Naissance
légendaire du Japon
L'Empire japonais aurait
été fondé le 11 février de l'an 660 avant JC, par Jimmu Tenno, un descendant de la
déesse du soleil, Amaterasu Omikami.
La déesse est honorée dans un célèbre sanctuaire d'Ise, entre Osaka et Tokyo. Elle est
au centre du culte shintô, la religion traditionnelle du Japon.
Shintô est un mot chinois qui dérive de shen (esprit) et tao
(voie). Sa traduction japonaise est Kami no michi, ou voie des esprits.
Le shintoïsme reconnaît en effet la présence d'esprits (Kami) dans
les éléments de la nature (lac, rochers, grottes, forêts,...).
Il y aurait 800 millions ou 800 myriades de Kami, le plus célèbre étant le
volcan Fuji (le Fuji Yama).
En 1867, quand l'empereur Meiji s'appropria le
pouvoir absolu, il eut soin de réaffirmer sa filiation avec Amaterasu et le caractère
sacré de sa dynastie. Il instaura aussi un shintô d'État au détriment du
bouddhisme importé de Chine.
Après la défaite de 1945, sous la pression des Américains, l'empereur Showa,
connu de son vivant sous le nom de Hiro Hito, convint publiquement qu'il n'était pas
d'ascendance divine.
Les liens entre l'État et le culte shintô furent officiellement coupés.
La date du 11 février n'en reste pas moins une fête nationale au Japon et le shintô
des sanctuaires demeure très vivant.
Ainsi, lorsque débutent de grands travaux comme le percement d'un tunnel, un prêtre
shintoïste ne manque pas de bénir le chantier pour apaiser les esprits de la nature.
Pour l'historien Odon Vallet, «le Japon demeure le seul grand pays de la
planète dont la religion principale puisse être qualifiée d'animiste» (Histoire
des religions, Gallimard).