15 avril 1798

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Le temps des Révolutions (1688-1848)
Ce jour-là...

Genève perd sa liberté

par Gabriel Vital-Durand

 
Les troupes françaises occupent Genève le 15 avril 1798 avant de l’ériger en chef-lieu du département du Léman. 

Comme pour l'occupation de la Suisse, elles agissent sur ordre du gouvernement du Directoire, poussé par la logique stratégique, les suppliques de certains agitateurs et l’attrait des richesses disponibles.

L'annexion de Genève est l'aboutissement d'un long processus de rapprochement et de séduction.

Genève séduite et perdue

La République de Genève s’était constituée au XVIe siècle en marge de la Confédération helvétique mais en s’appuyant à l'occasion sur elle pour résister aux velléités annexionnistes de la Savoie et de la France.

Au cours du XVIIIe siècle, la ville s’était considérablement enrichie tout en écartant le peuple de la direction des affaires. Dans le même temps, de nombreuses insurrections étaient survenues, imposant l’intervention conjointe des royaumes de France et de Sardaigne en 1782 pour rétablir l’ordre menacé.

Quelques grandes familles aristocratiques - les négatifs - tenaient le haut du pavé sur le modèle de Versailles, alors que les bourgeois - qualifiés de représentants - prétendaient à une influence en rapport avec leur contribution économique.

Au fil du temps, le Conseil Général, assemblée populaire souveraine en principe, s’était vu dessaisir de la plupart de ses prérogatives. Le peuple ordinaire - on parle de natifs ou d’habitants - restait privé de toute influence réelle.

Les classes inférieures avaient des sentiments réservés vis-à-vis de la Couronne de France, alors que l’aristocratie en était proche par les sentiments, le mode de vie, le service étranger et les liens bancaires fort étroits.

En janvier 1789, l’émeute gronda en ville, et le gouvernement fut amené à faire quelques concessions politiques aux représentants bourgeois.

On conçoit que les événements survenus à Paris la même année aient trouvé un écho considérable dans la république dont beaucoup d’habitants étaient les descendants de huguenots français.

En septembre 1792, après avoir annexé la Savoie pour en faire le département du Mont-Blanc, l'assemblée de la Convention confia au général de Montesquiou la mission de s’assurer de la place de Genève, qui contrôlait l’accès du plateau suisse.

Montesquiou se contenta d'abord de garanties de neutralité dans le souci de ménager les susceptibilités confédérées.

Puis, en décembre 1792, Genève adopta les formes d’une république-sœur. Elle s'assura ainsi la sympathie du gouvernement parisien tout en préservant son indépendance pour quelques années.

Comme Genève, les villes libres de Montbéliard et de Mulhouse furent absorbées par la République française. Certains esprits échevelés, à Paris, prévoyaient l’établissement de républiques dite Rauracienne à Montbéliard, et Rhodanienne autour du Léman.

Mais ces cités furent finalement annexées en toute simplicité à la France.

En 1814, à la chute de Napoléon 1er, seule Genève recouvrera sa liberté. Elle s'intégrera à la Confédération helvétique.

Bibliographie

Les principales sources des articles relatifs à Genève et à la République helvétique proviennent de:

Casanova G. Histoire de ma vie (Paris) 1962
Chevallaz A. Histoire de la Suisse Payot (Lausanne)
Duffy Ch. Suvarov - Campaigns in Italy and Switzerland 1799 Combined Publishing (Conshohocken, USA)
Gibbon E. Memoirs of his life and writings (London)
Goethe J. W. von. Die Belagerung von Mainz
Goethe J. W. von. Schweizer Reisen
Grèce M. de. La nuit du sérail (Paris) 1983
Karamzine N. M. Lettres d’un voyageur russe
Las Cases M. de. Mémoires (Paris)
Maurois A. Histoire d’Angleterre Gallimard (Paris)
Peyrefitte A. Mission en Chine Julliard (Paris)
Roulin N. La République Helvétique
Staël G. de. Voyage en Russie (Paris)
Stendhal. Vie de Napoléon (Paris)
Thiers A. Histoire de la Révolution et de l’Empire (Paris)
Zweig St. Episode am Genfer See»(Vienne).

Mise à jour le 23 février 2003