Le Japon
entre dans l'ère des Lumières
Le 9 novembre 1867 commence au Japon l'ère Meiji (lumière
en japonais), d'après le nom que l'empereur Mutsuhito a choisi pour qualifier son règne
et se faire désigner après sa mort.
Depuis près de quatre siècles, l'Empire du soleil levant était gouverné par une
famille, les Tokugawa. Ils exercaient la fonction de shogun (ou maire du palais)
tandis que l'empereur héréditaire gardait une fonction purement symbolique. Les Tokugawa maintenaient le pays dans un
isolement et lui conservaient ses structures féodales.
Mais l'irruption d'une escadre américaine, en 1854, avait
fait chavirer les esprits et suscité de violents conflits entre conservateurs et
réformistes.
Le 8 novembre 1867, suite à des émeutes, le dernier shogun , Yoshinibu, remet
ses pouvoirs au jeune empereur Mutsuhito (25 ans).
Celui-ci établit la monarchie absolue, prend le nom de règne de Meiji Tenno et
déplace la capitale de Kyoto à Tokyo.
Il réinvente une «tradition nationale japonaise» fondée sur le culte d'État,
le shintoïsme. Les bouddhistes, très influents
à l'époque des Tokugawa, sont obligés de s'aligner sur les nouvelles valeurs
patriotiques.
En quelques années, le pays s'arrache à la féodalité et rejoint le peloton des nations
les plus avancées.
Le miracle trouve une explication dans le très haut degré d'éducation du peuple
japonais.
Au XIXe siècle, le taux d'alphabétisation, de l'ordre de 50%, était déjà comparable
à celui des provinces européennes les mieux éduquées.