Première séance de cinéma

Le 22 mars 1895, à Paris, Louis et Auguste Lumière donnent une première séance de cinéma devant la Société d'encouragement à l'industrie nationale.

Ils présentent aux éminents scientifiques un petit film de quelques minutes: La sortie des ouvrières de l'usine Lumière.

Les deux frères sont les fils d'un fabricant franc-comtois de matériel photographique.

Faisant la synthèse de plusieurs décennies de recherches, ils ont déposé le 13 février le brevet du cinématographe.

Leur invention restitue l'impression de mouvement à partir d'un film perforé que fait défiler un opérateur à la vitesse d'environ vingt images par seconde.

Les frères Lumière ne voient dans le cinéma qu'une curiosité scientifique. Pourtant,«un art est né sous nos yeux», pourra écrire le critique Georges Sadoul.

La dimension artistique du cinéma apparaîtra après la première séance publique, le 28 décembre 1895, dans le sous-sol du Grand Café du boulevard des Capucines, à Paris.

Ce jour-là, 35 badauds se laissent attirer par l'affiche du «Cinématographe Lumière». Pour un franc, ils assistent à la représentation de plusieurs sketches, à commencer par La sortie des ouvrières de l'usine Lumière et L'arrivée d'un train en gare de La Ciotat.

L'effet est saisissant. Tandis que la presse dédaigne l'invention, le bouche à oreille amène des centaines de personnes à faire la queue devant le Grand Café, où s'enchaînent les représentations...

A noter que deux ans plus tard, c'est dans une salle de cinématographe que prendra naissance le mémorable et dramatique incendie du Bazar de la Charité.

Méliès et la naissance du 7e Art

Parmi les premiers spectateurs figure un prestidigitateur, Georges Méliès, directeur du théâtre Robert Houdin.

Le premier, il entrevoit la dimension artistique du cinéma. Il se porte acquéreur de l'appareil des frères Lumière. Auguste refuse de le vendre, lui disant: «Remerciez-moi, je vous évite la ruine, car cet appareil, simple curiosité scientifique, n'a aucun avenir commercial»!

Ne pouvant racheter l'appareil des frères Lumière, il fabrique son propre appareil, le «kinétograph».

Dès 1896, il a l'idée de monter des fictions et invente les premiers effets spéciaux du cinéma. L'histoire est curieuse: Georges Méliès était en train de tourner une scène de rue quand son appareil se bloqua pendant une minute. Au développement, il découvrit sur la pellicule un omnibus Madeleine-Bastille soudainement mué en... corbillard (Stanley Kubrick perce déjà sous Méliès).

A Montreuil-sous-Bois, près de Paris, Georges Méliès ouvre en 1897 le premier studio cinématographique du monde. Il crée sa propre compagnie, la Star-Film, et va réaliser un millier de films comme Le voyage dans la Lune.

Mais il est vite dépassé par le succès mondial du cinéma et la Grande Guerre de 1914-1918 va favoriser l'avènement des studios d'Hollywood.

Georges Méliès devra jeter l'éponge en 1923 faute d'avoir donné à sa compagnie une dimension industrielle. Le génial innovateur finira sa vie dans la pauvreté, vendant des fleurs à la gare Montparnasse.

 

Mise à jour le 23 février 2003