Lexique du judaïsme

A

Arche sainte : l’armoire où l’on garde les rouleaux de la Torah dans la synagogue.

Arche d’alliance : coffre qui, à l’origine, abritait les Tables de la Loi

Ashkénaze : de « Ashkénaz », en hébreu, Allemagne. A l’origine, le terme désignait les juifs installés sur les bords du Rhin, puis tous les juifs d’Europe centrale et orientale, en particulier d’Allemagne et leurs descendants, en toute partie du monde.


B

Bar-mitsvah : « fils du commandement » ; cérémonie d’initiation religieuse qui marque l’entrée des garçons juifs dans la communauté des adultes. Ils sont appelés pour la première fois à lire la Torah à l’office du jeudi et du samedi matin. A partir de cet âge (environ 13 ans), ils peuvent faire partie du minyan (quorum) : il faut dix hommes pour célébrer un office. Ils doivent également respecter les 613 commandements (mistvot) qui incombent à tous les Juifs.

Cette cérémonie existe également pour les filles (bat-mistvah), devant un public féminin, mais aux Etats-Unis et en Israël.

Bund : « Union (Bund en yiddish) générale des ouvriers juifs de Lithuanie, Pologne et Russie ». Parti socialiste juif national, autonomiste et antisioniste fondé à Vilnius en 1897.


C

Choffar (ou shofar) : corne de bélier dans laquelle souffle le rabbin lors de certaines fêtes.

Circoncision : ablation rituelle du prépuce du garçon au huitième jour par le mohel. Souvenir de l’alliance passée entre Yahvé et Abraham ; Elle ne confère pas l’identité juive mais conserve une valeur symbolique puissante.

Cohen (pluriel Cohanim) : ce sont les prêtres descendants d’Aaron, le frère de Moïse, premier grand prêtre des Hébreux. Ils sont soumis à des règles de pureté encore plus importantes que les autres Juifs. Un Cohen ne peut en principe épouser un ou une divorcée. Ils ont pour charge de bénir l’assemblée.

Noms de famille en découlant : Cohen, Coen, Kohen, Koen, Kohn, Cohn, Caen, Cahen, Cahn, Kahn, Kahane, Kagan, Kaganovitch, Kogan…selon l’implantation géographique et l’évolution des noms de famille.

Consistoire : Créé en mars 1808 par décret impérial de Napoléon Ier, cette institution dirigeante du judaïsme français réunit des rabbins et des laïcs qui représentent la communauté juive auprès des pouvoirs publics, qui exerce une tutelle. Les membres du consistoire remplissent une fonction uniquement spirituelle. Il y a seize consistoires régionaux et un consistoire central qui fédère tous les consistoires. Les membres sont élus par les Juifs qui veulent voter. La majorité des Juifs ne se sentent cependant pas représentés par le consistoire.

Converso : (de l’espagnol, pl. conversos). Désigne les juifs convertis de force au catholicisme en Espagne 


D

Décalogue : Les dix commandements dictés par Dieu à Moïse.

Devekut : « Attachement à Dieu ». Conscience perpétuelle du divin, qui dans le hassidisme, ne peut être atteint que par le tsaddik

Diaspora : en grec, « dispersion ». Ensemble des communautés juives dispersées hors de Palestine depuis le premier exil en 586 av JC, et ensuite après la destruction du Temple de Jérusalem en 70. Appelée aussi Galout en hébreu


E

Emancipation : au siècle des Lumières, des voix s’élèvent pour réclamer la limitation de l’oppression et de la discrimination qui pèsent sur les Juifs. En Europe, la France est la première à accorder l’émancipation : les Juifs portugais du Sud-Ouest les Avignonnais accèdent à la citoyenneté le 28/01/1790 et les autres le 27/09/1791.

Exégèse : Commentaire, explication, décryptage, d’un texte religieux


F

Fêtes juives

·        Roch Hashana : ou Roch Hachana. (4 octobre 2005) Jour du Nouvel An juif. (Année 5766 qui commence à l’automne en 2005), en souvenir du jour où Dieu aurait achevé la création du monde. La synagogue est décorée de blanc et on souffle dans le choffar pour appeler les fidèles à la prière come autrefois dans le désert. On prend des nourritures douces ( pomme, pain trempé dans du miel), aucun repas ne devant être aigre. Suivent dix jours de pénitence, appelés « les jours redoutables »

