréhension de la Torah écrite telle
qu'elle découle de la mise en œuvre des règles traditionnelles
d'interprétation du texte. Ces règles, les middote, ne sont pas
établies par les lecteurs mais elles ont été mises au point, recensées ou
transmises par les grands maîtres : ce sont les 7 règles de Hillel (chéva
middote chél Hillel), les 13 règles de Ribbi Yichmâel (chloche esré
middote), qui sont elles-mêmes en liaison, souligne le Chla, avec les 13
démarches de D-ieu (chloche êsré middote chél Haqqadoche baroukh Hou),
les 32 règles de Ribbi Éliêzér, fils de Ribbi Yossi Haggalili (chlochim
ouchtayim middote), les 27 règles du Chla. Nous reviendrons sur ces
règles.
La mise en jeu de ces règles de lecture et de compréhension n'a pas encore
épuisé tout son potentiel, c'est l'œuvre de toutes les générations. Elle
demande avant tout une connaissance fine et rigoureuse de la technique de ces
systèmes d'interprétation.
Ces règles ne sont pas des artifices d'interprétation mais elles dévoilent la
connaissance de la logique interne du texte révélé, qui est bâti selon des
règles précises ; ce sont des règles de compréhension exacte.
Une partie très importante de la guémara est constituée par ces tentatives
d'interprétation réalisées par les grands maîtres, leurs débats à ce sujet (souguiyote)
et leurs contestations des tentatives des collègues, ceci dans le but d'être
fidèles au texte. Pour cela, ils utilisent très souvent ces mêmes règles
traditionnelles communes. Leur débat n’est donc pas une querelle
d'Écoles mais une discussion exigeante par sa rigueur qui est
"disputation orientée vers la volonté du Ciel" :
ma'hloqéte léchém chamayim.
Ces middotes, de par leur complexité, demandent un exposé séparé ; il
sera présenté plus loin, de même que les règles des (souguiote, débats
talmudiques). Comme il y a une gradation dans la force contraignante des
différentes middotes, une grande place est laissée au débat, à la
confrontation des opinions (ma’hloqète).
7. La Torah orale nous transmet les divréï
sofrim
Les divréï
sofrim sont les prescriptions formulées par les Sofrim ou Sages experts
en toutes les lettres de la Torah, depuis Moché Rabbénou jusqu'à la fin de la
rédaction de la michna.
Leurs préceptes, exprimés avec la plus grande minutie, ne sont pas des
inventions ni des exercices de rhétorique mais
- ils constituent une formulation des préceptes de la Torah,
- auxquels ils ajoutent aussi des preuves explicites tirées de la Torah.
Le Maharal de Prague estime ce point si important qu'il le précise dès le
début de son Béer Haggola, Le Puits de l'exil.
Pour faire comprendre que tout l'édifice de leurs explications n'est pas une
broderie autour de la Torah, le talmud dit que
- D-ieu a montré à Moché Rabbénou tout ce que ces Sages apporteraient
ultérieurement comme précisions sur la Torah (diqdouqéï sofrim, les
précisions des sofrim) ;
- leurs apports sont à respecter plus encore que ce que l'on peut comprendre
directement de la Torah, au point que leur transgression est mortelle (voir
Méguila 19 b).
8. La Torah orale nous transmet le
middrache
Cette
formulation est une extension du point précédent. Le middrache est un travail
exégétique approfondi sur le texte pour en tirer des interprétations solides,
qui ne sont pas évidentes à première lecture. Un témoignage ancien nous est
donné en Néhémie 8, 8 : "Ils faisaient la lecture de la Torah de Moché
Rabbénou d'une manière distincte et en indiquaient le sens de sorte que l'on
comprit le texte" (Qiddouchine 37 b).
On parle ainsi de Sages qui étaient des darchanim guédolim, grands
interprètes. Leur activité s'étendait spécialement aux parties de la Torah
qui ne sont pas prescriptives en mitsvotes mais davantage centrées sur
l'exhortation, la signification et la morale, ce que l'on appelle la haggada
(avec un alef en début de mot, et non un avec un hé comme dans
la haggada de Pessa'h).
On y ajouta aussi des thèmes de cette nature, qui entouraient les discussions
centrées sur la halakha. Ils sont l'œuvre de Sages nommés rabbanane
di aggadata. Ceux qui ont collecté ces haggadote ont reçu le nom de méssadér
aggadta, comme Rabbi Chimeône ben Pazzi (traité Bérakhote 10 a).
Les principaux recueils de ces nombreux middrachim sont
- le Béréchite Rabba, qui commente tous les versets du livre de la Genèse, dû à Ribbi Hochaya, amora du 3e siècle de l'ère actuelle ; des recueils plus récents furent groupés également pour les autres livres de la Torah ;
- la Mékhilta sur Chémote, le livre de l'Exode, due à l'École de Ribbi Yichmâel et Ribbi Âqiva ;
- le Sifra, ou Torahte Cohanim sur Vayiqra, le livre du Lévitique, dû à l'École de Ribbi Âqiva, de l'époque de Rabbi et de Ribbi 'Hiya.
