27 février 1594

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Portrait de jeune homme, par Raphaël (Italie 1483-1520), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Sacre de Henri IV à Chartres

Le 27 février 1594, dans la cathédrale de Chartres, Henri, roi de Navarre, devient roi de France sous le nom d'Henri IV.

Contrairement à la tradition, le nouveau souverain n'a pu se faire sacrer à Reims car la ville est entre les mains de ses ennemis, la famille de Guise.

Il n'empêche qu'avec ce sacre, les Français commencent à entrevoir la fin des guerres religieuses entre catholiques et protestants qui ont ensanglanté le pays pendant une génération.

Le précédent roi, Henri III, avait été assassiné cinq ans plus tôt par un moine fanatique.

Comme Henri III n'avait pas de fils, la couronne de France devait revenir à son cousin Henri de Navarre, fils d'Antoine de Bourbon et de Jeanne d'Albret, qui était protestant.

La perspective d'un roi protestant était insupportable à la majorité catholique du royaume. De sorte que la guerre religieuse se doubla d'une guerre civile.

Les catholiques intransigeants se regroupèrent derrière la famille de Guise.

Le roi d'Espagne, Philippe II, tenta de son côté d'imposer sur le trône de France sa fille Isabelle, petite-fille de l'ancien roi Henri II.

L'armée catholique, conduite par le duc de Mayenne, de la famille de Guise, est battue par Henri à Arques puis à Ivry, dans le nord de la France.

C'est au cours de cette bataille que le truculent Béarnais aurait lancé son apostrophe célèbre: «Ralliez-vous à mon panache blanc, vous le trouverez toujours au chemin de l'honneur et de la victoire!»

Entrée d'Henri IV à Paris, le 22 mars 1594Henri comprend qu'aussi nombreuses que soient ses victoires, elles ne lui permettront jamais de se rallier la majorité du royaume.

Sur les conseils de son ami Sully, lui-même un protestant, il décide de se convertir à la religion dominante. 

C'est ainsi que le 25 juillet 1593, il demande à devenir catholique devant la basilique de Saint-Denis.

L'année suivante, enfin, il ose se faire sacrer roi à Chartres et quelques semaines plus tard, il rentre triomphalement à Paris, sa capitale.

Henri IV va témoigner d'un sens politique assez rare en faisant fi de tout esprit de revanche. Encouragés par son indulgence, ses anciens ennemis se rallient sans difficulté.

Il ne lui restera plus qu'à renvoyer les troupes espagnoles qui étaient entrées en France sous prétexte de défendre la cause catholique.

Avec l'édit de Nantes, Henri IV poussera la hardiesse jusqu'à offrir de solides garanties de sécurité à la minorité protestante, sans craindre de heurter ses contemporains pour qui il est inconcevable qu'un souverain se fasse respecter de sujets d'une autre confession que la sienne.

 

Mise à jour le 24 février 2003