Sacre de
Henri IV à Chartres
Le 27 février 1594, dans la cathédrale de Chartres,
Henri, roi de Navarre, devient roi de France sous le nom d'Henri IV.
Contrairement à la tradition, le nouveau souverain n'a pu se faire sacrer à Reims car la
ville est entre les mains de ses ennemis, la famille de Guise.
Il n'empêche qu'avec ce sacre, les Français commencent à entrevoir la fin des guerres
religieuses entre catholiques et protestants qui ont ensanglanté le pays pendant une
génération.
Le précédent roi, Henri III, avait été assassiné cinq ans plus tôt par un moine
fanatique.
Comme Henri III n'avait pas de fils, la couronne de France devait revenir à son cousin
Henri de Navarre, fils d'Antoine de Bourbon et de Jeanne d'Albret, qui était protestant.
La perspective d'un roi protestant était insupportable à la majorité catholique du
royaume. De sorte que la guerre religieuse se doubla d'une guerre civile.
Les catholiques intransigeants se regroupèrent derrière la famille de Guise.
Le roi d'Espagne, Philippe II, tenta de son côté d'imposer sur le trône de France sa
fille Isabelle, petite-fille de l'ancien roi Henri II.
L'armée catholique, conduite par le duc de Mayenne, de la famille de Guise, est battue
par Henri à Arques puis à Ivry, dans le nord de la France.
C'est au cours de cette bataille que le truculent Béarnais aurait lancé son apostrophe
célèbre: «Ralliez-vous à mon panache blanc, vous le trouverez toujours au chemin
de l'honneur et de la victoire!»
Henri comprend qu'aussi nombreuses que soient ses
victoires, elles ne lui permettront jamais de se rallier la majorité du royaume.
Sur les conseils de son ami Sully, lui-même un protestant, il décide de se convertir à
la religion dominante.
C'est ainsi que le 25 juillet 1593, il demande à devenir catholique devant la basilique
de Saint-Denis.
L'année suivante, enfin, il ose se faire sacrer roi à Chartres et quelques semaines plus
tard, il rentre triomphalement à Paris, sa capitale.
Henri IV va témoigner d'un sens politique assez rare en faisant fi de tout esprit de
revanche. Encouragés par son indulgence, ses anciens ennemis se rallient sans
difficulté.
Il ne lui restera plus qu'à renvoyer les troupes espagnoles qui étaient entrées en
France sous prétexte de défendre la cause catholique.
Avec l'édit de Nantes, Henri IV poussera la hardiesse jusqu'à offrir de solides
garanties de sécurité à la minorité protestante, sans craindre de heurter ses
contemporains pour qui il est inconcevable qu'un souverain se fasse respecter de sujets
d'une autre confession que la sienne.