Apocalypse de : Jean - Pierre - Paul - Jacques
Apocalypse
Dernier livre du Nouveau Testament qui annonce la fin des temps et le jugement dernier. Riche en allégories et en symboles, le livre de l'Apocalypse se prête à de nombreuses interprétations. Le mot apocalypse vient du verbe grec apocaluptein qui signifie «retirer le voile». Une apocalypse est une «révélation».
Auteur
L'auteur de l'apocalypse affirme s'appeler Jean, et la tradition ancienne de l'Église, dès le IIe siècle, l'identifie à saint Jean l'Évangéliste, apôtre et auteur du quatrième Évangile. Les spécialistes contemporains sont très partagés. Il semble cependant qu'il soit difficile d'attribuer l'Évangile selon saint Jean et l'Apocalypse à un même auteur, mais les deux ouvrages pourraient se rattacher à une même communauté de disciples de saint Jean, regroupée autour d'Éphèse, en Asie Mineure, dans l'actuelle Turquie.
Églises destinataires et date de rédaction
L'Apocalypse
s'adresse aux «sept Églises d'Asie» (I, 4) :
«Éphèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée» (I, 11).
Mais le chiffre sept, qui symbolise également l'idée de plénitude, permet de
penser que l'auteur s'adresse en fait à l'ensemble des Églises.
L'ouvrage apporte deux précisions sur les circonstances de sa rédaction : l'Église a déjà vécu une persécution (II, 2-3); la fin des temps (le retour du Christ) se fait attendre et cela entraîne chez certains chrétiens tiédeur ou découragement. La période la plus probable pour la rédaction de l'Apocalypse serait la fin du règne de Domitien (91-96), marquée par une dure persécution contre les chrétiens.
L'Apocalypse est avec le livre de Daniel le seul livre de la Bible du genre dit apocalyptique, à présenter une «révélation» (théologique autant qu'événementielle) sous forme de visions. Toutefois, ce genre littéraire était très courant dans le judaïsme à partir du IIe siècle av. J.-C.
Le livre de l'Apocalypse comprend dans sa première partie une série de «lettres aux Églises» (I, 9-III, 22) qui exhortent les chrétiens à rester fidèles dans la persécution. La partie principale (IV, 1-XXII, 5), proprement apocalyptique, est un ensemble de visions qui transmet le message sous forme d'une description et d'une interprétation de ce qui est vu. Ces visions sont pleines de symboles qui cherchent à décrire ce qui normalement n'est pas connu de l'homme : l'action de Dieu dans l'Histoire. Leur but est de dévoiler le sens de l'Histoire, en adressant un avertissement qui est un appel à la conversion et à la fidélité.
L'Histoire se déroule suivant l'auteur entre deux événements : la résurrection du Christ et sa victoire définitive contre le mal. Cet entre-deux est pour lui le temps de l'Église qui combat avec le Christ contre le mal. L'Apocalypse annonce une rupture entre le monde présent, marqué par le péché et le mal, et le monde à venir, qui verra l'instauration du règne de Dieu. Elle est donc pessimiste sur le présent, qui est soumis à Satan, et qui devra disparaître, mais optimiste pour l'avenir, qui verra le triomphe final de Dieu. À partir de la résurrection du Christ, cette victoire a déjà commencé et ne fait plus aucun doute pour l'auteur de l'Apocalypse. L'ouvrage apporte donc un encouragement aux chrétiens en proie à la persécution. Elle est pour eux le signe du dur combat entre le Christ et Satan. L'histoire présente est ainsi reliée à son accomplissement et son sens est révélé.
La clôture des Écritures
Le livre de l'Apocalypse clôture le Nouveau Testament et l'ensemble de la Bible chrétienne. Sa rédaction a été effectivement parmi les plus tardives, et l'Apocalypse a mis aussi beaucoup de temps à être reconnue comme faisant partie du Nouveau Testament. Sa conclusion, qui peut servir de conclusion à l'ensemble de la Bible : «Je l'atteste à quiconque entend les paroles prophétiques de ce livre : Si quelqu'un y ajoute, Dieu lui ajoutera les fléaux décrits dans ce livre. Et si quelqu'un retranche aux paroles de ce livre prophétique, Dieu retranchera sa part de l'arbre de vie et de la cité sainte.» (XXII, 18-19), indique la clôture du canon des Écritures (voir Deutérocanoniques, livres) : le texte est fixé définitivement. On ne peut plus rien ajouter ou retrancher à ce qui a été écrit. Il ne reste plus qu'à comprendre et à interpréter.
Postérité
La postérité de l'Apocalypse fut immense : dans l'art (notamment médiéval), en musique (jusque chez le compositeur contemporain chrétien Olivier Messiaen). Interprétée allégoriquement, elle fut le support de nombreuses prophéties et la matière de diatribes religieuses, notamment à la Réforme; interprétée de façon littérale, elle fut perçue comme l'annonce concrète de la fin des temps, et servit de support à toute l'eschatologie chrétienne.
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