Les Italiens
sont défaits à Adoua
Le 1er mars 1896, 100.000 Éthiopiens répondent à
l'appel de leur empereur, le négus Ménélik II. Ils écrasent une armée
italienne de 18.000 hommes près de la localité d'Adoua. 6.000 Européens périssent dans
le désastre.
A Rome, le Premier ministre Francesco Crispi est renversé suite à l'échec de sa
tentative de conquérir l'un des derniers États indépendants d'Afrique.
Le royaume d'Italie se détourne dès lors de toute nouvelle conquête coloniale. C'est
seulement quarante ans plus tard que le Duce Benito Mussolini se relancera à la conquête de l'Éthiopie avec l'objectif d'effacer
l'humiliation d'Adoua.
Fort de sa victoire, l'empereur Ménélik II obtient la reconnaissance de son
indépendance par l'Italie et les autres États occidentaux tandis que le reste du
continent passe sous domination européenne.
Il modernise son empire avec l'aide intéressée de la France, qui construit une ligne de
chemin de fer entre le port français de Djibouti et sa capitale Addis-Abeba ("Nouvelle
Fleur").
Il repousse avec succès les attaques des musulmans du Soudan et soutient l'Église
d'Éthiopie. Cette Église autocéphale (ou autonome), de rite monophysite, est née au
IVe siècle. C'est l'une des plus anciennes de la chrétienté.
Le peuple éthiopien lui-même résiste toujours, dans ses montagnes et ses vallées, aux
attaques des guerriers et des marchands d'esclaves musulmans. Il tire fierté d'une
histoire prestigieuse et plus que millénaire.
Jusqu'à Haïlé-Sélassié 1er, mort en 1974 dans les geôles du dictateur Mengistu, les négus
n'ont jamais manqué de se référer à leur filiation légendaire avec l'enfant qui
serait né des amours du roi Salomon et de la reine de Saba.