- le Sifré sur Bamidbbar, le livre des Nombres, dû à l'École de Ribbi Yichmâel et de Ribbi Âqiva ;
- le Sifré sur Dévarim, le livre du Deutéronome, composé à la fois de halakha et de haggada et dû à l'École de Ribbi Yichmâel et de Ribbi Âqiva ;
- le Middrache Tan'houma ou Tan'houma Yélamdénou (sur l'ensemble de la Torah) concerne la halakha, l'exégèse et l'exhortation. Rachi y a puisé de nombreuses interprétations.
- les middrachim sur les livres de Eikha, Lamentations, Isaïe, Jonas, Job, Cantique des Cantiques (Chir hacchirim), Ruth, Esther... ;
- les Pirqéï de Ribbi Éliêzér qui dépeignent les merveilles de D-ieu dans la création et dans l'histoire de son peuple ; ils sont antérieurs à la rédaction de la michna.
De nombreux autres recueils de middrachim existent également.
9. La Torah orale nous transmet les
séyagim, haies.
La
guémara consacre une partie de son propos à la discussion de mesures
pertinentes à prendre dans la vie quotidienne pour qu'elle soit vécue selon
la Torah et elle constate qu'il y a nécessité d'ajouter aux prescriptions
explicites de la Torah des "haies" de protection autour de la Torah
: séyag la Torah ; c'est-à-dire placer des haies à proximité de choses
interdites par la Torah pour que le Juif parvienne à s'en préserver. Cette
préoccupation ne relève pas d'une tendance naturelle à la fermeture de la
part de tout groupe spécifique qui s'enclôt sur soi-même en multipliant les
interdits, ni même d'une sagesse particulière mais, comme l'explicite le
traité Yevamote 21 a, d'une prescription inscrite dans le texte même de la
Tora. En effet, dans Vayiqra (Lévitique 18, 30) il est écrit :
ouchémartém éte michmarti
gardez mes observances.
La fonction de ces haies est d'aider l'homme à éviter la transgression. Il va
de soi que si des humains peuvent construire des haies pour protéger la Tora
écrite, ils ne peuvent pas mettre des haies pour protéger à leur tour celles-là,
qui ne sont plus d'origine divine.
On formule ce principe en disant :
éïn gozérim guézéra laguézéra
on ne rajoute pas de haie à la haie ('Houline 104 b).
Ce sont les prophètes (néviim) puis les Sages ('hakhamim) de la
Grande Assemblée qui, parmi les trois prescriptions qu'ils établirent,
fixèrent les principales haies, comme il est écrit dans le traité des Pères
1, 1. Ils les nommèrent guézérote, coupures. Les Sages des différentes
époques ont continué à élaborer ces mesures adaptées aux conditions de chaque
génération.
En ce sens, on parle aussi de Massoréte sayag la Torah à propos de la
tradition qui règle la façon d'écrire le texte de la Torah dans les moindres
détails (ibid. 3, 13).
Un principe important est qu'une haie n'est prescrite que lorsque la majorité
du peuple peut l'appliquer (Baba Qama 60 b).
10. La Torah orale comprend aussi le nistar
La
guémara apporte également, avec discrétion, des indications sur le sens le
plus profond, le plus caché de la Torah, le nistar, comme dans le
traité 'Haguiga 13. Elle précise alors comment doit se faire cet
enseignement, à un seul élève, en petit groupe ou en public, suivant
l'importance du sujet.
Concernant ce nistar, une question est souvent discutée : celle de savoir si
l'urgence ou les périls de la destruction de la communauté juive ne
rendraient pas obligatoire l'enseignement de cet essentiel. D'autres
apportent un critère supplémentaire : l'urgence viendrait du fait que l'on se
rapprocherait de la fin des temps espérés.
11. La Torah orale comprend aussi les minhaguim
La
guémara inclut également la description d'us et coutumes (minhaguim ; minhag,
au singulier) dont, à première vue, il n'est pas toujours clair de savoir
s'ils sont référés à la Torah ou non. Cette question touche à la plus vive sensibilité
populaire car toute coutume est la forme la plus affective du lien entre les
générations familiales :
minhag avotéihém béyadéhém
le minhag des ancêtres est dans leur mains (Chabbate 35, Erouvine
104...),
ce qui sous-entendrait que les descendants ne peuvent le modifier, argument
qui est souvent invoqué pour défendre sa propre pratique. Abbayé l'amora
emploie la formule naqtinane (est admis chez nous) pour indiquer qu'il
va donner à l'appui du problème une tradition de halakha reçue de sa
tradition, et Rachi le précise :
massoréte avotéinou, minhag avotéinou
la tradition transmise par nos pères, de génération en génération
(Erouvine 5 a).
