|
Les
Portugais s'installent au Brésil
Le 22 avril 1500, douze caravelles portugaises arrivent en vue de
côtes inconnues au sud-ouest de l'océan Atlantique.
En tentant de contourner l'Afrique, le navigateur Pedro Alvares Cabral et ses 1200
hommes viennent de découvrir par mégarde ce qui deviendra le Brésil.
Avec cette conquête impromptue, une nouvelle ère commence pour le petit et audacieux
Portugal.
La nouvelle terre, baptisée Santa Cruz par son découvreur, est ultérieurement
dénommée Brésil d'après un bois local couleur de braise, le pao brasil,
dont les Portugais feront le commerce.
Les Portugais commencent à s'installer au Brésil quelques années après le voyage de
Cabral. Seuls les Hollandais et les huguenots français
contestent, mais en vain, leurs droits sur le pays.
Course aux épices
Après le contournement de l'Afrique par Vasco de Gama, son arrivée aux Indes et son
retour triomphal à Lisbonne en 1497-1499, le roi du Portugal Manuel 1er, dit le
Fortuné, avait décidé de lancer une nouvelle expédition afin d'identifier le
meilleur chemin pour contourner l'Afrique et regagner les Indes.
L'objectif était purement commercial. Il s'agissait de concurrencer les Vénitiens et les
Gênois qui pratiquaient par la voie terrestre un fructueux commerce des épices avec les
Indes.
La nouvelle expédition est confiée à un jeune noble Pedro Alvares
Cabral. Celui-ci se fait assister par des marins émérites, comme
Bartolomeu Dias, qui a franchi avec Vasco de Gama le cap de
Bonne-Espérance et mourra au cours de ce voyage.
Pedro Alvares Cabral réfléchit au premier voyage de Christophe
Colomb et pense qu'il est de son intérêt de s'éloigner des rives africaines afin de
profiter des alizés de l'Atlantique sud et d'échapper aux grands calmes du golfe de
Guinée, où s'immobilisent les voiliers.
Comme les autres Européens de son temps, Cabral ignore encore que les terres découvertes
par le Gênois correspondent à un nouveau continent.
C'est donc avec surprise qu'il découvre une vaste et belle terra incognita au
niveau de la future ville brésilienne de Salvador.
Il ne manque pas de renvoyer l'une de ses caravelles à Lisbonne, en y joignant quelques
beaux perroquets, pour faire part de sa découverte.
Et le Portugal inventa le Brésil...
Pedro Alvares Cabral séjourne une dizaine de jours sur ce qu'il croit être une île et
en prend possession au nom de son roi sans en soupçonner l'importance.
La prise de possession est validée par le traité de Tordesillas entre l'Espagne et le
Portugal.
Le traité de Tordesillas
En 1481, une
bulle pontificale dite «Aeterna regis» réservait
aux Portugais le droit de s'approprier les terres à découvrir.
Mais le Portugal, bien qu'engagé très tôt dans l'exploration
des mers lointaines, est bientôt obligé d'accorder à l'Espagne
un droit de regard sur les futures découvertes en raison
de l'exploit de Christophe Colomb.
Le 4 mai 1493, deux semaines après le retour triomphal
de Christophe Colomb de son premier voyage transatlantique,
le pape Alexandre VI Borgia en personne annule la bulle
et la remplace par la bulle «Inter Caetera».
Selon celle-ci, les terres nouvelles situées à l'ouest
de l'archipel des Açores doivent être évangélisées et
donc conquises par les Espagnols, les autres par les Portugais!
Ces derniers protestent contre une décision qui
ne leur laisse qu'une étroite frange maritime le
long de la côte africaine.
Des négociations aboutissent l'année suivante,
le 7 juin 1494, à la signature d'un traité
lusitano-espagnol à Tordesillas, dans la province
espagnole de Valladolid. Ce traité est aussitôt
approuvé par le pape Jules II.
Les Portugais obtiennent de la sorte que la «ligne
de marcation» soit déplacée plus à l'Ouest, à 370
lieues des îles du Cap vert.
Malgré plusieurs contestations ultérieures
liées à l'imprécision des mesures,
le traité va donner à Lisbonne des droits
sur la pointe orientale du continent latino-américain.
C'est ainsi que les terres découvertes par Cabral le 22
avril 1500 vont devenir portugaises selon le droit international
des Européens (sans que l'on demande leur avis aux indigènes
du cru!). Elle formeront le Brésil.
Après la prise de
possession du Brésil, Pedro Alvares Cabral reprend son voyage vers le cap de Bonne
Espérance, au sud de l'Afrique. Il arrive comme prévu aux Indes.
A Calicut, le samorim, ou seigneur de la mer, lui fait mauvais accueil et c'est
un peu plus loin, à Cochin, que Cabral se pourvoiera en épices pour le retour.
Il revient à Lisbonne deux ans plus tard avec quatre navires et le tiers de ses hommes
seulement mais avec de pleines cargaisons d'épices... et le souvenir d'une certaine
découverte à l'ouest de l'Atlantique sud.
|