·        Yom Kippour (le Grand Pardon) : (13 octobre 2005) c’est un jour d’expiation consacré à la prière et à la pénitence, en souvenir du pardon accordé par Yahvé après que les Hébreux ont fabriqué le veau d’or. Fête austère avec un jeûne total de 24 heures pour les hommes de plus de 13 ans et les femmes de plus de 12 ans. A la fin de la journée, le son du choffar annonce aux fidèles qu’ils sont libérés de leurs fautes. Autrefois, on avouait ses fautes devant un bouc, qu’on envoyait ensuite dans le désert : c’était le bouc émissaire, qui partait, porteur des péchés des autres. Cette fête, précédée du mois de Ellul voué à la prière et à la charité, a lieu en septembre ou octobre dix jours après Rosh Hashana et précède Soukkot. Aujourd’hui, on fait mémoire de tous les juifs morts pendant la Seconde guerre mondiale et c’est pourquoi les synagogues sont très fréquentées à ce moment-là.

·        Soukkot : ou souccot. (de « souccah » : cabane de feuillage ) : fête des tentes ou des cabanes qui dure sept jours et rappelle la protection miraculeuse que Yahvé a accordé au peuple d’Israël durant sa marche dans le désert qui a duré quarante ans. Elle a lieu cinq jours après Kippour. Le toit de la Soukka est constitué de végétaux coupés et on peut y dormir, manger et lire la Torah. Quand on ne peut construire de cabane dans un jardin ou sur un balcon, on se rend dans la Grande Soukka mise en place à la synagogue. Chaque matin, pour la prière, on prend en main un cédrat, et un bouquet composé de myrte, de trois branches de palmier et de deux branches de saule. Le septième jour, on lit le dernier chapitre de la Torah. Pessah, Shavouot et Soukkot sont trois fêtes de pèlerinage liées à la sortie d’Egypte.

·        Hanoukka : (ou hanoucca). « Inauguration ou consécration (du Temple de Jérusalem qui avait été profané) ». Fête des Lumières qui dure huit jours. Chaque soir, on allume une bougie d’un chandelier à neuf branches (la Hanoukkia), la neuvième servant à allumer les autres. Elle commémore, avec les victoires des Maccabées sur les troupes syriennes du roi des Séleucides Antiochus (167 à 165 av JC), la ré inauguration du temple de Jérusalem. Les enfants reçoivent un cadeau chaque soir.

·        Pourim (fête des sorts). Du persan pour. Rappelle l’histoire de la reine Esther intervenant auprès de son époux le roi Assuérus afin de sauver le peuple juif menacé d’extermination à Babylone). Cette fête est l’occasion de festins, de dons aux pauvres, d’échanges de cadeaux ; Les enfants se déguisent. Peu après commence la préparation de Pessah, avec le nettoyage de la maison pour enlever tout ce qui peut contenir du levain (hamets).

·        Pessah (la Pâque juive ; n’a rien à voir avec les pâques chrétiennes). Symbolise la sortie d’Egypte). Le moment le plus important de cette fête de huit jours est le Seder, repas familial du premier soir qui comporte des prières, des mets et des gestes symboliques : pain azyme (sans levain ou « pain de misère » ainsi nommé en référence au pain mangé avant de quitter l’Egypte et qui n’avait pas eu le temps de lever), le haroset, pâte brune faite de pommes, d’amandes, de cannelle et de vin rouge, symbolisant le mortier d’Egypte), l’œuf dur cuit dans la cendre (signe de pénitence) et les herbes amères (rappel de la dure vie en Egypte), sans oublier l’agneau pascal.

·        Shavouot (la Pentecôte : pas au sens chrétien). « Fête des semaines ». Commémoration de la révélation divine des sur le mont Sinaï et le don de la Loi de Moïse. La nuit est consacrée à l’étude de la Torah et le lendemain, on lit les dix commandements dans une synagogue décorée de fleurs. C’est aussi une fête de la moisson. Elle a lieu sept semaine (ou le cinquantième jour) après Pessah. Il est de tradition de boire du lait ou de prendre un repas lacté.

G

Galout : Exil ; synonyme de diaspora.

Gaon : Erudit juif et autorité religieuse de premier plan, en Lithuanie. (Gaon de Vilna = Vilnius)

Ghetto : Le mot désignait à Venise le quartier de la fonderie (getto ou ghetto en italien), entouré de murs en 1516 et réservé aux Juifs de cette ville comme lieu de résidence obligatoire. Par extension, quartier juif, imposé ou volontaire, dans nombre de villes européennes opposées à l’émancipation.

Guet : Document que l’homme doit fournir à sa femme pour officialiser la fin de leur mariage religieux. Si elle ne l’obtient pas, la femme (même divorcée civilement) ne peut se remarier religieusement.


