30 et 31 mars 1282

Voir le jour précédentavant aprèsVoir le jour suivant
Le Christ bénissant, par Duccio di Buoninsegna (Italie 1255-1318), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Les Vêpres siciliennes

Le lundi de Pâques 1282, une émeute éclate à Palerme, capitale de la Sicile. La population s'en prend aux Français installés dans la ville par le roi Charles 1er d’Anjou.

Le massacre de la garnison française débute au moment des Vêpres et les émeutes s'étirent sur deux jours, les 30 et 31 mars. L'événement restera dans l'Histoire sous le nom de "Vêpres siciliennes".

Charles d'Anjou, qui n'est autre que le jeune frère de Saint Louis, est chassé de l’île. Celle-ci passe sous la domination du roi Pierre III d'Aragon.

Les Angevins en Sicile


Charles 1er, comte d'Anjou et de Provence, s'était implanté en Italie du sud à la faveur des guerres intestines entre guelfes (partisans du pape) et gibelins (partisans de l'empereur d'Allemagne).

Le pape Clément IV était en guerre contre Manfred, bâtard de l'empereur Frédéric II Hohenstaufen et lointain descendant des rois normands de Sicile.

De son vrai nom Gui Foulques, le pape était originaire de Provence. Pour combattre les gibelins, il s'était tourné vers le frère du puissant roi de France et lui avait proposé les domaines des Hohenstaufen au sud de l'Italie en échange de son soutien.

Charles 1er accepte son offre et vainc Manfred. Celui-ci est tué à Bénévent le 26 février 1266.

Ambitieux et hardi, Charles veut administrer son nouveau royaume sur le modèle de la France capétienne.

Pénétré de l'idée de reprendre le combat contre les musulmans, il entraîne le roi de France, son frère, dans une huitième et dernière croisade. Elle se termine sous les murs de Tunis par la mort de Louis IX, le futur Saint Louis.

Charles 1er poursuit ses chimères et se fait octroyer les couronnes d'Albanie et de Jérusalem. Il accable ses sujets italiens d'impôts en vue de financer ses projets méditerranéens. 

L'émeute de Palerme consacre son échec. Le royaume de Charles 1er se réduit désormais à la Sicile péninsulaire (le Sud de la botte). Naples est sa capitale. 

Les héritiers du roi capétien se maintiendront jusqu'en 1442. Le roi aragonais qui règne en Sicile chassera de Naples le dernier roi angevin, René 1er. Il réunira les deux parties de l'Italie méridionale, constituant ainsi le "royaume des Deux-Siciles".

René 1er, exilé à Saumur puis à Aix-en-Provence, finira sa vie au milieu d'une cour raffinée, pleine d'artistes et de poètes. Pour ses sujets provençaux, il restera à jamais le "bon roi René". De célèbres calissons en cultivent encore le souvenir.

Le roi Louis XI héritera habilement des possessions du duc d'Anjou à sa mort en 1480. En 1494, son fils Charles VIII tentera de faire valoir ses droits sur le royaume de Naples. Il s'ensuivra des guerres épiques qui saigneront la noblesse française pendant trois décennies.

 

Mise à jour le 23 février 2003