La Chine
s'incline devant le Japon
Le 17 avril 1895, après une guerre rapide, les Chinois s'inclinent
devant le Japon par le traité de Shimonoseki.
Ce traité sème la consternation parmi les élites chinoises. Il révèle le profond
retard du «pays du Milieu» (en mandarin, Tchoung Kouo, nom que
donnent les Chinois à leur pays).
Un an plus tôt, l'empereur japonais Mutsuhito avait
envoyé ses troupes sur le continent sous le prétexte d'aider le roi de Corée.
Celui-ci avait été victime d'une émeute populaire encouragée en sous-main par les
Japonais et dirigée contre les Chinois, protecteurs officiels du «pays du Matin
calme» (Chôsen en coréen, nom officiel du pays).
Les Japonais avaient déposé le souverain coréen et convaincu son successeur d'attaquer
avec lui la Chine.
Les troupes chinoises se défendent avec ardeur. Mais les Japonais n'en font qu'une
bouchée grâce à leur artillerie moderne.
Les provinces de Mandchourie, du Chan-tong et de Taiwan sont rapidement occupées. La
route de Pékin est ouverte aux envahisseurs.
La Chine se résigne à la paix. A Shimonoseki, au Japon, elle renonce à l'île de
Taiwan et au petit archipel des Pescadores, ainsi qu'à Port-Arthur, une puissante
forteresse à l'extrémité de la presqu'île du Leao-tong, au sud de la
Mandchourie.
Elle reconnaît aussi le protectorat de fait du Japon sur la Corée (le «pays du
Matin Calme»!).
L'affaire ne laisse pas les Européens indifférents. Le tsar, soutenu par les Français
et les Allemands, impose au Japon de renoncer à Port-Arthur.
Les Russes pensent seulement à leurs intérêts. Quatre ans plus tard, le 27 mars 1898,
contraint et forcé, l'empereur chinois leur cède à bail Port-Arthur. Les Anglais et les
Français se joignent à la curée
Dans un ultime sursaut, le jeune empereur Kuang-hsu (24 ans) signe en cent jours, du 11
juin au 21 septembre 1898, une quarantaine de décrets destinés à moderniser son pays.
Mais il est bientôt séquestré par sa tante, Tz'u-hsi. Celle-ci rend le pouvoir aux
conservateurs. Faute d'avoir pu se réformer à temps, la Chine sombre dans la tragédie.
Dans le même temps, le Japon se prépare à attaquer la
Russie, qui contrarie ses projets coloniaux. Tout est en place en Asie pour les grandes
guerres du XXe siècle.