Journée des Barricades

Le 12 mai 1588, au petit matin, le Quartier latin se couvre de barricades. Le peuple catholique de Paris se soulève contre son souverain légitime et le chasse de la capitale.

Cette révolte d'un caractère inédit est la conséquence deses haines religieuses entre catholiques et protestants, avivées par les interventions des souverains étrangers et par la crainte de voir un protestant succéder au roi Henri III de Valois.

Saint-Barthélémy à l'envers?

En 1584, après la mort du jeune frère du roi, le protestant Henri de Navarre était devenu l'héritier légitime de la couronne.

Rejetant la perspective d'un roi huguenot, le parti catholique, regroupé dans la Sainte Ligue, avait alors pris la résolution d'interdire au roi Henri III de se compromettre avec les protestants. Il était prêt, s'il le fallait, à renverser la dynastie des Valois.

La Sainte Ligue catholique était soutenue par le roi Philippe II d'Espagne, qui se disposait par ailleurs à envahir l'Angleterre avec son Armada.

Pour faire pression sur le roi de France, les ligueurs demandent à leur chef, le prince Henri de Guise, de les rejoindre à Paris.

Le roi Henri III, méfiant, fait venir de son côté 4.000 gardes suisses et 2.000 gardes françaises. Il les met en position autour du Louvre et de l'île de la Cité.

Le bruit court dans la ville d'une Saint-Barthélémy à l'envers, organisée par le roi et dirigée cette fois contre la majorité catholique.

Dans cette atmosphère surchauffée, le peuple prend parti pour la Ligue catholique et acclame le prince Henri de Guise, dit le Balafré.

La révolte gronde et c'est la journée des «barricades». Les étudiants et leurs professeurs, suivis par les parlementaires et les bourgeois, se regroupent autour de la place Maubert.

Ils barrent les rues en tendant des chaînes et en entassant des objets divers. C'est une première dans l'Histoire de Paris et de la France. Le mot est forgé à partir de barriques, l'un des objets les plus utilisés pour barrer les rues.

Près du pont Saint-Michel, un coup de feu éclate et une soixantaine de gardes sont aussitôt massacrés par la foule en représailles. Ici et là, beaucoup de soldats se rendent aux émeutiers.

Sans se faire prier, le roi Henri III choisit de se retirer à Chartres avec ses troupes. Le 21 juillet, il se soumet à toutes les conditions de la Ligue...

Mais la défaite complète de l'Armada espagnole, quelques semaines plus tard, affaiblit considérablement le parti catholique.

Avant d'être assassiné par un moine fanatique, Henri III a le temps d'introniser son cousin, le futur Henri IV. C'est à lui que reviendra l'honneur de mettre fin aux guerres de religion.

 

Mise à jour le 24 février 2003

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