7 janvier 1598

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Portrait de jeune homme, par Raphaël (Italie 1483-1520), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Boris Godounov seul maître de toutes les Russies

Le jeune tsar Fédor 1er, fils d'Ivan IV le Terrible, meurt le 7 janvier 1598 après un règne falot de 14 ans.

Boris Fiodorovitch Godounov (50 ans), un parvenu qui a marié sa soeur au défunt tsar et gouverné à sa place, en profite pour devenir le tsar en titre.

Le mois suivant, le 17 février, il se fait élire tsar par les 500 délégués des états généraux de toutes les Russies (le Zemski Sobor).

Débuts prometteurs

Illettré et brutal, Boris Godounov poursuit, sous le règne de Fédor 1er et sous le sien, l'oeuvre d'Ivan IV. Il soumet la haute noblesse et construit une ligne de forteresses pour protéger le pays contre les Tatars.

En 1589, le patriarcat orthodoxe de Moscou s'émancipe de celui de Constantinople et prétend faire de Moscou la «troisième Rome».

Mais cette oeuvre est bientôt compromise par la famine qui met à mal le Trésor du tsar. Le désarroi populaire alimente une rumeur selon laquelle Boris Godounov aurait assassiné Dimitri, fils cadet d'Ivan IV le Terrible et héritier naturel de Fédor 1er.

Le temps des Troubles

Arrive le «temps des Troubles». L'oeuvre unificatrice d'Ivan IV est menacée de ruine.

En 1604, un faux Dimitri entraîne à sa suite des paysans et des troupes polonaises et cosaques et marche sur Moscou. Il entre dans la ville en juin de l'année suivante, peu après la mort de Boris Godounov (23 avril 1605).

La Trinité, à Sergiev Posad
Boris Godounov et sa femme sont inhumés dans le monastère de la Sainte Trinité, à Sergiev Posad (à la différence des autres tsars, qui reposent à Moscou, dans la cathédrale de l'Archange).


Il règne moins d'un an sous la tutelle des Polonais en accordant quelques libertés au peuple, avant qu'un nouvel usurpateur, Vassili Chouiski, soit hissé sur le trône par les boyards de la petite noblesse.

Les brutalités des boyards entraînent de nouvelles révoltes paysannes et l'émergence d'un nouveau faux Dimitri, soutenu comme le premier par les Polonais.

Les boyards appellent à la rescousse les... Suédois cependant que le roi de Pologne, Sigismond III Vasa, fait proclamer tsar son propre fils, Ladislas.

Dans un sursaut national, boyards et milices populaires s'unissent pour chasser les usurpateurs étrangers. Le 22 octobre 1612, l'armée russe, précédée par la célèbre icône de la Vierge de Kazan, rentre à Moscou et en chasse les Polonais.

Il ne reste plus aux Russes qu'à rétablir un pouvoir digne de ce nom. Les états généraux (ou Zemski Sobor) se réunissent sans tarder et, prenant la précaution d'exclure du trone tout étranger quel qu'il soit, ils élisent le prince Michel Romanov.

Le 22 octobre, date anniversaire de la libération de Moscou, est aujourd'hui encore en Russie une fête nationale fériée consacrée à la Vierge de Kazan (celle-ci est visible dans une église de la Place Rouge, à Moscou).

L'aventure du faux Dimitri inspirera plus tard à Pouchkine une tragédie romantique et Moussorgski y verra l'occasion d'exalter l'âme et la nation russes dans son plus célèbre opéra, «Boris Godounov». La première représentation aura lieu en 1874 à Saint-Pétersbourg.

 

Mise à jour le 24 février 2003