17 avril 1895

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Les deux soeurs à la terrasse (détail), par Pierre-Auguste Renoir (France 1841-1919)
Ce jour-là...

La Chine s'incline devant le Japon

Le 17 avril 1895, après une guerre rapide, les Chinois s'inclinent devant le Japon par le traité de Shimonoseki.

Ce traité sème la consternation parmi les élites chinoises. Il révèle le profond retard du «pays du Milieu» (en mandarin, Tchoung Kouo, nom que donnent les Chinois à leur pays).

Un an plus tôt, l'empereur japonais Mutsuhito avait envoyé ses troupes sur le continent sous le prétexte d'aider le roi de Corée.

Celui-ci avait été victime d'une émeute populaire encouragée en sous-main par les Japonais et dirigée contre les Chinois, protecteurs officiels du «pays du Matin calme» (Chôsen en coréen, nom officiel du pays).

Les Japonais avaient déposé le souverain coréen et convaincu son successeur d'attaquer avec lui la Chine.  

Les troupes chinoises se défendent avec ardeur. Mais les Japonais n'en font qu'une bouchée grâce à leur artillerie moderne.

Les provinces de Mandchourie, du Chan-tong et de Taiwan sont rapidement occupées. La route de Pékin est ouverte aux envahisseurs.

La Chine se résigne à la paix. A Shimonoseki, au Japon, elle renonce à l'île de Taiwan et au petit archipel des Pescadores, ainsi qu'à Port-Arthur, une puissante forteresse à l'extrémité de la presqu'île du Leao-tong, au sud de la Mandchourie.

Elle reconnaît aussi le protectorat de fait du Japon sur la Corée (le «pays du Matin Calme»!).

L'affaire ne laisse pas les Européens indifférents. Le tsar, soutenu par les Français et les Allemands, impose au Japon de renoncer à Port-Arthur.

Les Russes pensent seulement à leurs intérêts. Quatre ans plus tard, le 27 mars 1898, contraint et forcé, l'empereur chinois leur cède à bail Port-Arthur. Les Anglais et les Français se joignent à la curée

Dans un ultime sursaut, le jeune empereur Kuang-hsu (24 ans) signe en cent jours, du 11 juin au 21 septembre 1898, une quarantaine de décrets destinés à moderniser son pays.

Mais il est bientôt séquestré par sa tante, Tz'u-hsi. Celle-ci rend le pouvoir aux conservateurs. Faute d'avoir pu se réformer à temps, la Chine sombre dans la tragédie.

Dans le même temps, le Japon se prépare à attaquer la Russie, qui contrarie ses projets coloniaux. Tout est en place en Asie pour les grandes guerres du XXe siècle.

 

Mise à jour le 23 février 2003