Les Sages ont été sensibles au risque d'immobilisme ou de transmission de
coutumes erronées qui pouvait en découler car la fidélité affective à des
erreurs récentes des dernières générations peut ainsi conduire à des
traditions nouvelles contraires à la Torah ; c'est pourquoi les Sages ont
apporté des règles sûres et faciles à comprendre pour trier le pur de la fantaisie
crédule ou de l'imitation des coutumes locales, surtout quand elles invoquent
le principe mal compris :
minhag mévatél halakha
la coutume annule la halakha (Yébamote, Jérusalem 12).
En fait, ce principe exact ne s'applique que pour un minhag qui est "antique".
Le Séfér Hakkéritoute (4, 3, 19) le dit explicitement :
minhag ché amrou ché mévatél halakha minhag vatiqine
un minhag dont on dit qu'il annule la halakha est le minhag
ancien ;
et ce n'est pas seulement celui que l'on a vu pratiquer soi-disant "depuis
toujours".
Et le Séfér Hakkéritoute ajoute nettement et délicatement l'adage :
aval minhag ché eïn lo réaya mine hattorah eïno élla kétoêh béchiqoul
haddaâte
mais le minhag qui n'a en lui rien de la Torah n'est rien d'autre qu'une
faute de jugement.
Donc, seul un talmid 'hakham (disciple des Sages) instruit dans toute
la tradition de la Torah et dans l'histoire de la tradition d'une communauté
particulière peut se prononcer sur ces questions, et les particuliers
confrontés à ce problème ne doivent pas s'en référer à leur seule fidélité
affective ni à leur jugement insuffisamment éclairé. On ne peut se permettre
de se tromper en ce qui concerne la Torah elle-même.
Le Rav Ôvadia Yossef, Richone létsione, chalita, recense 24
règles s'appliquant aux minhaguim (pages 17-19 du tome 1 de Yé'ahavé daâte),
dont celles-ci :
- ce que la Torah permet, si on y applique des interdits, ils viennent des
rabbins (talmidéï 'hakhamim, posseqim) et ce ne sont pas les
particuliers qui ont la compétence pour se prononcer à leur sujet ;
- quand un minhag est en contradiction avec une prescription de la
Torah, on ne peut pas lui appliquer la règle minhag mévatél halakha
(le minhag annule la halakha) ;
- un minhag qui ajoute des interdits qui conduisent à faire des
transgressions de la Torah, c'est une mitsva que de l'annuler, etc.
La technicité et la gravité du problème exigent donc une grande connaissance
des règles en la matière.
En fait, la source de la majorité de ces coutumes diverses vient de la
dispersion du peuple juif, car lorsque le Béit dine Haggadol
existait à Jérusalem et assurait l'unité, il n'y avait pas de disputes au
sujet de ces coutumes : il en établissait la validité et leur diversité
éventuelle ne faisait que correspondre clairement aux différentes voies de la
transmission.
Résumons l'ensemble de ces 11 paramètres de la Torah orale pour bien les mémoriser :
1. Elle est l'une des deux composantes de la révélation qui a été transmise à Moché Rabbénou sur le Mont Sinaï, et la Torah écrite et la Torah orale sont une seule Torah.
2. Elle complète la Torah écrite.
3. Elle fournit les applications de la Torah écrite.
4. Elle apporte certaines précisions.
5. Elle éclaire sur des prescriptions non écrites.
6. Elle donne les middote ou règles de compréhension.
7. Elle transmet les divréï sofrim.
8. Elle transmet le middrache.
9. Elle transmet les séyagim, haies.
10. Elle comprend le nistar.
11. Elle comprend les minhaguim.
LE GAON DE VILNA
(1720-1797)
IL naquit en 1720, le premier jour de Pessah, dans une famille où l'on comptait de nombreux savants talmudistes. Dès son plus jeune âge, il fit preuve d'une intelligence extraordinaire.
A dix ans il devint impossible de lui trouver un maître et c'est chez lui, sans professeur, qu'il continua à apprendre la Thora et acquit une connaissance vaste et approfondie. Il se maria jeune et s'établit à Kaïdan, où il passa ses jours et ses nuits, enfermé dans sa chambre à étudier.
Dans sa jeunesse, il s'impose le joug de l'exil et il erra dans les communautés de Pologne et d'Allemagne. A son retour de Vilna, malgré ses efforts de dissimuler sa science et sa piété, de partout affluent les élèves désireux d'écouter ses enseignements et de prier dans son Beth-Hamidrach
Ses disciples étaient en petit nombre, car le maître est exigeant ; parmi eux R. Chlomo Zalman et Rabbi Haïm de Volojine où l'on enseigna durant près de 100 ans la Thora suivant l'école du Gaon. Deux autres disciples montèrent en Eretz Israel et fondèrent deux communautés, l'une à Jerusalem l'autre à TSFAT (SAFED).
