1er février 1662

Voir le jour précédentavant aprèsVoir le jour suivant
Portrait de jeune homme, par Raphaël (Italie 1483-1520), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Le pirate Koxinga s'empare de Formose


 < portrait hiératique de Zheng Chenggong, alias Koxinga > Le 1er février 1662, le pirate chinois Koxinga s'empare de la citadelle hollandaise Zeelandia, au sud de l'île de Taiwan, après neuf mois de siège.

Il en chasse les Hollandais qui s'y sont établis une quarantaine d'années plus tôt en profitant des difficultés de la Chine, gouvernée par une dynastie déclinante, les Ming.

L'île s'appelle alors Formose, du portugais «formosa» (la belle).

Des Ming aux Mandchous

Sous la Renaissance, tandis que les Européens partent à la conquête du Nouveau Monde, les Chinois organisent d'audacieuses expéditions maritimes dans l'Océan indien et jusqu'aux rives de l'Arabie.

Ils disposent pour cela de la boussole et de magnifiques jonques à voiles lattées, avec des gréements de haute mer.

Au début du XVIIe siècle, lassés d'expéditions lointaines, les empereurs Ming se replient sur le continent et suppriment même leur police des côtes.

Dans la mer de Chine, le piratage en provenance du Japon s'en trouve encouragé.

C'est l'heure de gloire pour un pirate chinois connu sous le nom de Nicholas Iquan. Il pille allègrement les villes du littoral à partir de 1625.

L'empereur Chongzhen le ramène à la raison en le nommant... amiral de la flotte impériale.

Mais le 3 avril 1644, l'empereur se suicide tandis que Pékin est investie par un chef de bande.

Les farouches Mandchous du nord arrivent à la rescousse des armées impériales. Ils en profitent pour éliminer les Ming et fonder leur propre dynastie. Elle durera jusqu'à la fondation de la République chinoise.

Une dynastie de pirates

Nicolas Iquan entre en guerre contre les nouveaux-venus. Mais il meurt bientôt assassiné.

Il laisse un fils qu'il a eu d'une Japonaise. Ce n'est autre que Koxinga («Tcheng Tch'eng-kong» de son nom chinois). Il est né le 28 août 1624 à Hirado, près de Nagasaki.

Comme son père et beaucoup de riches Chinois du Sud, Koxinga combat les empereurs mandchous et la bureaucratie de Pékin. Il fait partie d'une association secrète fidèle à l'ancienne dynastie, la «Triade»

Pendant 14 ans (1646-1658), il écume les côtes du Foukien, dans les îles d'Amoy (Hiamen) et Quemoy (Kinmen).

Puis, Koxinga tente sans succès d'enlever aux Mandchous la capitale de la Chine du Sud, Nankin.

Il apprend alors que la flotte hollandaise qui garde Formose, sous le commandement de Jan van der Laan, a quitté l'île, ne laissant qu'une petite garnison dans la citadelle de Zeelandia.

Le pirate veut profiter de l'aubaine et gagne Formose avec 900 navires et 30.000 hommes.

Il se proclame roi de l'île après en avoir chassé les Hollandais. Mais après de nombreux revers, il meurt le 23 juin de la même année, à 38 ans, peut-être par suicide.

Son fils lui succède à la tête de son royaume insulaire mais il ne pourra pas empêcher les Mandchous d'en reprendre le contrôle vingt ans plus tard.

Koxinga est devenu un héros national à Taiwan car il symbolise la volonté d'indépendance de l'île.

Dans son sillage, des millions de Chinois en quête de subsistance quitteront comme lui la Chine continentale. Disséminées dans le monde entier, leurs communautés actives et prospères forment aujourd'hui une véritable Chine de l'extérieur.

 

Mise à jour le 24 février 2003

Pour toute remarque, contactez les auteurs: redaction@herodote.net

© droits réservés