H

Habad : nom donné au mouvement hassidique fondé par rabbi Schneour Zalman à la fin du XVIIIe  siècle. Il s’installa ensuite à Loubavitch en Russie. Secte connue également sous le nom de Loubavitch.

Halakha : Ensemble de la littérature rabbinique concernant le droit : système légal juif fondé sur les 616 préceptes divins relevés dans la Torah, sur le vaste ensemble de lois développé par la suite, de même que sur les doctrines du Talmud

Haredim : « ceux qui tremblent » . Désigne les juifs ultra-orthodoxes

Haskala : Littéralement « intelligence, discernement, culture ». Désigne spécifiquement le courant des Lumières juif, développé par Moses Mendelssohn, qui prend naissance à la fin du XVIII è siècle en Europe occidentale et centrale, avant de gagner dans la seconde moitié du XIX è siècle, l’Europe orientale, les Balkans et l’Afrique du Nord. Elle fut un relais intermédiaire essentiel dans la redéfinition de l’identité juive à l’ère de la modernisation.

Hassidisme : (de l’hébreu « hasid », pieux). Mouvement de masse religieux et social, fondé en Podolie par Israel ben Eliezer (1700-1760), également connu sous l’acronyme de Besht (abréviation de Baal Shem Tov, litt. « le maître du bon nom ») puis propagé par Dov Baer (le Magid (prédicateur) de Mezeritch) et d’autres rebbe (maîtres). Mouvement qui prêchait l’amour de Dieu dans la joie, la confiance, la ferveur, l’enthousiasme, l’extase, parfois au détriment de l’étude, si importante dans les yeshivot des communautés juives d’Europe orientale. Des masses paupérisées et incultes de Pologne et de Russie y adhérèrent, provoquant une division entre les Hassid et leurs opposants, les mitnaggedim, menés par le Gaon de Vilna (Vilnius, Lithuanie). Au fil du temps, se créent diverses écoles hassidiques autour de dynasties de maîtres (rebbe).

Heder : (chambre en hébreu). Ecole religieuse qui regroupait un petit nombre de garçons de cinq à quinze ans sous la férule d’un rebbe (maître).

I - J - K – L

Kabbale : Tradition mystique juive

Kasherout : (ou casherout, cacherout). Lois qui régissent l’alimentation. Elles concernent certains animaux dont la consommation est proscrite, l’interdiction du mélange eu lait et de la viande (le lait étant principe de vie), l’abattage rituel des animaux (pour éviter la consommation du sang). Se référer à l’Ancien Testament.

Sont autorisés les animaux qui ont le sabot fendu et qui ruminent, les animaux pourvus d’écailles et nageoires.

Sont interdits et donc impurs : le chameau, le lièvre (ruminent mais n’ont pas de sabot), le porc (sabot fendu mais ne rumine pas), les bestioles ailées sur pattes, les oiseaux, les crustacés.

Kippa : calotte de tissu que portent les juifs pieux dans la vie quotidienne. Les autres se contentent de la mettre à la synagogue.


M

Maguen : Etoile de David

Marrane : (de l’espagnol « porc ») : Terme qualifiant les juifs espagnols ou leurs descendants qui devaient se convertir de force au christianisme. Les marranes continuaient souvent de pratiquer le judaïsme en secret.

Menorah : Chandelier à sept branches utilisé dans le temple. Un des symboles constants de l’art juif.

Mezouzah (pluriel : Mezouzot) : littéralement « linteau ». Petit rouleau de parchemin contenant deux passages du Deutéronome concernant la foi dans le monothéisme et traditionnellement fixé sur le montant droit des portes des maisons juives.

Minyan : Quorum nécessaire pour tenir un office religieux, fixé à 10. Il n’y a que chez les juifs libéraux que le minyan peut comporter des femmes.

Mishnah : (ou Mishna, Michna, Michnah). Compilation hébraïque de commentaires rabbiniques sur la loi juive.

Midrash (pluriel Midrashim) : Méthode de commentaire et d’interprétation de la Bible sous forme de maximes et de récits d’interprétation.

Mitsvah (pluriel Mitsvoth) : Devoir religieux commandé par la Torah et défini par le Talmud comme étant d’origine biblique. Ces injonctions sont au nombre de 613.

Mohel : Homme chargé de pratiquer la circoncision rituelle chez le garçon.

N - O - P – Q

Pentateuque : Désigne les cinq premiers livres de la Bible (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome). L’ensemble est lu rituellement, tout au long d’une année.