Le Gaon lui-même, désirait se rendre en Eretz pour y accomplir les mitsvot liées à la terre d'Israel, mais il se ravisa et retourna chez lui. Selon certains, on lui avait interdit l'accès car il portait une étincelle de Moshé Rabbenou.
Il restait enfermé dans sa chambre, enveloppé de son Taleth et paré de ses Tephilin, le Gaon était plongé jour et nuit dans la Thora, afin d'éviter les perturbations, il fermait les volets dans la journée et s'éclairait à la bougie; craignant de s'endormir dans les longs mois d'hiver, il étudiait dans une chambre sans chauffage et trempait ses pieds dans une bassine d'eau froide; il ne tenait jamais de vains propos.
Dans le domaine de la Kabale, sa compréhension était d'un niveau tout aussi élevé; il n'y avait pas pour lui d'opposition entre Talmud et Kabale. Ces commentaires exprimant à des niveaux différents la vérité de la source biblique. C'est l'étude de la kabale et du Zohar qui rapproche la délivrance.
A sa grande science correspond une égale grandeur d'âme. De son maigre salaire, il prélevait 20% pour les œuvres de charité. Il lui arrivait de donner tout son avoir pour racheter des prisonniers ou pour doter une orpheline. Il choisit un jour de souffrir la faim plutôt que d'humilier celui qui l'avait volé
Il n'accepta jamais le poste de rabbin ou de Roch yéchiva.
Reprochant l'abus du pilpoul pratiqué dans les yéchivot de Pologne, il insistait sur le fait que l'essentiel est de pénétrer l'intention.
EDUCATION: Au lieu de commencer par l'étude du Talmud, il exigeait que l'on commença dans l'ordre par la MIKRA (Bible) , puis la MICHNA et seulement ensuite le TALMUD.
IL demandait que chacun sache par cœur un traité talmudique pour méditer jour et nuit.
Sciences: Loin d'être contre l'étude des sciences, il exhortait ses disciples à étudier les sciences profanes afin que le sage juif sache répondre aux apicors, et pour que les non juifs ne puissent mépriser les juifs pour cette méconnaissance.
(suivant le nombre de prix nobel d'origine juive on peut dire qu'il fut écouté).
Hassidout: Dès l'apparition du Hassidisme, il sortit de son isolement et s'opposa à ce mouvement de toutes ses forces; afin de bloquer la diffusion du Hassidisme en Lithuanie, suite à sa propagation en Pologne et en Ukraine. Il craignait qu'à l'instar du Chabtaïsme, ce mouvement soit déviationniste.
Inversement, les hassidim critiquaient ceux qui voyaient le sommet de la piété dans l'érudition; et ils reprochaient le manque d'enthousiasme dans la pratique des mitsvot.
Ses livres: Commentaires sur la Thora "Adret Eliahou" Commentaire sur la michna, le Talmud, la kabale commentaire sur le "Sefer Yetsira".. . .
GUEOULA: Le Gaon de Vilna enseignait : A chaque millénaire correspond un livre de Thora. C'est le cinquième qui correspond à notre millénaire. Ce livre est divisé en 10 Parachot, qui correspondent aux 10 siècles de notre millénaire; celle de notre époque sont celles de KI-TAVO (où est fait allusion à la choa et à la renaissance d'Israel) et la paracha Nitsavim-Vayelekh où l'on peut lire "Si tu reviens au Sei-gneur ton D' il te ramènera dans ton pays" c'est la double techouva spirituelle et géographique.
Dans le livre "Hatekoufa Haguedola" on nous communique un calcul du Gaon de Vilna: Adam fut mis sur pied à la cinquième heure du jour. Le jour est compté comme 1000 ans pour D' ; la journée commence la veille au soir, 500 ans se passent donc avant le jour (qui correspondent à la nuit qui précède le jour); le jour étant de 24h; chaque heure vaudrait: 1000 : 24 = 41 ans + 8 mois. Nous parlions de la 5° heure (41 ans + 8 mois ) x 5 = 208 ans
TOTAL: 5000 (sixième millénaire) + 500 (nuit) + 208 (5° heure) = 5708 Date de la création de l'état d'Israel.
Le Gaon de Vilna disait: Lorsque les russes passeront le Bosphore et la Turquie on préparera les habits pour MACHIAH. Les gentils diront cette fois ci leur sort est joué, alors il sera clair pour toi que la délivrance est proche.
COMME AU JOUR DE LA SORTIE D'EGYPTE JE TE MONTRERAI DES MERVEILLES.






