Savonarole
est brûlé vif à Florence
Le 23 mai 1498, Jérôme Savonarole est pendu et brûlé à
Florence, sur la place de la Seigneurie.

Sans attendre la fin du règne flamboyant de Laurent de Médicis, le prieur dominicain du couvent de
Saint-Marc avait entrepris d'assainir les mœurs florentines.
Dans ses prêches enflammés, Savonarole dénonce les moeurs délétères de la
Renaissance italienne et la dépravation du clergé.
Il s'en prend à la Florence des Médicis, amoureuse de la richesse et des arts, et plus
encore à la Rome du pape Alexandre VI Borgia.
Savonarole exerce
une très grande attirance sur le peuple de Florence et même sur la bourgeoisie,
convaincant les uns et les autres de revenir à plus d'austérité avec ses prophéties
lugubres.
En 1494, le roi de France Charles VIII passe à Florence en vue de récupérer à Naples
la couronne des ducs d'Anjou. Chacun tente de s'attirer les faveurs du puissant monarque.
Savonarole, non sans une certaine prescience, le supplie d'organiser un concile qui
remettrait de l'ordre dans l'Eglise. Le roi s'en garde bien.
De son côté, Pierre II de Médicis, fils et successeur de Laurent le Magnifique, cherche
l'alliance française pour reconquérir son autorité sur la ville. Mais il est chassé
par le peuple et c'est seulement en 1512 que le pape Jules II réinstallera les Médicis
aux commandes de la ville.
Les affaires de la riche cité sont confiées à un Grand Conseil grâce auquel Savonarole
va exercer une sévère dictature morale. Il n'hésite pas pour cela à s'appuyer sur un
réseau d'espions et de policiers.
Il triomphe le 7 février 1497 avec un grand «bûcher de vanité», place de la
Seigneurie, où sont jetés tous les attributs du luxe: jeux, instruments de musique,
oeuvres d'art et jusqu'aux ouvrages de Boccace et Pétrarque...
C'en est trop pour le pape Alexandre VI Borgia qui excommunie l'intolérant prieur le 12
mai. Menacée d'interdit, c'est-à-dire de toute possibilité de pratiquer le culte,
Florence se détache de son guide.
Invité par ses concitoyens à se soumetttre au «jugement de Dieu»,
c'est-à-dire au supplice du feu, Savonarole se défausse. Il est jeté en prison,
torturé, condamné et exécuté avec deux autres moines. Il a 46 ans....
Vingt ans plus tard, de l'autre côté des Alpes, à l'abri de la vindicte papale, un
autre réformateur lancera avec plus de succès ses anathèmes contre Rome. Il a nom Martin Luther.