2 septembre 1666

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Portrait de jeune homme, par Raphaël (Italie 1483-1520), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Londres en flammes

Dans la nuit du 2 septembre 1666, un feu se déclenche dans l'arrière-boutique d'un boulanger londonien dénommé Faryner. L'incendie s'étend très vite dans la rue Pudding Lane, près du pont de Londres. Les maisons en bois enduites de poix favorisent sa propagation.

La capitale anglaise, qui compte à cette époque près de 500.000 habitants, est une métropole active et populeuse, à défaut d'être belle. Elle se relève d'une épidémie de peste qui l'a touchée l'année précédente, en 1665, et provoqué 70.000 décès.

Comme le sinistre a déjà gagné plusieurs maisons, le maire de la ville, sir Thomas Bludworth, est alerté et se rend sur place mais il ne voit pas de raison de s'alarmer outre-mesure et laisse les sauveteurs à leur travail. C'est alors que le feu gagne des entrepôts de chanvre et de poix situés à Thames Street, au bord de la Tamise.

L'embrasement de ces entrepôts accélère la propagation de l'incendie le long du fleuve et les sauveteurs sont très vite dépassés.

Dix mille maisons et près d'une centaine d'églises sont la proie des flammes. La cathédrale Saint-Paul s'écroule sous le poids de son dôme.

Le roi Charles II Stuart se joint bientôt aux sauveteurs. Des soldats entreprennent de faire sauter les maisons, rue par rue, pour mieux étouffer le feu. Celui-ci s'éteint enfin au bout de six jours. Grâce au sang-froid des habitants, il n'aura en définitive fait que huit victimes. Mais la plus grande partie de la capitale est à reconstruire et 100.000 personnes sont sans abri.

Un urbanisme en panne

Heureusement, Londres bénéficie de la prospérité du royaume et de l'expansion du commerce maritime consécutive à la brève dictature d'Olivier Cromwell. Sa résurrection sera rapide et spectaculaire.

L'architecte Sir Christopher Wren propose une reconstruction ambitieuse avec une refonte complète de l'urbanisme et du tracé des rues. Mais dans cet État en voie de démocratisation qu'est l'Angleterre du XVIIe siècle, le roi doit tenir compte de la volonté populaire.

Le Monument commémoratif du Grand Incendie de LondresIl confie à l'architecte le soin de rebâtir Saint-Paul et d'ériger à Pudding Lane une colonne qui commémore l'événement. Les Londoniens l'appellent tout simplement «The Monument».

Mais le plan d'urbanisme passe à la trappe. Les maisons sont rebâties au même endroit, non plus en bois mais en briques et en tuiles, de manière à mieux résister au feu... Ce qui fait que Londres ne s'honorera jamais des grandes avenues classiques qui caractérisent les capitales des États absolutistes: Paris, Saint-Pétersbourg ou encore Berlin.

En quelques années, Londres réparera les traces du «Grand Incendie», s'offrant même le luxe d'accueillir de nombreux huguenots français chassés de leur pays par la révocation de l'Edit de Nantes.

Le récit du «Grand Incendie» est le passage le plus célèbre des «Souvenirs» de Samuel Pepys, un fonctionnaire londonien qui se fit le témoin avisé de son époque et participa à la lutte contre le sinistre.

 

Mise à jour le 24 février 2003