R

Rabbin : spécialiste de la loi juive. Dirige la prière à la synagogue et joue un rôle religieux auprès des fidèles qui fréquentent la synagogue. Prépare les enfants à la bar et bat mitsvah.

Rebbe : Maître à la tête d’un mouvement religieux juif hassidique. Constitue une autorité pour toute une communauté ultra-orthodoxe, et ses avis ont en quelque sorte force de loi.


S

Séfarades : De « Sfarad », en hébreu, « Espagne ». Descendants des juifs expulsés de la péninsule ibérique par les persécutions musulmanes (Almohades) ou chrétiennes. Ils s’établirent en Europe du Sud (Italie, Grèce, Yougoslavie, Bulgarie, Empire Ottoman) et du Nord (Aquitaine, Hollande), autour du Bassin méditerranéen et en Afrique du Nord.

Au sens strict : descendants des juifs ibériques

Au sens large : juifs non ashkénazes, établis dans le Bassin méditerranéen

Ces juifs descendants d’ancêtres venus d’Espagne, parlent le  « djudezmo » (judéo-espagnol) et ont le « ladino » comme langue liturgique.

Shabbat : En hébreu, « repos ». Nom hébraïque du samedi, septième et dernier jour de la semaine où les juifs pieux s’abstiennent de toute activité profane et célèbrent la Création du monde achevée par Dieu ce jour-là. Cette retraite qui va du vendredi soir au samedi soir est consacrée à la prière, à l’étude de la Torah, aux repas familiaux, amicaux et au repos.

Shoah : Mot hébreu signifiant « catastrophe » et désignant le génocide perpétré par les Nazis sur les populations juives durant la Seconde Guerre Mondiale.

Shtetl : Mot yiddish désignant la bourgade juive d’Europe orientale.

Sion : Terme flou qui désigne une des collines de Jérusalem, mais qui très vite fut employé pour toute la ville. C’est la seconde dénomination de Jérusalem, au moins pour tout ce qui gravite autour du Temple et de la cité du roi hébreu David.

Sionisme : Mouvement politique apparu au XIXè siècle et qui consiste en le vœu de l’établissement d’un Etat juif en Palestine, là où se trouvait le royaume d’Israël. Au début, le choix de ce foyer n’est pas fixé, n’importe quel lieu où les juifs persécutés, victimes de l’antisémitisme, des pogroms pouvaient s’installer étant susceptible de faire l’affaire. Théoriciens principaux : l’Allemand Moïse Hess (socialiste) l’Autrichien Theodor Herzl, le Russe Vladimir Jabotinsky (anti-socialiste, militariste)

Synagogue : lieu de culte juif, ayant remplacé le Temple.


T

Tables de la Loi (ou de l’Alliance) : Texte du Décalogue. Il comporte dix préceptes dictés par Dieu à Moïse sur le Mont Sinaï et gravés sur la pierre.

Tallith : Grand châle de prière généralement rayé noir et blanc dans lesquels les hommes s’enveloppent pour prier.

Talmud : « Enseignement », « étude ». Le terme a fini par désigner le corpus composé de la Mishna et de la Guémara, son exégèse araméenne. Le Talmud fixe l’enseignement des grandes yeshivot des premiers siècles de l’ère commune. Il en existe deux versions : le palestinien, dit « de Jérusalem » (IVe siècle) et celui, plus important de Babylone (Ve et VIe siècles)

Tefillins : Petites boîtes de cuir contenant les paroles du Shéma (« Ecoute Israël ! Yahvé notre Dieu est le seul Yahvé ! ») que les hommes fixent avec des lanières au front et au bras gauche pour la prière les jours de semaine.

Tsaddik : Le « juste » qui a maîtrisé la devekut

Torah : Appelée Pentateuque par les Chrétiens. La Loi juive, composée des cinq premiers livres de l’Ancien Testament : la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome.

U - V - W - X - Y – Z

Yad : Main de métal prolongé par une baguette servant à suivre le texte de la Torah lors de la lecture.

Yeshiva (Pluriel Yeshivot) : Ecole religieuse talmudique

Yiddish : A l’origine, dialecte mélangé d’hébreu et d’allemand parlé par les juifs ashkénazes. Langue qui se répand en Europe centrale et orientale, avec à chaque endroit, des emprunts linguistiques locaux (polonais, russe…)


Le mardi 3 janvier 2006 par Christine Guimonnet , professeur au lycée Paul-Claudel, Laon (Aisne) ; membre du Conseil de gestion de l’APHG et responsable de la Commission "Civisme".