Fin du
royaume africain du Songhaï
Le 12 avril 1591, à Tondibi, près du fleuve Niger, une expédition marocaine écrase
l'armée du Songhaï.
Ce royaume africain était né à l'époque des Mérovingiens et de Mahomet (VIIe siècle)
autour de la petite ville de Koukia, dans la boucle du Niger.
Il prospère rapidement grâce au commerce transsaharien, en expédiant du sel et de l'or
vers l'Afrique du Nord. Ses rois s'établissent à Gao et se convertissent à l'islam.
Vers l'an 1300, le Songhaï passe sous la coupe de l'empire du Mali. Mais il retrouve son
indépendance sous le règne de Sonni Ali, mort en 1492.
Celui-ci tente de préserver la
culture africaine de son royaume.
Il combat les Peuls et les Touaregs, ainsi que les lettrés musulmans de la ville sainte
de Tombouctou.
Son successeur, Mohammed Touré, prend le contrepied de sa politique. Avec une extrême
brutalité que rapporte le voyageur Léon l'Africain, il achève d'islamiser le royaume et
fonde la dynastie des Askia.
Mais le Songhaï finit par entrer en conflit avec le Maroc pour la possession des mines de
sel du désert.
Le sultan saâdien Ahmed IV el-Mansour, qui a déjà à son actif une victoire sur les
Portugais, envoie vers le Niger une expédition sous le commandement du pacha Djouder (un
eunuque aux yeux bleus originaire de Grenade).
Les troupes marocaines, fortes de quelques milliers d'hommes et armées d'arquebuses, ne
font qu'une bouchée des dizaines de milliers de soldats du Songhaï, mal commandés par
l'Askia Ishaq II.
Le Maroc impose sa domination sur toute la frange méridionale du Sahara, le Sahel.
Tombouctou et sa région tombent sous la coupe de familles afro-marocaines. C'en est fini
des grands royaumes africains.