INDEX LIBRORUM PROHIBITORUM
À la fin du XVIe siècle, surtout pour contrecarrer l’avancée du protestantisme, la papauté décida d’établir la liste officielle des livres dont la lecture était en principe interdite aux fidèles, à cause des dangers qu’elle pouvait représenter pour la foi ou les mœurs. Elle incluait même les versions de l’Écriture établies par les non-catholiques. Le premier catalogue des livres interdits (Index librorum prohibitorum) fut édité en 1559. En 1571, on créa, à la curie, la congrégation de l’Index pour sa mise à jour permanente, tâche dont le Saint-Office hérita en 1917, lorsque ce dicastère fut supprimé. La trente-deuxième et dernière édition officielle de l’Index parut en 1948. On estime qu’au total six mille ouvrages environ y ont figuré.
L’institution elle-même fut abolie en 1966, dans le cadre des réformes consécutives au IIe concile du Vatican, par un décret qui stipule notamment: «L’index garde sa valeur morale [...] mais n’a plus force de loi ecclésiastique avec les censures qui y sont attachées. L’Église fait confiance à la conscience mûre des fidèles.» Ainsi disparaissait une pratique vivement critiquée à l’intérieur même de l’Église catholique. L’inscription à l’Index était formellement disciplinaire et n’entraînait pas de jugement doctrinal circonstancié. Mais une telle procédure avait beaucoup retardé l’adoption de méthodes plus scientifiques en exégèse et en histoire des dogmes, ainsi que la confrontation de la théologie avec la pensée et la science modernes. De plus, elle paraissait en contradiction avec les critiques que les catholiques faisaient au régime de censure propre aux États totalitaires du XXe siècle.
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